LES PÉCHEURS DOIVENT ÊTRE ACCUEILLIS AVEC UN TRÈS BON CŒUR

Lettre du P. Guigues. La mission de Theys qu’il donne en ce moment, avec ses compagnons de la maison de N.-D. de l’Osier, va à merveille. Les missionnaires sont au confessionnal du matin au soir.
Ils ont bien eu le désagrément de voir quelques familles bourgeoises, très mal disposées, se livrer au scandale d’une espèce de charivari provocateur, mais l’indignation publique et le silence des missionnaires en ont fait justice… et que plusieurs des jeunes gens qui s’étaient laissé entraîner se sont présentés pour se confesser.
Sur ce, le p. Guigues me demande s’il ne serait pas à propos de ne point accorder la communion à ces jeunes gens qu’il avoue s’être laissés aller à cette inconvenance par entraînement et point du tout par dessein hostile.
… Dieu veut que cette malheureuse pensée, due à l’inexpérience, n’ait pas porté les jeunes missionnaires à recevoir froidement ces pécheurs, qu’il aurait fallu accueillir avec la plus touchante bonté, d’abord pour qu’ils fussent consolés dans leur démarche toujours pénible à la nature, puis pour qu’ils fussent à même d’encourager les autres qui hésitent encore.  

Eugène de Mazenod, Journal, 19 février 1837, EO XVIII

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ILS PARTAIENT DU PIED DE L’AUTEL POUR DE NOUVELLES CONQUETTES

Anniversaire de l’approbation de l’institut par le Saint-Siège… Le renouvellement prescrit par le chapitre s’est fait immédiatement après, en ma présence, par tous les prêtres et oblats. Les novices assistaient à la cérémonie…
A mesure qu’on a fait son renouvellement à genoux devant le saint sacrement exposé en tenant un cierge à la main, on se tient debout et en cercle autour de l’autel.

Depuis notre approbation par le Pape, le 17 février 1826, les Oblats ont toujours fait le renouvellement de leurs vœux en cette date.

La cérémonie n’a pas été ce matin seulement imposante comme elle l’est toujours, mais touchante, je pourrais ajouter encore comme elle l’est toujours. C’est le sentiment qu’on se communiquait mutuellement lorsqu’on s’est trouvé réunis dans la salle de communauté.

C’était à Jésus Sauveur que les missionnaires et leurs coopérateurs offrent ses louanges pour le succès de leurs missions et pour demander la bénédiction pour leurs projets avenir.

Ce qu’il y avait de particulier et que je n’ai pu m’empêcher de faire remarquer dans le petit discours que je suis dans l’habitude de faire à pareil jour, c’est que du pied de l’autel allaient partir pour de nouvelles conquêtes ceux-là mêmes qui étaient venus y déposer leurs actions de grâces pour les admirables succès des missions qu’ils venaient de faire. Quelles bénédictions en effet n’avaient-ils pas recueillies dans les missions qui viennent de se terminer à Fontvieille et à Entraigues! Le Seigneur accompagnera ses envoyés à Maussane et à Mane, et il bénira leurs travaux comme il a toujours béni tous ceux que nous avons entrepris en son nom.

Eugène de Mazenod, Journal, 17 février 1837, EO XVIII

Nous sommes invités, chaque jour, à confier notre succès au Sauveur et à renouveler notre confiance dans sa présence pour nous accompagner dans nos moments difficiles.

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LES ORPHELINS SONT ACCUEILLIS AVEC CHARITÉ ET AVEC CONFIANCE À LA DIVINE  PROVIDENCE

À la fin de chaque journée, Eugène écrivait son journal et enregistrait les évènements de la journée et ses réactions personnelles. Aujourd’hui, il rend grâce pour le projet de l’orphelinat qu’il a initié avec son cousin pour les orphelins de l’épidémie récente du choléra.

Quoique je ne sois pas encore bien rétabli, je n’ai pu me refuser aux instances que l’on m’a faites pour aller bénir la chapelle provisoire et la maison des orphelines du choléra. Cette cérémonie s’est fort bien passée. Après la bénédiction de la chapelle et avant de commencer le saint sacrifice, je me suis contenté d’adresser à la nombreuse assemblée quelques paroles pour m’excuser de n’avoir pas encore la force de parler. Ce peu de mots a été accueilli avec une sorte de reconnaissance précisément à raison des efforts que j’avais dû faire pour exprimer les sentiments qui m’animaient. C’était merveille en effet de se trouver dans ce bel édifice, achevé après dix mois que nous étions venus bénir sur la roche escarpée la première pierre. L’œuvre avait commencé sous les auspices du premier pasteur, pour tendre la main à douze pauvres petites orphelines, et j’en voyais quatre-vingts sous mes yeux, et dans quelques jours vingt autres allaient être accueillies avec la même charité, et la même confiance en la divine providence ! Après la messe, nous avons parcouru processionnellement toute la maison en la bénissant

Eugène de Mazenod, Journal, 12 février 1837, EO XVIII.

