AVEC MARIE IMMACULEE PENDANT LA PAUSE

Ce service sera suspendu jusqu’à 31 janvier.

Je vous souhaite un fructueux Avent et toutes les bénédictions de Noël.

Nous demandons à Marie Immaculée de nous accompagner durant cette période :

Marie Immaculée est la patronne de la Congrégation. Docile à l’Esprit, elle s’est entièrement consacrée, comme humble servante, à la personne et à l’oeuvre du Sauveur.
Dans la Vierge attentive à recevoir le Christ pour le donner au monde dont il est l’espérance, les Oblats reconnaissent le modèle de la foi de l’Église et de leur propre foi.
Ils la regarderont toujours comme leur Mère. C’est dans une grande intimité avec elle, Mère de miséricorde, qu’ils vivront leurs souffrances et leurs joies de missionnaires. Partout où les conduira leur ministère, ils chercheront à promouvoir une dévotion authentique envers la Vierge Immaculée, préfiguration de la victoire finale de Dieu sur tout mal.

Règle de Vie,  CC&RR Constitution 10

Rappelons que toutes les 2497 entrées précédentes peuvent être consultées sur ce site: http://www.eugenedemazenod.net/fra/ En utilisant le moteur de recherche sur la page d’accueil, vous pouvez trouver des entrées portant sur des thèmes spécifiques.

Chaque jour aussi, je vous invite  a lire « Inspirations Quotidiennes »: https://www.omiworld.org/fr/inspirations-quotidiennes/

Merci de votre soutien quotidien – et Joyeaux Noël.

Frank Santucci OMI

Chaire Kusenberger d’études oblates
Oblate School of Theology, San Antonio, Texas

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

L’IMMACULÉE CONCEPTION : LA MADONE OBLATE

Au milieu de tous ses soucis, Eugène a célébré la fête de l’Assomption. Ce jour a laissé une impression durable dans l’histoire de notre famille Mazenodienne – et c’est pourquoi il est important d’examiner ce qui s’est passé. Achille Rey, qui connaissait très bien Eugène, écrit dans sa biographie :

Le 15 août 1822 fut témoin d’une fête solennelle dans l’église de la mission d’Aix. Le P. de Mazenod bénit en présence d’une nombreuse assistance composée de ses congréganistes et de pieux fidèles une statue de la Très Ste-Vierge, sous le vocable de l’Immaculée Conception. C’est devant cette même statue qu’il s’est livré à de si longues et si fréquentes oraisons: elle est devenue un des plus précieux souvenirs des origines de la famille. (Rey I, p. 280)

Les lettres d’Eugène datées de 1822 montrent les nombreux soucis et difficultés dont il a fait l’expérience. Parmi ceux-ci, son inquiétude au sujet de la survie de son petit groupe de Missionnaire n’était pas la moindre. C’est dans cet esprit qu’il a béni la nouvelle statue dans la chapelle et la perception qu’il a eue de ce moment-là est devenue comme une fructueuse source de vie. Il écrit immédiatement à Henri Tempier, qui était à Laus.

Je crois lui devoir aussi un sentiment particulier que j’ai éprouvé aujourd’hui, je ne dis pas précisément plus que jamais, mais certainement plus qu’à l’ordinaire.

Eugène était habituellement très réticent à décrire ses expériences spirituelles profondes. Son sentiment particulier, éprouvé « plus qu’à l’ordinaire », était en rapport avec la vie des Missionnaires de Provence, qui vivaient des difficultés extérieures et dont l’existence future était incertaine.

Je ne le définirai pas bien parce qu’il renferme plusieurs choses qui se rapportent pourtant toutes à un seul objet, notre chère Société.

Il décrit alors la confirmation qu’il a reçu que la fondation des Missionnaires venait de Dieu et que Dieu l’assurait d’un avenir solide pour ce groupe.

Il me semblait voir, toucher du doigt,
qu’elle renfermait le germe de très grandes vertus,
qu’elle pourrait opérer un bien infini;
je la trouvais bonne,
tout me plaisait en elle,
je chérissais ses règles, ses statuts;
son ministère me semblait sublime, comme il l’est en effet.
Je trouvais dans son sein des moyens de salut assurés, infaillibles même.

Lettre à Henri Tempier, 15 août 1822, EO VI n 86

C’était la grâce que la Madone Oblate avait obtenue pour Eugène : une assurance donnée par Dieu qu’il était sur le bon chemin et qu’il devait persévérer malgré tous les vents contraires qui soufflaient autour de lui, et qui semblaient menacer l’existence des Missionnaires.

