LE CULTE EXTÉRIEUR QUE L’ON REND AUX STATUES DE LA SAINTE VIERGE DÉPASSE DE BEAUCOUP EN POMPE ET EN HOMMAGES SENSIBLES CELUI QUE L’ON ACCORDE À NOTRE SEIGNEUR DANS LA DIVINE EUCHARISTIE

Je suis allé visiter l’église des Aygalades. Proal [éd. Le prêtre] était ravi de pouvoir me montrer la magnificence de son trône de la sainte Vierge pour le mois de mai. C’est encore la statue de la sainte Vierge, placée sur l’autel où repose la divine eucharistie; jamais autel n’a été paré de la sorte pour l’exposition solennelle du très saint sacrement. Les chandeliers et les fleurs partent du bas du sanctuaire et s’élèvent jusqu’à la hauteur démesurée où est placée la statue.
Ce genre de décoration prend dans tout le diocèse. Je ne crois pas qu’on puisse le tolérer. Ce sera une des premières choses que je réformerai. Je m’aperçois qu’insensiblement le culte extérieur que l’on rend aux statues de la sainte Vierge dépasse de beaucoup en pompe et en hommages sensibles celui que l’on accorde à notre Seigneur dans la divine eucharistie. Cela s’applique aux processions comme aux fêtes.
Il y a longtemps que je suis choqué de cette inconvenance qui est poussée à l’excès par la manie que l’on a dans ce pays-ci de vouloir toujours faire quelque chose de plus que son voisin. Ils aiment essentiellement à faire la chapelle. Passe pour cela, mais que l’on ne s’écarte pas de l’esprit fondamental de notre sainte religion…

Journal d’Eugène de Mazenod, le 18 mai 1837, EO XVIII

La dévotion d’Eugène ne s’est jamais arrêtée à Marie – Elle était celle qui l’accompagnait comme disciple de Jésus-Christ. Mais c’était toujours Dieu qui venait en premier.

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  1. Denyse Mostert dit :

    CULTE EXTÉRIEUR DE LA VIERGE ET HOMMAGES SENSIBLES…
    Journal d’Eugène de Mazenod, le 18 mai 1837

    Il va de soi qu’Eugène a toujours aimé et prié Marie à qui d’ailleurs la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée est consacrée. Cela ne veut pas dire qu’il apprécie n’importe quel culte. À son Journal du 18 mai 1837, il confie une visite à l’église des Aygalades où le curé lui montre «la magnificence de son trône de la sainte Vierge pour le mois de mai ». Il s’en faut de peu pour que les décorations n’atteignent la hauteur où la statue a été placée, ajoute-t-il avec peut-être un léger sourire…

    Devant un tel déploiement, le futur évêque de Marseille regimbe et se propose de réformer cette forme de piété qui s’applique aussi aux processions comme aux fêtes de tout le diocèse. Voici quelques aspects de réprobation qu’Eugène confie à son Journal. « Insensiblement… la magnificence de SON trône de la sainte Vierge pour le mois de mai. » Ainsi, il emploie le « NOUS » possessif du curé semblant sous-entendre qu’il en revendiquait pour lui-même le résultat. Il déplore aussi cette inconvenance « poussée à l’excès… de vouloir toujours faire quelque chose de plus que son voisin. »

    Les bons paroissiens ne pensent certainement pas avoir manqué à l’hommage premier qu’ils doivent à Jésus. Eugène peut continuer l’enseignement de toute sa vie : « À Jésus par Marie », sûr de demeurer, continue-il, dans « l’esprit fondamental de notre sainte religion ».

    Bien des enseignements pourraient provenir de ces quelques mots au Journal, comme lorsqu’il complète sa pensée au sujet du travail des paroissiens. « Ils aiment essentiellement à faire la chapelle. Passe pour cela, mais que l’on ne s’écarte pas de l’esprit fondamental de notre sainte religion… » Une manière bien personnelle à Eugène d’exprimer sa compréhension de l’effort fourni.
    Se rappelant ses paroles, les fidèles continueront donc à honorer Marie à qui ils rendront d’abord son titre de Mère du Sauveur.

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