      Le séjour d’Eugène à Marseille sera marqué par d’ innumérables activités comme celle-ci dans son objectif de répondre aux besoins des plus abandonnés.

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L’ONCTION QUI N’EST DONNEE QU’A CEUX QUI ANNONCENT JESUS-CHRIST ET JESUS-CHRIST CRUCIFIÉ

Eugene était un prédicateur talentueux et couronné de succès. La fondation des Missionnaires Oblats visait à prêcher l’Evangile aux plus abandonnés. Dans beaucoup de ses écrits, nous rencontrons des textes insistant sur le fait que les missionnaires prennent particulièrement soin de ce ministère de prédication et veillent à ce qu’il coule de la source de leur relation personnelle et communautaire avec Dieu.

Dans son journal intime, il commente régulièrement de manière critique certains des orateurs venus à Marseille comme prédicateurs itinérants pour des sermons occasionnels. Les normes de prédication d’Eugene étaient élevées et il n’avait pas de temps pour les platitudes parfois exprimées. 

Le soir, je suis allé entendre le sermon de m. Dufêtre à St-Martin. Il a prêché sur la religion un sermon qui n’avait rien de bien remarquable. On comprend à sa voix sonore et forte qu’il pourra suffire aux promesses qu’il a faites de prêcher deux fois par jour, même sans s’exposer à sacrifier sa vie comme il a annoncé qu’il était disposé de faire pour les bons Marseillais, qu’il faut maintenant s’accoutumer à entendre flagorner par tous les prédicateurs qui montent en chaire à Marseille. 

Journal d’Eugène de Mazenod, 12 février 1837, EO XVIII

Une semaine plus tard, un commentaire sur un autre prédicateur itinérant:

Je suis allé au sermon de m. Clerc à St-Cannat. Son discours sur le respect humain, plus philosophique que chrétien, n’a pas pu être compris par son auditoire composé de bonnes femmes et d’un petit nombre d’hommes sans instruction. Dieu préserve que tous les prédicateurs prêchassent de la sorte. Ce n’est pas le talent qui manque à celui-ci, ni la logique, mais l’onction qui n’est donnée qu’à ceux qui annoncent Jésus-Christ et hunc crucifixum d’une autre manière que des rhéteurs l’auraient fait à Rome païenne ou à Athènes.

Journal d’Eugène de Mazenod, 19 février 1837, EO XVIII

Que disent les gens de notre prédication et de nos œuvres de charité : nous voient-ils dire et faire des choses à travers les yeux du Sauveur crucifié?

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ORAISON : EN PRIÈRE AVEC LA FAMILLE MAZENODIENNE – JANVIER

1818“Dans la prière silencieuse et prolongée de chaque jour, ils se laissent modeler par le Seigneur et trouvent en lui l’inspiration de leur conduite.” (Règle de vie OMI, 33).

La pratique de l’Oraison prenait une part importante dans les prières quotidiennes de Saint-Eugène. C’est par elles qu’il entrait en communion avec sa famille missionnaire. Alors qu’ils étaient tous en France à cette époque, il était facile pour eux de se rassembler en prière à peu près au même moment. Dès lors que les missionnaires Oblats commencèrent à se disperser sur différents continents, il ne fut plus possible de prier ensemble au même moment. Il y eut alors un moment de prière où ils devaient s’arrêter et entrer en union de prière les uns avec les autres, même si ce n’était pas au même instant.

C’était une pratique qu’Eugène voulait maintenir pour l’ensemble des membres de sa communauté religieuse. C’est pour cela que vous êtes invités à prendre part à cette pratique de l’Oraison le Dimanche 19 janvier 2020, date à laquelle nous nous rappelons l’anniversaire de la Fondation des Oblats (qui portaient alors le nom de Missionnaires de Provence) le 25 janvier.

Le premier jour de vie de communauté des Missionnaires, représente évidemment, une histoire de première importance, souvent reprise dans tous ses détails. Dans ses Mémoires, le P. Tempier le décrit ainsi : «Ce jour mémorable que je n’oublierai jamais aussi longtemps que je vivrai.» Il raconte l’histoire des débuts de cette famille religieuse et, en conclusion, nous rappelle les vœux de pauvreté et l’appel à la simplicité.