Deux cents ans plus tard, nous continuons à récolter les fruits de cet élan de confiance qui nous a été donné lorsque notre Madone oblate nous a « souri »

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

JE VOIS S’OUVRIR UNE ÈRE NOUVELLE POUR NOTRE CONGRÉGATION DANS LE NOUVEAU MONDE SI, COMME JE L’ESPÈRE, VOTRE EXEMPLE EST IMITÉ

Le Père Pierre Aubert a immédiatement répondu à sa nouvelle mission par une lettre d’acceptation qui a profondément touché Eugène.

Je viens, mon cher fils, de recevoir votre lettre du 7. Elle m’a fait éprouver une si grande joie que je ne puis résister au besoin de vous en témoigner toute ma satisfaction. Je ne vous écrirai pas longuement parce que le p. Guigues partant dans quelques heures, j’ai à peine le temps de terminer les lettres dont il doit être le porteur. Mon cher fils, je placerai votre précieuse lettre bien près de mon cœur. Je vois s’ouvrir une ère nouvelle pour notre Congrégation dans le nouveau monde si, comme je l’espère, votre exemple est imité, si vos bons sentiments se communiquent à tous ceux qui ont reçu la même mission que vous.

Lettre au Père Pierre Aubert, 10 juin 1844, EO I n 40

Pour plus de détails sur les achèvements du Père Pierre Aubert, voir: https://www.omiworld.org/fr/lemma/aubert-joseph-pierre-blaise-fr/

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

JE VOUS ASSIGNE À CETTE BELLE MISSION

Le p. Guigues sera accompagné d’un prêtre et d’un diacre de la Société. Dieu aidant on vous en enverra encore, s’il en est besoin, mais je voudrais me donner le temps de respirer.

Lettre à l’évêque Bourget de Montréal, 7 juin 1844, EO I n 37

Comme les temps ont changé ! L’abbé Pierre Aubert est informé de sa nomination au Canada le 4 juin et dispose de six jours pour se préparer et rejoindre l’abbé Guigues afin de s’embarquer pour le Canada.

Mon cher père Aubert, j’étais loin de penser, lorsque je vous écrivis l’autre jour, que je serais sitôt dans le cas de vous écrire de nouveau pour vous confier une mission très importante. Je viens de recevoir plusieurs lettres du Canada. L’horizon s’étend pour nous toujours davantage. Aux établissements déjà formés dans le diocèse de Montréal il faut ajouter ceux que l’on offre dans celui de Kingston, soit pour le service des Sauvages, soit pour celui des grands chantiers. Il n’est pas possible d’abandonner les Townships où nos Pères font déjà tant de bien. Et voilà qu’inopinément M. L’Évêque de Québec demande à grands cris nos missionnaires pour son immense diocèse. Il importe d’autant plus de répondre à son invitation que nous sommes les premiers qu’il appelle. D’après ce nouvel état de choses, je ne puis plus me contenter d’envoyer le p. Guigue[s] tout seul, il faut que d’autres Pères arrivent en même temps que lui, en attendant que je puisse en acheminer d’autres encore vers ces régions de bénédiction qui soupirent après la Bonne Nouvelle.

Je vais ordonner le f. Garin diacre pour accompagner le p. Guigues et vous que je destine à cette belle mission. Mettez-vous en devoir de partir mercredi pour vous trouver à Lyon le Jeudi matin à l’adresse que vous a donnée le p. Guigues. Ce Père arrivera en même temps que vous avec son autre compagnon et vous continuerez votre route ensemble vers Paris et le Havre où vous vous embarquerez.

Je vous accompagne de mes vœux et de ma bénédiction paternelle en regrettant de ne pouvoir pas être de la partie. Adieu, mon cher fils, je vous embrasse de tout mon cœur.

Lettre à l’abbé Pierre Aubert, 4 juin 1844, EO I n 36

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

LE PÈRE BRUNO GUIGUES : « ALTER EGO » DU FONDATEUR

Écrivant à l’évêque de Montréal pour l’informer de la nomination du père Guigues, Eugène le désigne comme son « alter ego ».

