PAUSE ÉTÉ

En raison des activités de la fin de l’année scolaire à Oblate School of Theology, et des vacances d’été, ce service sera suspendu jusqu’à la fin du mois de mai.

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Frank Santucci OMI

Chaire Kusenberger d’études oblates
Oblate School of Theology, San Antonio, Texas

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EUGENE ET LA RÉSURRECTION: DANS LE DÉSIR QUE LES HOMMES EN QUI SE POURSUIT SA PASSION CONNAISSENT EUX AUSSI LA PUISSANCE DE SA RÉSURRECTION

À travers le regard du Sauveur crucifié nous voyons le monde racheté de son sang, dans le désir que les hommes en qui se poursuit sa passion connaissent eux aussi la puissance de sa résurrection (cf. Ph 3, 10).

CC&RR Constitution 4

Depuis sa première prédication, Eugène invitait constamment les pauvres à comprendre l’invitation transformatrice de la résurrection dans leur vie.

Venez maintenant apprendre de nous ce que vous êtes aux yeux de la foi.
Pauvres de Jésus-Christ, affligés, malheureux, souffrants, infirmes, couverts d’ulcères, etc., vous tous que la misère accable, mes frères, mes chers frères, mes respectables frères, écoutez-moi.
Vous êtes les enfants de Dieu, les frères de Jésus-Christ, les héritiers de son royaume éternel, la portion choisie de son héritage; vous êtes, au dire de saint Pierre, la nation sainte, vous êtes rois, vous êtes prêtres, vous êtes en quelque sorte des Dieux, vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut.
Élevez donc votre esprit, que vos âmes abattues se dilatent, cessez de ramper sur la terre: vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut. (Ps 81,6).

Instructions familières en provençal, données à la Madeleine en 1813,  E.O. XV n. 114

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EUGENE ET LA RÉSURRECTION: DE LA CROIX À LA PUISSANCE DE LA RÉSURRECTION

L’expérience du vendredi saint d’Eugène ne l’a pas laissé au pied de la croix. L’accent de sa vie avait changé, et est devenu une Pâque continue – répondant à la lumière du Christ ressuscité: «Je suis avec vous toujours».

Jamais mon âme ne fut plus satisfaite, jamais elle n’éprouva plus de bonheur; c’est qu’au milieu de ce torrent de larmes, malgré ma douleur, ou plutôt par le moyen de ma douleur, mon âme s’élançait vers sa fin dernière, vers Dieu son unique bien dont elle sentait vivement la perte. A quoi bon en dire davantage? Pourrai-je jamais rendre ce que j’éprouvai alors?
Le souvenir seul me remplit le cœur d’une douce satisfaction. J’ai donc cherché le bonheur hors de Dieu, et je n’ai trouvé hors de lui qu’affliction et chagrin.
Heureux, mille fois heureux qu’il ait, ce bon Père, malgré mon indignité, déployé sur moi toute la richesse de ses miséricordes.
Au moins que je répare le temps perdu en redoublant d’amour pour lui. Que toutes mes actions, pensées, etc., soient donc dirigées à cette fin. Quelle plus glorieuse occupation que de n’agir en tout et pour tout que pour Dieu, que de l’aimer par-dessus tout, que de l’aimer d’autant plus qu’on l’a aimé trop tard. Ah! c’est commencer dès ici-bas la vie bienheureuse du ciel. C’est là la vraie manière de le glorifier comme il le désire.

Journal de retraite, décembre 1814, EO XV n.130

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EUGENE ET LA RÉSURRECTION: JE PARCOURAIS EN ESPRIT LES EGLISES DE TOUTE LA TERRE, OU AU MEME INSTANT ON FAISAIT RETENTIR LES VOUTES DES LOUANGES DU SAUVEUR RESSUSCITE

Eugène continue de décrire sa joyeuse célébration de Pâques au séminaire:

Je parcourais en esprit les églises de toute la terre, où au même instant on faisait retentir les voûtes des louanges du Sauveur ressuscité.
J’étais à Aix, j’étais à Rome, j’étais à la Chine, partout j’y rencontrais les mêmes transports de joie pour le même sujet. Non content de ce concert de tous les chrétiens répandus sur la surface de la terre, je me hasardai de pénétrer jusqu’au ciel. Ah! je me persuadai bien vite que tout ce qui me charmait ici-bas n’était qu’un faible écho des chants d’allégresse, de l’inexprimable bonheur qui animait tous les bienheureux en ce jour que le Seigneur a fait. Oh! que le cœur d’un chrétien est grand, combien de choses il embrasse à la fois, il semble d’abord que la moindre consolation le remplit et qu’il est au moment de verser; point du tout, il est toujours capable d’en contenir davantage, au comble de la joie il en désire encore, mais cet insatiable ne sera satisfait que dans le ciel.

Lettre à sa mère, 4 avril 1809, EO XIV n 50

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EUGENE ET LA RÉSURRECTION: LA JOIE QUI RETENTISSAIENT A MES OREILLES ET QUI PENETRAIENT JUSQU’AU FOND DE MON CŒUR

Le jour de Pâques nous nous trouvâmes à l’Eglise à 4 heures du matin pour y chanter Matines Laudes et Primes. Après Primes on chanta une première Grand-Messe à laquelle le séminaire communia…
Nous y retournâmes à dix heures 3,4 pour la seconde Grand-Messe à laquelle je fus encore crucifère. La cérémonie ne finit qu’à une heure et demi. Les Vêpres commencèrent à quatre heures, ensuite le sermon puis le salut, bref nous ne rentrâmes au séminaire qu’à huit heures et demie. En calculant toutes ces heures vous en trouverez douze et quelque chose en sus passées à l’église, mais vous ne pourrez que difficilement calculer le bonheur que j’ai éprouvé pendant ce temps qui m’a paru s’écouler comme une minute.
Je jouissais dans le superbe Temple où je me trouvais aux accents de la joie qui retentissaient à mes oreilles et qui pénétraient jusqu’au fond de mon cœur;

Lettre à sa mère, 4 avril 1809, EO XIV n 50

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EUGENE ET LA RÉSURRECTION: DE QUELLE RECONNAISSANCE NOS CŒURS NE DOIVENT-ILS PAS ETRE  REMPLIS EN SONGEANT QUE CE BON MAITRE A BIEN VOULU NOUS FAIRE PARTICIPANTS DE SA RESURRECTION

Eugene décrit sa joie lors de sa première célébration de Pâques comme séminariste à Saint Sulpice.

Oh! quelle ravissante solennité pour des chrétiens, combien le cœur se dilate, avec quelle joie on se réunit à toute l’Eglise du ciel et de la terre pour célébrer la glorieuse Résurrection de Notre Sauveur. Après l’avoir accompagné dans toutes les douloureuses circonstances de sa passion, après avoir pleuré sur les tourments que nos péchés lui ont fait endurer, qu’il est consolant de le voir ressusciter triomphant de la mort et de l’enfer, et de quelle reconnaissance nos cœurs ne doivent-ils pas être remplis en songeant que ce bon Maître a bien voulu nous faire participants de sa résurrection en détruisant en nous le péché et en nous donnant une nouvelle vie. Nous avons passé ce jour-là douze heures bien comptées à l’église, je n’aurais pas voulu qu’on en retranchât une minute. Il me semblait d’être dans le ciel; que sera-ce donc que la joie et le bonheur que nous éprouverons dans cette bienheureuse patrie?

Lettre à sa mère, 4 avril 1809, EO XIV n 50

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LA SEMAINE SAINTE AVEC EUGENE: VENDREDI SAINTE -PUIS-JE OUBLIER LE SIGNE DE LA CROIX ?

Puis-je oublier ces larmes amères que la vue de la Croix fit couler de mes yeux un Vendredi Saint.

Journal de retraite, décembre 1814, EO XV n.130

“ Puis-je oublier…  le signe de la Croix?” demande Eugène?

Chaque action de sa vie, chaque fois qu’il prêchait l’Évangile, chaque fois qu’il tendait la main aux pauvres et aux plus abandonnés, c’était la proclamation: “Jamais pourrai-je oublier le signe de la Croix!”

C’est le seul signe distinctif qu’il donna aux Oblats  – sous ce signe, chaque aspect de notre vie doit se dérouler: “ N’oubliez jamais le signe de la Croix!”

“À travers les yeux du Sauveur Crucifié” tel est l’unique point de vue que la famille Mazenodienne est appelée à voir le monde: “ N’oubliez jamais le signe de la Croix!”

À la fin dernière de sa vie, le Père Tempier écrivit aux Oblats: “ Vous dire tous les exemples qu’il a donnés, tous les sentiments qu’il a manifestés pendant ces trois jours [de préparation à recevoir les derniers sacrements] serait chose impossible. Nous regardons comme une grâce insigne d’avoir pu voir et entendre ce que nous avons vu et entendu.

Je suis sur la croix, s’écriait-il; j’y demeure volontiers et j’offre mes souffrances à Dieu pour mes chers Oblats.

Lettre circulaire no 2 du 29 janvier 1861 dans Les Écrits Oblats II, vol. 2, no. 116.

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LA SEMAINE SAINTE AVEC EUGENE: VENDREDI SAINT – CE MOMENT QUAND SES YEUX ONT RENCONTRÉ LES MIENS, CE FUT LE MOMENT QUI ME FIT RÉALISER QU’IL M’AIMAIT

Puis-je oublier ces larmes amères que la vue de la Croix fit couler de mes yeux un Vendredi Saint.

“Puis-je oublier … le signe de la croix?” demanda Eugène, et la paix qui coula dans sa vie comme un résultat.

Jamais mon âme ne fut plus satisfaite, jamais elle n’éprouva plus de bonheur; c’est qu’au milieu de ce torrent de larmes, malgré ma douleur, ou plutôt par le moyen de ma douleur, mon âme s’élançait vers sa fin dernière, vers Dieu son unique bien dont elle sentait vivement la perte

Journal de Retraite, Décembre 1814, EO XV n.130

En 2014, le Pape François prononça une homélie, lors de la cérémonie de la veille de Pâques, en se concentrant sur le message du Christ ressuscité aux premiers témoins de la Résurrection: “Retournez en Galilée”. La Galilée est l’endroit où tout commença pour les disciples, et maintenant, après la mort et la Résurrection de Jésus, on leur demande d’y retourner, mais avec un regard différent. Le Pape François l’interprète ainsi: “Revenir en Galilée veut dire tout relire à partir de la croix et de la victoire.” Cela décrit la prise de conscience d’Eugène : le Vendredi Saint  dévoile que le seul but pour donner du sens à sa vie devait être la croix et sa victoire.

Le Pape François nous rappelle que chacun de nous avons notre propre Galilée personnelle et, de cette façon pour moi, je saisis le sens de l’expérience de la conversion d’Eugène, et l’invitation qui vaut pour chaque membre de la famille Mazenodienne:

“Dans la vie du chrétien, après le Baptême, il y a aussi une autre “Galilée”, une “Galilée” plus existentielle : l’expérience de la rencontre personnelle avec Jésus Christ, qui m’a appelé à le suivre et à participer à sa mission. En ce sens, retourner en Galilée signifie garder au cœur la mémoire vivante de cet appel, quand Jésus est passé sur ma route, m’a regardé avec miséricorde, m’a demandé de le suivre ; retourner en Galilée signifie retrouver la mémoire de ce moment où ses yeux ont croisé les miens, le moment où il m’a fait sentir qu’il m’aimait.”

http://w2.vatican.va/documents/pape-françois_20140419_omelia-veglia-pasquale.html

Pour Eugène, le Vendredi Saint fut le sommet du cheminement de sa conversion – le moment de sa réalisation car du haut de sa croix, Jésus le regardait avec miséricorde et lui demandait de le suivre. Ce fut le moment où les yeux du Sauveur rencontrèrent les yeux d’Eugène, le moment où il fit comprendre à Eugène qu’Il l’aimait. À partir de ce moment et jusqu’au moment où ses yeux s’ouvrirent à la vie éternelle en 1861, leurs yeux et leur amour jamais ne se  quittèrent. C’est à cause de cela que nous comprenons pourquoi la croix oblate devint le point central de la vie d’Eugène et de sa mission et pourquoi c’est le seul qui a du sens pour les Oblats et pour tous ceux qui vivent le charisme d’Eugène.