Lettre à Jean-Baptiste Mille et aux novices et scolastiques, le 24 janvier 1831, E.O. VIII n.383: 

Je célèbre demain l’anniversaire du jour où, il y a seize ans, je quittais la maison maternelle pour aller m’établir à la mission. Le P. Tempier en avait pris possession quelques jours avant. Notre gîte n’était pas si magnifique que le château de Billens, et quelque dépourvus que vous soyez, nous l’étions encore davantage. Mon lit de sangle fut placé dans le petit passage qui conduit à la bibliothèque qui était alors une grande chambre servant de chambre à coucher au P. Tempier et à un autre qu’on ne nomme plus parmi nous; c’était aussi notre salle de communauté. Une lampe formait tout notre bel éclairage et, quand il fallait se coucher, on la posait sur le seuil de la porte pour qu’elle servît aux trois.
 
La table qui ornait notre réfectoire était une planche à côté d’une autre, posées sur deux vieux tonneaux. Nous n’avons jamais eu le bonheur d’être si pauvres depuis que nous avons fait vœu de l’être. Nous préludions, sans nous en douter, à l’état parfait où nous vivons si imparfaitement. Mais je remarque, à dessein, cette espèce de dénuement très volontaire puisqu’il eût été facile de le faire cesser en faisant transporter tout ce qu’il fallait de chez ma mère, pour en déduire que le bon Dieu nous dirigeait dès lors, et vraiment, sans que nous y pensassions encore, vers les conseils évangéliques dont nous devions plus tard faire profession. C’est en les pratiquant que nous en avons connu le prix.
 
Je vous assure que nous n’avions rien perdu de notre gaieté; au contraire, comme cette nouvelle manière de vivre formait un contraste assez frappant avec celle que nous venions de quitter, il nous arrivait souvent d’en rire de bien bon cœur. Je devais ce bon souvenir au saint anniversaire de notre premier jour de vie commune. Que je serais heureux de la continuer avec vous!

Voici quelques textes qui nous aideront dans nos réflexions et nos prières:

Actes 4:32-33:

La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais tout était commun entre eux. Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous.

Matthieu 28: 19-20:

 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Article 3 –  Constitutions et Règles OMI  s’appliquant à toute la Famille Mazenodienne: 

La communauté des Apôtres avec Jésus est le modèle de leur vie; il avait réuni les Douze autour de lui pour en faire ses compagnons et ses envoyés (cf. Mc 3, 14). L’appel et la présence du Seigneur au milieu des Oblats aujourd’hui les unissent dans la charité et l’obéissance pour leur faire revivre l’unité des Apôtres avec lui, ainsi que leur mission commune dans son Esprit.

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BONNE ANNÉE

Ces réflexions quotidiennes reprendront le lundi 20 janvier

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ORAISON : EN PRIÈRE AVEC LA FAMILLE MAZENODIENNE – DÉCEMBRE

La pratique de l’Oraison prenait une part importante dans les prières quotidiennes de Saint-Eugène. C’est par elles qu’il entrait en communion avec sa famille missionnaire. Alors qu’ils étaient tous en France à cette époque, il était facile pour eux de se rassembler en prière à peu près au même moment. Dès lors que les missionnaires Oblats commencèrent à se disperser sur différents continents, il ne fut plus possible de prier ensemble au même moment. Il y eut alors un moment de prière où ils devaient s’arrêter et entrer en union de prière les uns avec les autres, même si ce n’était pas au même instant.

C’était une pratique qu’Eugène voulait maintenir pour l’ensemble des membres de sa communauté religieuse. C’est pour cela que vous êtes invités à prendre part à cette pratique de l’Oraison le Dimanche 15 décembre 2019, date à laquelle nous nous rappelons le martyre de six martyres Oblats du Laos et d’un catéchiste Oblat le 16 décembre.

Extrait du Livre de Prière Oblate (page 159):

Durant la guerre d’Indochine, entre les années 1954 et 1970, dix-sept témoins de la Foi dans le Christ ont souffert le martyre au Laos, fidèles jusqu’au bout à Jésus Christ pour l’amour de Son Nom. Parmi eux se trouvaient six Oblats de Marie Immaculée qui offrirent leur vie pour que soit révélée la Parole de l’Évangile: Les P. Mario Borganza OMI, P. Louis LeRoy OMI, P. Michel Coquelet OMI, P. Vincent L’Hénoret OMI, P. Jean Wauthier OMI, P. Joseph Boissel OMI, et un catéchiste Paul Thoi Xyooj. L’Église du Laos reconnaît en ces bienheureux ses Pères Fondateurs.

Jean 12: 24-26:

« Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera. »

Le Bienheureux Louis Leroy OMI:

Le 18 avril 1961, le Fr. Louis Leroy était en prière dans sa pauvre petite église. Un détachement de soldats guérilleros arriva. D’après les villageois, il savait que c’était ses derniers instants: il demanda la permission de mettre sa soutane, il mit sa croix et son bréviaire sous le bras, il dit au revoir. Sans chapeau et sans souliers, il suivit les soldats. Dans la forêt, des coups de feu et c’était la fin… Son rêve de jeunesse qui était de témoigner du Christ en allant même jusqu’au martyre venait de se réaliser. Il avait écrit au Supérieur Général des Oblats : «Avant même de connaitre les Oblats, les missions en Asie m’attiraient et je voulais vivre et travailler comme fermier dans ces missions… Les difficultés qu’avait eu la mission au Laos et qu’elle aurait encore n’ont fait qu’accroître mon désir d’aller dans ce pays… Je serai très heureux de recevoir mon obédience pour le Laos si vous pensez qu’il est bon de m’y envoyer…»

Le Bienheureux Mario Borzaga OMI:

«Dans ma prière, je ne demande pas à Jésus la force et la joie, je demande seulement de l’aimer de plus en plus, de l’aimer comme les saints et les martyres l’ont aimé. »

Saint Eugène-de-Mazenod:

«Qu’ils sont heureux de pouvoir se sacrifier pour les âmes de leurs frères qu’ils sanctifient, qu’ils sauvent, qu’ils placent dans la gloire, aux prix de leur vie, comme notre divin Maître qui est mort pour le salut des hommes! Qu’ils sont admirables! Mais aussi, qu’ils sont heureux, ces chers martyrs de la charité! Quelle belle page pour l’histoire de notre Congrégation!» (Lettre à Bruno Guigues, le 1er août 1835, EO VIII n 529)

Pour des lectures additionnelles, nous recommandons à votre réflexion sur le site web OMIWORLD:
https://www.omiworld.org/fr/notre-charisme/nos-saints/les-causes-oblates/serviteur-de-dieu-les-6-martyrs-oblats-du-laos/breves-notes-biographiques/

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AVEC MARIE IMMACULEE PENDANT LA PAUSE

Ce service sera suspendu jusqu’à 13 janvier.
Je vous souhaite bonne fête du 8 décembre, un fructueux Avent et toutes les bénédictions de Noël.

Nous demandons à Marie Immaculée de nous accompagner durant cette période :

Marie Immaculée est la patronne de la Congrégation. Docile à l’Esprit, elle s’est entièrement consacrée, comme humble servante, à la personne et à l’oeuvre du Sauveur.
Dans la Vierge attentive à recevoir le Christ pour le donner au monde dont il est l’espérance, les Oblats reconnaissent le modèle de la foi de l’Église et de leur propre foi.
Ils la regarderont toujours comme leur Mère. C’est dans une grande intimité avec elle, Mère de miséricorde, qu’ils vivront leurs souffrances et leurs joies de missionnaires. Partout où les conduira leur ministère, ils chercheront à promouvoir une dévotion authentique envers la Vierge Immaculée, préfiguration de la victoire finale de Dieu sur tout mal.

Règle de Vie,  CC&RR Constitution 10

Rappelons que toutes les 2086 entrées précédentes peuvent être consultées sur ce site: http://www.eugenedemazenod.net/fra/ En utilisant le moteur de recherche sur la page d’accueil, vous pouvez trouver des entrées portant sur des thèmes spécifiques.

Chaque jour aussi, je vous invite  a lire « Inspirations Quotidiennes »: https://www.omiworld.org/fr/inspirations-quotidiennes/

Merci de votre soutien quotidien – et Joyeaux Noël.