Dans cet état des choses il ne suffit pas que j’envoie quelques sujets de plus pour former plus facilement les communautés que l’on demande; je regarde comme un devoir de faire les plus grands sacrifices pour organiser convenablement une sorte de province de notre Congrégation en Amérique. J’ai dû choisir pour cela un homme distingué et qui a fait ses preuves dans une administration difficile. Il jouit d’ailleurs d’une grande considération soit dans la Congrégation soit au dehors…

C’est le père Guigues que je charge de cette mission avec les facultés les plus étendues; ce sera en quelque sorte un alter ego qui aura juridiction sur tous les membres de notre Institut quels qu’ils soient, et sur toutes les communautés de la Congrégation en Amérique. C’est avec lui que NN. SS. les Évêques auront à traiter pour tout ce qui concerne les services qu’ils désirent de la Congrégation pour les établissements qu’ils voudraient former dans leurs diocèses, etc…

Lettre à Mgr Bourget, évêque de Montréal, le 7 juin 1844, EO I n 37.

Cet « alter ego » était le représentant du Supérieur général pour toutes les questions administratives, mais il était aussi un Oblat qui s’était imprégné de l’esprit du charisme donné à Eugène et qui en assurerait la continuation.

En un mot, notre Visiteur Extraordinaire pourra effectuer, ‘selon l’étendue de sa juridiction dans sa province, tout ce que le Supérieur Général peut effectuer dans toute la Congrégation.

Acte constituant le père Guigues comme visiteur extraordinaire des Oblats au Canada, 10 juin 1844, EO I n 41.

… Il aura pendant la durée de sa commission pour l’Amérique tous ceux que j’exerce dans la Congrégation à l’exception de l’admission des sujets à l’oblation, de leur expulsion de la Société et de la dispense des vœux de religion, de convoquer le Chapitre et autres facultés qui n’ont point trait au service spécial de la Congrégation en Amérique.

Lettre au Père Jean Baptiste Honorat, 8 juin 1844, EO I n 39

Pour plus de détails sur le Père Bruno Guigues, voir : https://www.omiworld.org/fr/lemma/guigues-mgr-joseph-bruno-eugene-fr/

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

L’ÉVÊQUE DE KINGSTON, AYANT ÉTÉ TÉMOIN DES MERVEILLES QUE DIEU A ACCOMPLIES À TRAVERS LE MINISTÈRE DE CES OUVRIERS APOSTOLIQUES, A SOUHAITÉ LES APPELER DANS SON DIOCÈSE

En trois ans, la mission canadienne s’est développée de façon étonnante, les évêques locaux ayant pris conscience du potentiel missionnaire des Oblats. Le temps était venu de nommer un Oblat compétent pour coordonner la situation. Le fondateur choisit le père Guigues, qui était très respecté par l’évêque de Grenoble, dans le diocèse où il travaillait. Eugène écrit à cet évêque pour lui annoncer la nouvelle de façon diplomatique. Ce faisant, il donne un bon aperçu du travail missionnaire des Oblats au Canada.

Vous savez tout le bien qu’ont opéré vos chers enfants les Oblats de Marie Immaculée dans le vaste diocèse de Montréal et vous en avez béni le Seigneur, vous n’en apprendrez donc pas sans une nouvelle consolation que d’autres contrées se sont ouvertes devant eux. Mgr l’Évêque de Kingston, témoin des merveilles que le bon Dieu opérait par le ministère de ces ouvriers apostoliques, a voulu les appeler à Bytown, ville de son diocèse à portée des sauvages dont il leur a confié la mission. Il les a chargés en même temps de pourvoir aux biens spirituels de ce qu’on appelle les chantiers dans ce pays-là. Ce sont des agglomérations multipliées de trois et quatre cents hommes disséminés dans les immenses forêts de cette partie du nouveau monde où ces pauvres chrétiens passent les 6 et 8 mois occupés à l’exploitation de ces bois sans aucun secours religieux qui les aide à se préserver des dangers inséparables de cette vie nomade et dissipée…
 
Dans cet état de choses je me vois contraint d’envoyer sur les lieux un sujet capable qui ait toute ma confiance pour qu’il puisse organiser le service régulier de la Congrégation dans les divers ministères qui lui sont confiés et dans les différents lieux où il jugera opportun de l’établir. Ce sujet ne peut être que le p. Guigues, Vous connaissez son habileté et son dévouement. Je pense que l’affection paternelle que vous avez pour la famille dont vous avez toujours épousé les intérêts vous portera à approuver ce choix, d’autant plus que votre diocèse ne souffrira pas de l’absence momentanée, mais pourtant de quelques années, du p. Guigues….