« Jamais mon âme ne fut plus satisfaite, jamais elle n’éprouva plus de bonheur. »
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LA SEMAINE SAINTE AVEC EUGENE: JEUDI SAINT – L’OBLATION ET LA JOIE DE LA COMMUNION

…nous fîmes nos vœux avec une indicible joie. Nous savourâmes notre bonheur pendant toute cette belle nuit en la présence de Notre-Seigneur, au pied du trône magnifique où nous l’avions déposé pour la messe des présanctifiés du lendemain …

Rambert I, p.187

En lisant la description d’Eugène de la nuit de Jeudi sainte et de leurs vœux, l’on est en mesure de goûter la beauté du geste de l’oblation et son importance pour lui. Tout en parlant de la joie et des heures passées à savourer la profondeur du moment, c’est à une expérience d’intimité avec Jésus dans sa présence eucharistique qu’il renvoie dans d’autres écrits.

Le fait de méditer sur la célébration du premier Jeudi Saint des Missionnaires me fait penser à la prière de Jésus à la dernière Cène, dans laquelle il invitait les apôtres à entrer en communion avec son Père : « Je leur ai révélé ton nom et le leur révélerai, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » (Jean 17 :26) Dans l’esprit de la promesse de Jésus le premier Jeudi Saint, à Jérusalem : « Demandez et vous recevrez, et votre joie sera parfaite » (Jean 16 :24) – nous pouvons comprendre quelque chose de la plénitude de joie éprouvée le Jeudi Saint 1816 à Aix en Provence, et la notre aujourd’hui.

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LA SEMAINE SAINTE AVEC EUGENE: JEUDI SAINT – CE QUE VOUS VOULEZ, C’EST CE QUE NOUS VOULONS

Bref, le p. Tempier et moi nous jugeâmes qu’il ne fallait pas différer davantage, et le jeudi saint (11 avril 1816), nous étant placés tous les deux sous l’échafaudage du beau reposoir que nous avions élevé sur le maître-autel de l’église de la mission, dans la nuit de ce saint jour, nous fîmes nos vœux avec une indicible joie. Nous savourâmes notre bonheur pendant toute cette belle nuit en la présence de Notre-Seigneur, au pied du trône magnifique où nous l’avions déposé pour la messe des présanctifiés du lendemain.

Rambert I, p. 187

Eugène et Henri Tempier, étant d’un même esprit quant à la nécessité d’un engagement formel envers Dieu et envers l’un l’autre par amour de la mission, firent leurs vœux privément. Eugène ne nous dit pas quel était la teneur de ces vœux, mais il semble, à partir du contexte et des événements ultérieurs, qu’ils étaient concentrés sur l’obéissance à Dieu et à l’un et l’autre dans la poursuite d’une vie vécue en communion avec Dieu.

La description du contexte faite par Eugène est importante. C’est le Jeudi Saint et le temps de la prière à « l’Autel du Reposoir » (où l’Eucharistie est conservée pour la distribution lors du service du Vendredi Saint, qui était connu à cette époque comme la « Messe des Présanctifiés »). Ce temps de réflexion rappelle le temps que Jésus passa en prière au Jardin de Gethsémani, tout en se débattant pour vivre les événements qui se passaient, en totale communion avec le Père, à ce moment. Le « non ce que je veux, mais ce que tu veux » (Marc 14 : 36) de Jésus, adressé au Père, devint l’engagement au « non ce que je veux, mais ce que vous voulez » d’Eugène et de Henri Tempier au Père – et conséquemment la clé pour comprendre la signification de l’oblation.

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