Frank Santucci OMI

Chaire Kusenberger d’études oblates
Oblate School of Theology, San Antonio, Texas

 

 

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L’IMMACULÉE CONCEPTION : LA MADONE OBLATE

Au milieu de tous ses soucis, Eugène a célébré la fête de l’Assomption. Ce jour a laissé une impression durable dans l’histoire de notre famille Mazenodienne – et c’est pourquoi il est important d’examiner ce qui s’est passé. Achille Rey, qui connaissait très bien Eugène, écrit dans sa biographie :

Le 15 août 1822 fut témoin d’une fête solennelle dans l’église de la mission d’Aix. Le P. de Mazenod bénit en présence d’une nombreuse assistance composée de ses congréganistes et de pieux fidèles une statue de la Très Ste-Vierge, sous le vocable de l’Immaculée Conception. C’est devant cette même statue qu’il s’est livré à de si longues et si fréquentes oraisons: elle est devenue un des plus précieux souvenirs des origines de la famille. (Rey I, p. 280)

Les lettres d’Eugène datées de 1822 montrent les nombreux soucis et difficultés dont il a fait l’expérience. Parmi ceux-ci, son inquiétude au sujet de la survie de son petit groupe de Missionnaire n’était pas la moindre. C’est dans cet esprit qu’il a béni la nouvelle statue dans la chapelle et la perception qu’il a eue de ce moment-là est devenue comme une fructueuse source de vie. Il écrit immédiatement à Henri Tempier, qui était à Laus.

Je crois lui devoir aussi un sentiment particulier que j’ai éprouvé aujourd’hui, je ne dis pas précisément plus que jamais, mais certainement plus qu’à l’ordinaire..

Eugène était habituellement très réticent à décrire ses expériences spirituelles profondes. Son sentiment particulier, éprouvé « plus qu’à l’ordinaire », était en rapport avec la vie des Missionnaires de Provence, qui vivaient des difficultés extérieures et dont l’existence future était incertaine.

Je ne le définirai pas bien parce qu’il renferme plusieurs choses qui se rapportent pourtant toutes à un seul objet, notre chère Société.

Il décrit alors la confirmation qu’il a reçu que la fondation des Missionnaires venait de Dieu et que Dieu l’assurait d’un avenir solide pour ce groupe.

Il me semblait voir, toucher du doigt,
qu’elle renfermait le germe de très grandes vertus,
qu’elle pourrait opérer un bien infini;
je la trouvais bonne,
tout me plaisait en elle,
je chérissais ses règles, ses statuts;
son ministère me semblait sublime, comme il l’est en effet.
Je trouvais dans son sein des moyens de salut assurés, infaillibles même.

Lettre à Henri Tempier, 15 août 1822, EO VI n 86

C’était la grâce que la Madone Oblate avait obtenue pour Eugène : une assurance donnée par Dieu qu’il était sur le bon chemin et qu’il devait persévérer malgré tous les vents contraires qui soufflaient autour de lui, et qui semblaient menacer l’existence des Missionnaires.

Deux cents ans plus tard, nous continuons à récolter les fruits de cet élan de confiance qui nous a été donné lorsque notre Madone oblate nous a « souri »

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C’EST QUE LES AMES ONT LE SENTIMENT DU BIEN QU’ON LEUR A FAIT PAR LE GRAND MINISTERE QUE L’ON A EXERCE EN LEUR FAVEUR

Le journal d’Eugene était l’endroit où il enregistrait ses réflexions personnelles à la fin de chaque journée. Ses notes privées nous donnent un aperçu de qui il était vraiment. Aujourd’hui, c’est le père de la famille missionnaire qui se réjouit du succès de deux épisodes d’évangélisation oblate.

Arrivée, d’une part, du p. Cuynat revenant d’Arles où il a prêché les 40 heures après la mission de Fontvieille, de l’autre du p. Hermitte et de son compagnon revenant d’Entraigues. Il faudrait entendre le récit que ces messieurs font de ce qui s’est passé dans leurs missions! C’est à faire verser des larmes de joie et de tendresse.
Le triomphe de cette croix si méprisée de nos jours, les transports de reconnaissance de ces populations entières, d’abord envers Dieu qu’elles glorifiaient à la présence de tous les peuples des environs, puis envers les ministres de la miséricorde de leur Sauveur dont ils ne pouvaient plus se séparer. C’est la répétition de ce que nous avons vu de notre temps et toujours avec une nouvelle surprise.
N’est-ce pas une merveille que la grâce forme dans quelques semaines des liens si étroits entre des êtres qui ne s’étaient jamais vus et qui ne se reverront vraisemblablement plus. C’est que les âmes ont le sentiment du bien qu’on leur a fait par le grand ministère que l’on a exercé en leur faveur.

Journal d’Eugène de Mazenod, 9 février 1837, EO XVIII

Depuis 21 ans, les missionnaires prêchaient l’Évangile aux plus abandonnés dans le sud de la France, et les fruits étaient évidents. Aujourd’hui, plus de deux cents ans plus tard, les gens continuent de ressentir le bien apporté par le ministère de la Famille mazenodienne.

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