Lettre à Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble, 24 mai 1844

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

CONFESSEUR DES NOVICES ANGLOPHONES

Le père Casimir Aubert était l’un des plus jeunes Oblats, très proche du Fondateur, qui comptait sur lui pour bien des choses. La présence oblate dans les îles britanniques avait été lancée par le père Daly, qui n’était pas Oblat depuis très longtemps et était inexpérimenté. Eugène a donc envoyé le Père Aubert, plus âgé et plus qualifié, pour prendre les choses en main pendant un certain temps. Il y avait eu quelques problèmes à résoudre et maintenant Aubert était de retour en France.

Dieu soit béni, mon cher fils, te voilà en lieu de repos après un bien long pèlerinage. Nous en avons le cœur net maintenant, aussi n’ai-je aucun regret de ce voyage quelque pénible et quelque coûteux qu’il ait pu être. Il ne fallait rien moins que cela, après une déception si prolongée, pour se mettre en paix.

A son arrivée à la communauté de l’Osier, on voulut lui confier la charge de maître des novices intérimaire, ce qu’il n’accepta pas – mais cela lui donna l’occasion de passer quelque temps avec les quatre novices qu’il avait envoyés des îles britanniques.

Tu as très bien fait d’agir comme tu l’as fait en arrivant à l’Osier. Tu ne pouvais pas, quelque prière qu’on ait pu t’en faire, t’établir maître des novices dans une maison où chacun est à sa place. Tu pourras néanmoins confesser les novices anglais tant qu’ils ne sauront pas assez de français pour profiter de la direction du maître des novices.

Trois jours plus tard, Eugène essaie toujours de terminer la lettre au milieu de ses nombreuses responsabilités.

Miséricorde se perd, il n’y a pas moyen de finir une lettre, Je vais donc cacheter celle-ci pour que tu ne sois pas en peine d’un retard qui se prolonge trop. Je t’embrasse de tout mon cœur et salue tes quatre Irlandais en leur recommandant de bien profiter du reste de noviciat qu’ils vont faire. Adieu

Lettre au P. Casimir Aubert, 21 mars 1844, EO III n 6

Trois des quatre Irlandais deviendront d’excellents Missionnaires Oblats, un à Ceylan, un au Canada et un dans la future province anglo-irlandaise. Cela montre comment le charisme donné par Dieu à Eugène de Mazenod était en train de prendre racine et de se répandre.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

UN DÉFAUT DE CONFIANCE DANS LA GRÂCE DE JÉSUS-CHRIST DONT VOUS AVEZ ÉTÉ POURTANT LES INSTRUMENTS PENDANT TANT D’ANNÉES

Le père Magnan avait été envoyé pour participer à une mission paroissiale et s’attendait à ce que le père Courtès, plus expérimenté, l’accompagne. Lorsque ce dernier est tombé malade et n’a pu venir, le jeune Oblat a paniqué.

C’est vraiment une chose singulière, mon cher père Magnan, que cette pusillanimité qui s’est emparée de vous tous; cette crainte puérile de ce qu’en dira-t-on, ce cri de détresse que vous avez tous poussé à la vue de ce formidable pays de Brignoles qui vous a tous médusés, qui vous a démoralisés au point de montrer la corde jusqu’au vif, et tout cet épouvantail parce que le p. Courtès vous manquait. Vraiment, si un autre sentiment ne m’avait préoccupé, j’aurais bien ri de cette panique.

Eugène souligne qu’il a été envoyé comme l’instrument par lequel le Sauveur agira et que Jésus n’a jamais abandonné ses missionnaires.

Allons! quand vous êtes envoyés au nom du Seigneur laissez, une fois pour toutes, toutes ces considérations humaines, effet d’un orgueil mal dissimulé et d’un défaut de confiance dans la grâce de Jésus-Christ dont vous avez été pourtant les instruments pendant tant d’années. Vous mériteriez que cette grâce divine se retirât de votre ministère, c’est alors que vous pourriez redouter le jugement des hommes, mais tant qu’elle sera avec vous, vous convertirez les âmes avec vos discours simples, peu recherchés et seulement inspirés par l’esprit de Dieu qui ne passe pas par les phrases arrondies et le beau langage des rhéteurs…

Il va sans dire que le p. Vincens prend la supériorité de la mission. Je vous recommande à tous de reprendre des sentiments conformes à la dignité de votre grand ministère; vous n’avez point été envoyés à Brignoles pour briguer les applaudissements ni de M. le Curé, ni des prêtres, ni des bourgeois de la ville. Vous êtes envoyés pour convertir les âmes par la vertu de la grâce de Jésus-Christ qui n’a jamais fait défaut, à moins que vous ne comptassiez plus sur vos efforts que sur sa puissance…

Eugène lui rappelle que

la parole de Dieu qui fait son œuvre en opérant des miracles de conversion depuis tant d’années par votre ministère, en débit des jugements des hommes.

Lettre au Père Jean Magnan, 8 mars 1844, EO X n 836

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

CELA JE VEUX INSISTER ENCORE POUR QU’ON N’ENVOIE PAS NOS PÈRES SEULS EN MISSION.

Pour Eugène, la communauté apostolique a toujours été une condition non négociable de la vie oblate. Lorsqu’il a envoyé les premiers missionnaires au Canada, c’était avec l’intention de les faire vivre dans une communauté à partir de laquelle ils feraient leur mission. Une fois sur place, cependant, les Oblats ont pris conscience du besoin urgent d’évangéliser des peuples abandonnés qui n’avaient personne pour leur offrir la possibilité du salut éternel. C’est ainsi qu’a commencé le conflit permanent entre deux valeurs oblates : la proximité avec les gens pour répondre aux besoins les plus urgents ou la nécessité d’une communauté apostolique.

J’ai bien quelque chose à dire sur le choix subit que vous avez fait du frère Laverlochère pour les missions des Indigènes; mais savez-vous bien qu’il a besoin de s’exercer beaucoup dans la pratique des vertus non seulement religieuses mais chrétiennes? Et comment le destinez-vous sur le champ pour des missions si délicates? Il ne convient pas qu’il soit livré à lui-même. Et à propos de cela je veux insister encore pour qu’on n’envoie pas nos Pères seuls en mission. Les Pères Jésuites viennent de régler que même dans les missions du Maduré leurs Pères marcheraient toujours deux à deux. Mon intention très formelle est que vous adoptiez cette méthode. On ne doit s’en écarter qu’avec dispense et par nécessité.

Lettre au père Jean Baptiste Honorat, 1er mars 1844, EO I n 32

Nous verrons que ce sera une préoccupation constante d’Eugène au fur et à mesure du développement des missions étrangères. C’est une lutte qui, aujourd’hui encore et jusqu’à présent, n’a pas été résolue avec succès.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

SI ON N’ACHÈVE PAS LES ÉTUDES QUAND IL EN EST TEMPS ON RESTE IGNORANT.

Les Oblats ont eu un grande influence dans l’Est du Canada au cours des trois années qui ont suivi leur arrivée. De multiples demandes arrivaient pour des missionnaires en divers endroits. Dans sa hâte de répondre à ces invitations, Eugène a été pressé d’envoyer de nouveaux Oblats vers les missions du Canada. Il avait fait l’erreur d’envoyer un ou des scolastiques, qui avaient promis de terminer leurs études là-bas, mais qui s’étaient tellement impliqués dans le ministère qu’ils ne l’avaient pas fait.

Je reviens sur votre projet de faire ordonner vos diacres pour Pâques. Je viens d’en causer avec le p. Tempier qui a plus présent que moi le temps que ces frères ont donné aux études et surtout aux études théologiques. Ne parlons pas de la médiocrité, je dirais même de la presque nullité des études littéraires du frère Laverlochère…

II n’est pas à supposer qu’il ait beaucoup étudié depuis qu’il est à Longueuil. Je sais que vous l’avez mis aux langues indigènes; il est à présumer qu’il s’y est mis avec ardeur et au détriment des autres études. Au nom de Dieu, ne nous encombrons pas de médiocrités. Il est inutile de se flatter qu’on se formera plus tard, non; si on n’achève pas les études quand il en est temps on reste ignorant. Cependant dans les missions plus qu’ailleurs il faut être instruits puisqu’on n’a pas toujours le secours des livres et qu’on ne peut pas consulter.

Que la théologie soit donc enseignée comme il faut et que l’on ne néglige pas non plus la composition, car un missionnaire ne doit pas se persuader avoir le privilège de prêcher en dépit du bon sens, sans style, sans méthode et sans doctrine, etc.

Lettre au Père Jean Baptiste Honorat, 1er mars 1844, EO I n 32

Peut-être toujours un rappel pertinent pour nos étudiants aujourd’hui ?

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire