C’EST UN VRAI PARADIS SUR TERRE

Après toutes les difficultés et les épreuves subies pendant deux ans, Eugène nous partage un interlude heureux que les jeunes Oblats en formation lui apportèrent en Suisse. Il fut émerveillé par leur enthousiasme et leur zèle, eux qui se préparaient à être missionnaires pleins d’un amour contagieux pour leur Dieu.

Je ne tarirais pas, si je voulais vous parler de tout le bien qu’il y a à dire de tous sans exception. Ils sont tels que j’aurais pu les souhaiter, sans pourtant oser m’en flatter. Ils ont réalisé toutes mes espérances sous le rapport des vertus comme sous celui de la tenue et de la conduite…
On ne se fait pas l’idée de tous les témoignages de déférence et d’affection qu’ils me donnent; c’est une chose vraiment touchante; aussi je sens bien vivement le chagrin de les quitter, outre que cette vie de communauté au milieu d’une jeunesse si fervente est une chose si douce qu’on ne s’aperçoit d’aucune des petites privations qu’elle impose; c’est un vrai paradis sur terre.

Lettre à Henri Tempier, le 1er novembre 1830, EO VII n 370

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QUAND IL LE FAUT, ON NE DOIT RIEN CRAINDRE MAIS, SANS NECESSITE, ON NE LE DOIT PAS

Pour nous faire une idée des dangers et des vicissitudes qui régnaient en France, Eugène écrit au Père Mille, le supérieur du scolasticat de Billens, à propos de certaines indiscrétions des  étudiants dans leurs lettres.

… On voit bien que vous ne vous êtes pas encore fait une juste idée de la circonspection avec laquelle il faut écrire en temps de révolution. Il serait impossible de laisser passer un certain nombre d’expressions propres à compromettre ceux qui m’écrivent et ceux qui reçoivent les lettres. Ainsi, mes chers enfants, je vous prie de vous contenter désormais de faire donner de vos nouvelles à vos parents par M. Tempier. La chose est trop importante pour la livrer à votre inexpérience.
Mazet par exemple ne se doutait pas qu’il commettait une souveraine imprudence en racontant que Mgr l’Évêque de Nancy [Ed. Charles  Forbin Janson] était venu vous visiter dès qu’il était arrivé à Fribourg. Il ne savait pas apparemment que ce saint Évêque est proscrit, que sa tête a été mise à prix par les brigands de son diocèse, qu’on épie toutes ses démarches et que tous ceux qui ont des rapports trop intimes avec lui deviennent suspects.
Quand il le faut, on ne doit rien craindre mais, sans nécessité, on ne le doit pas. D’autres, en s’adressant à quelques-uns de nos Pères, les appellent par leur vrai nom, d’autres encore s’expriment sans plus de gêne sur ce qui se pratique à Billens; enfin, malgré mes recommandations, vous avez plus ou moins commis tous quelque imprudence.

Lettre à Jean-Baptiste Mille aux scolastiques, le 17 novembre 1830, EO VII n 371

Temps d’incertitudes : Un appel à nous, aujourd’hui, de bien vouloir penser aux nombreux membres de la famille Mazenodienne qui se trouvent actuellement dans des situations dangereuses dans leurs pays.    Je vous invite à prier pour eux

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IL NE ME RESTE QU’A DESIRER QU’ON S’Y SOIT PARTOUT AUSSI BIEN PREPARE ET QU’ON S’Y SOIT PRESENTE D’AUSSI BON CŒUR…

il ne me reste qu’à désirer qu’on s’y soit partout aussi bien préparé et qu’on s’y soit présenté d’aussi bon cœur…

Dans la joie de ce jour d’engagement et de renouvellement de leurs vœux par les étudiants Oblats en Suisse, Eugène se préoccupe des Oblats en France qui sont en danger à cause de la révolution de Juillet.

Cependant nous nous sommes entretenus de notre position, nous avons parlé au Seigneur de nos frères absents pour lesquels, par mon ordre, on prie pour eux tous les jours aux litanies qui suivent l’examen. N’importe, ce souvenir même rendait la cérémonie plus touchante, et il ne me reste qu’à désirer qu’on s’y soit partout aussi bien préparé et qu’on s’y soit présenté d’aussi bon cœur…

Quels que soient les dangers auxquels ils faisaient face, Il voulait qu’ils soient bien préparés spirituellement et renforcis par les grâces de leurs propre vocation et oblation.

Il fait alors référence à la destruction des croix de mission en France et à la demande des autorités de les faire disparaitre.

…Je vous ai fait connaître depuis longtemps mon sentiment sur les croix; plutôt mourir que de contribuer à cette apostasie.

Lettre à Henri Tempier, le 1er novembre 1830, EO VII n 370

Que ce soit un bon conseil pour nous aussi aujourd’hui, dans l’incertitude de certaines circonstances. Que notre spiritualité Oblate soit notre phare et notre force.

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TANT LA PRESENCE DE NOTRE DIEU SAUVEUR EST SENSIBLE A TOUS LES CŒURS

Depuis 1818, la coutume des Oblates était de faire leur retraite annuelle à la fin d’octobre et de la conclure par le renouvellement symbolique de leur oblation le 1er novembre. C’est exactement ce que fit Eugène à Billens avec ses jeunes étudiants, à l’exception que là, les apprentis allaient renouveler leurs vœux, ce pourquoi Eugène les qualifie d’anges lors de ce jour important. À l’occasion du renouvellement de leur «Oui» à Dieu, Eugène montre combien, tangible dans leurs rangs, était leur expérience de la présence de Dieu.

Comme c’était jour de célébration pour tous les Oblats, quel que soit l’endroit où ils soient, Eugène prit un temps d’écrire à Henri Tempier pour lui partager le bienfait de cette fête.

Je n’avancerai pas beaucoup ma lettre aujourd’hui, mon très cher ami, je ne puis y employer que le temps du souper de la famille, qui est même un peu avancé, mais il m’en coûterait trop de ne pas m’entretenir quelques instants avec vous dans un si beau jour où nos anges ont été si fervents et ont couronné leur sainte retraite par des actes si touchants, surtout dans les circonstances présentes.
Je vous tenais pour présent dans cette charmante petite chapelle, où, dès six heures du matin, après notre heure d’oraison, nous avons commencé ce ravissant exercice qui nous transporte dans le ciel, ou du moins qui rapproche tellement le ciel de nous qu’on croit s’y trouver, tant la présence de notre Dieu Sauveur est sensible à tous les cœurs. Les larmes qui coulaient de tous les yeux attestaient les sentiments dont on était animé et le bonheur surnaturel qu’on éprouvait…

Lettre à Henri Tempier, le 1er novembre 1830, EO VII n 370

Nombreux sont les membres de la famille Mazenodienne qui renouent leurs engagements chaque année — que ce soit pour eux une occasion de vivre et de ressentir la présence de l’amour bien tangible de notre Sauveur.

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QUAND LA POPULATION ENTIÈRE AU MILIEU DE LAQUELLE ON VIT NE FAIT PAS USAGE D’UNE CHOSE, IL SERAIT IMPARDONNABLE DE LA REGRETTER

Nous avons suivi les misères d’Eugène pendant les nombreux mois de sa grave maladie, de sa lente convalescence et de ses soucis concernant les bouleversements politiques et antireligieux. Nous avons vu aussi sa frustration de s’être trouvé loin de sa famille Oblate et de ses proches du diocèse de Marseille. Maintenant que le soleil brillait de nouveau  avec l’arrivée de ses jeunes Oblats, Eugène savourait chaque minute de son temps avec sa famille.

Je suis encore dans le ravissement, mon très cher ami, du bonheur dont j’ai joui pendant les neuf jours que j’ai passés au sein de la famille de Billens. J’étais privé depuis si longtemps de vivre ainsi avec tous ces anges, que j’en ai senti davantage le prix. Ma présence leur était fort agréable, ils ne se lassaient pas de me le témoigner; je pense aussi qu’elle leur était utile sous plusieurs rapports, ne fût-ce que pour les accoutumer par mon exemple à quelques privations indispensables, qui sont d’ailleurs bien rachetées par tous tes avantages qui se rencontrent dans cet agréable séjour.

Alors, comme vrai Provençal français, où le pain et le vin était leur diète quotidienne, il commente la difficulté de s’accoutumer à la nourriture en Suisse!

Le pain est fait de méteil [mélange de blé et de seigle], mais il est bon; c’est énorme ce qu’on en mange. Les gens du pays, qui en mangent très peu parce qu’il est cher, et que les pommes de terre, qui sont excellentes, y suppléent, n’en reviennent pas. Figurez-vous que j’ai été obligé de faire pétrir deux fois dans un jour. Le vin est très mauvais dans ce pays-ci et très cher; aussi les paysans n’en boivent point; ils ne s’en trouvent que mieux. La privation n’en est pas sentie; elle est d’ailleurs trop conforme à la pauvreté pour qu’on se permît de la regretter. Quand la population entière au milieu de laquelle on vit ne fait pas usage d’une chose, il serait impardonnable de la regretter. À Billens, l’eau est de première qualité; tout le monde la trouve bonne et s’en contente; on mange tous les jours une copieuse et très bonne soupe à déjeuner, c’est l’usage du pays; on en fait autant le soir. 

Lettre à Henri Tempier, le 24 octobre 1830, EO VII n 367

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J’AI LIEU DE CROIRE QUE DIEU NOTRE MAITRE A BIEN VOULU ACCUEILLIR NOS HUMBLES HOMMAGES ET AGRÉER NOTRE ABANDON ET DE NOTRE CONFIANCE

Nous partageons la joie de ce père de famille à l’arrivée saine et sauve de ses quatorze jeunes scolastiques à Billens.

Je m’étais rendu, à Billens avant-hier, pour y préparer les lits de nos étudiants. Quelques précautions que nous eussions prises, il a fallu qu’hier, à leur arrivée, ils couchassent tous par terre, sur les paillasses que j’avais fait faire pour être placées sur des lits qui ne sont pas faits. Les ouvriers, dans ce pays-ci, le prennent à l’aise. Cela n’a pas empêché que l’on ne dormît bien.

Les jeunes hommes arrivèrent sans encombre en Suisse pour y poursuivre leurs études et leur formation afin de devenir des missionnaires Oblats. Leur premier acte formel, dans leur nouvelle demeure, fut de placer Jésus, leur Divin Maître, au centre de toute chose. Ils offrirent avec confiance leur vie à leur Sauveur.

Ce matin j’ai béni la maison et la chapelle, où j’ai placé le saint sacrement. La dévotion m’a paru à son comble, et nous avons fait la bienvenue à Notre Seigneur du meilleur de nos cœurs. J’ai lieu de croire que ce bon Maître a bien voulu accueillir nos humbles hommages et agréer notre abandon et notre confiance. Pour mon compte, j’ai été rempli de consolation, et comme je me reconnais le plus indigne de tous, j’en conclus qu’ils auront eu leur part de bonheur dans cette mémorable journée.
Nous nous sommes mis sous la protection spéciale de notre bonne Mère, de saint Joseph, de saint Cannât et de sainte Thérèse. Après une petite instruction analogue à la circonstance, j’ai dit la sainte messe; tous ont communié avec piété. Nous avons eu ensuite la bénédiction du très saint sacrement.    

Lettre à Henri Tempier, le 15 octobre 1830, EO VII n 366

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ASSURER LA SAUVEGARDE DE LA FAMILLE OBLATE À VENIR

L’achat de la grande maison de Billens en Suisse a été conclu.

Eugène, pour s’assurer de la protection des jeunes membres de sa communauté Oblate, invoque la protection de plusieurs saints auxquels il s’était associé.

C’est aujourd’hui que j’entre en possession de Billens; j’y suis allé avant-hier avec ma mère qui y est restée pour disposer mille choses. Je voudrais qu’on pût s’y établir le 15, jour de sainte Thérèse et de saint Cannât. Ayant passé le contrat le jour de saint Défendant, patron ou du moins saint du diocèse de Marseille, je serais bien aise d’entrer dans la maison le jour où on célébrera la fête d’un autre patron de Marseille. Il y a beaucoup de choses à faire, mais, pour le coup, on couchera sur des paillasses; les bois de lit de sapin ne me coûtent que dix francs; ils sont petits, mais très jolis….

Lettre à Henri Tempier, le 10 octobre 1830, EO VII n 365

Rey, d’autre part, décrit les précautions qu’Eugène prend en France pour assurer la protection de ses jeunes religieux :

Avant d’avoir signé le contrat d’achat, le P. de Mazenod, secondé par le P. Tempier, avait réglé le nombre des scolastiques qui devaient quitter Marseille et venir à Fribourg: le Supérieur du Grand Séminaire leur offrait une généreuse hospitalité en attendant que l’appropriation du château de Billens fut terminée, La première bande quitta Marseille le 8 septembre, jour de la Nativité de la Très Sainte Vierge, Deux autres la suivirent à deux jours d’intervalle. Tous passèrent à N.-D. du Laus où le P. Guibert les attendait et se rendirent par des voies différentes à leur destination. La prudence exigeait des précautions afin de ne pas attirer l’attention des villes que les voyageurs avaient à traverser.… Ce fut un moment de bonheur bien profond pour le P. de Mazenod lorsqu’il se vit entouré des quatorze jeunes scolastiques qui représentaient l’avenir de sa famille religieuse.   REY I p. 493

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LA CRAINTE DU RELATIVISME

Félicité de Lamennais était un prêtre qu’Eugène admirait particulièrement pour ses idéaux et ses écrits. Durant ces événements antireligieux, celui-ci commença à exprimer l’idée que le lien séculaire entre l’Église et l’État devait être rompu. Eugène, considérant l’Église de ses yeux et de ses principes royalistes, montra alors son ferme désagrément.

(Cf. http://www.omiworld.org/fr/dictionary/dictionnaire-historique_vol-1_l/265/lamennais-f-licit-de/ )

… Si les doctrines de M. de Lamennais sont les mêmes que celles avouées par ses disciples, je l’abandonne entièrement. Je suis révolté de la marche du Mémorial et de la Revue. Dans quels principes veulent-ils entraîner les catholiques? Dès que notre abonnement sera fini, cessez de le renouveler…
Grand Dieu! Dans quelles aberrations l’esprit humain se jette à force de vouloir subtiliser les théories les plus contraires! On finira par ne plus s’entendre.

Lettre à Henri Tempier, le 13 septembre 1830, EO VII n 363

Plusieurs jeunes oblats appartenaient à cette même école de pensée que Lamennais.

…Quand notre abonnement au Mémorial et à l’Avenir sera fini, je ne veux pas qu’on le renouvelle. Écrivez-le à Notre-Dame du Laus et à Aix. Je ne suis pas d’humeur à payer si cher les extravagances de l’école de M. de Lamennais, et je serais inconsolable que quelqu’un des nôtres donnât dans ces billevesées

En même temps qu’il désapprouvait ses idées, Eugène admirait les talents de cet homme.

… C’est grande pitié de voir un homme de ce génie perdre son temps à faire des articles de journaux pour établir un système ridicule qui suppose que les catholiques sont une puissance en France, tandis qu’ils ne sont pas même un parti, qui pousse des hommes avides, qui ne demandent pas mieux, à dépouiller le clergé de son modique traitement, propriété très légitime, puisqu’elle n’est qu’une faible compensation des biens immenses qu’on lui a enlevés, sous prétexte de le rendre plus indépendant, tandis qu’il serait plus dépendant que jamais, qu’il n’aurait pas de pain et que personne ne lui en donnerait. Il y aurait trop à dire. Que ne s’occupe-t-il de terminer des ouvrages que l’Europe attend avec une juste impatience. C’était là la vocation de ce grand homme, il n’y a pas répondu.

Lettre à Henri Tempier, le 26 octobre 1830, EO VII n 368

« La dictature du relativisme ne reconnait rien d’absolu et nous laisse comme ultime mesure la seule mesure de nous-même et de nos désirs… Nous avons cependant une toute autre mesure : Le Fils de Dieu, l’homme vrai»     S.S le Pape Benoît XVI

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DESTRUCTION DES CROIX DE MISSION

Le sentiment antireligieux qui avait explosé durant la révolution de juillet a incité certaines têtes brulées à détruire les croix publiques qui avaient été érigées dans les villes où des missions oblates avaient été prêchées les années précédentes.

Ces missions se terminaient toujours par l’érection d’une croix à un endroit privilégié pour remémorer la tenue de la mission. (Cf. http://www.eugenedemazenod.net/fra/?p=616  et http://www.eugenedemazenod.net/fra/?p=618).

Certaines de ces croix contenaient des signes propres à la dynastie des Bourbons – et dans bien des cas, c’était cette coopération entre «le Trône et l’Église» à laquelle les protestataires s’objectaient.

Oh! Comme j’ai été occupé ce matin, à la messe, de toutes les profanations qui ont été faites à la croix de notre divin Sauveur. Les cheveux se dressent sur la tête au récit de ces infamies. C’est plus fort que dans l’autre révolution. Dieu veuille que cela n’attire pas une semblable malédiction sur notre malheureuse patrie!

Quelques personnes en autorité, y inclus dans la ville de Marseille, avaient demandé aux prêtres d’enlever ces croix et de les cacher pour empêcher de les voir détruites lors de protestations violentes. Eugène en avait gros sur le cœur à ce sujet :

Quant à moi, je croirais me rendre complice de cette sorte d’apostasie si je consentais, comme on l’a fait en plusieurs lieux, à déplacer le signe adorable de notre rédemption. Les catholiques conséquents dans leurs croyances ont eu le droit d’élever cette croix digne objet de leur adoration, personne n’a le droit de le leur enlever. Dans mon sens, il y a un plus grand scandale dans ce compromis bénévole entre l’autorité civile et l’autorité religieuse, qui fait clandestinement disparaître l’image de Jésus-Christ du milieu de son peuple, que dans la profanation opérée par une horde de malfaiteurs qui la mettent en pièces. Je doute qu’on ait le courage de proposer à Marseille cette confiscation odieuse, mais je ne jurerais pas qu’il en fût autrement à Aix.   

Lettre à Henri Tempier, le 13 septembre 1830, EO VII n 363

En fait les autorités municipales avaient fait cette demande à Mgr Fortuné [Mazenod] à Marseille. Il avait refusé de s’y soumettre et la population locale des pêcheurs et des ouvriers du port protégèrent l’immense croix de mission quand on essaya de la démanteler. Elle resta en place et elle continue encore aujourd’hui à trôner sur le Calvaire.

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UNE JOURNÉE PASSÉE DANS CETTE DISPOSITION NOUS PROCURE PLUS DE MÉRITE AU CIEL QUE DES ANNÉES PASSÉES DANS LA JOIE ET LA PROSPÉRITÉ

Je parle souvent du ministère d’Eugène comme celui d’amener les autres à son expérience du Sauveur. Nous avons encore un autre exemple. Il partage avec le P. Tempier, la force spirituelle et la consolation que sa relation avec le Seigneur lui donne.

Avant de vous parler d’affaires, je vous encouragerai dans vos peines et tous les embarras où vous jettent les événements présents et les hommes avec lesquels vous avez affaire. C’est précisément dans des circonstances pareilles que l’on doit donner tout l’essor dont l’âme est susceptible, la soutenir dans une constante énergie, multipliant les ressorts de toutes nos facultés intellectuelles pour ne jamais nous laisser abattre par l’adversité ni surmonter par les obstacles et les difficultés.
Je sais que notre ministère de paix présente souvent des difficultés pénibles parce qu’il se rattache à tous les devoirs de conscience, mais Dieu nous communiquera les lumières de son esprit si nous l’invoquons avec confiance.

De toutes les difficultés qu’Eugène a subi dans le passé, et de ses souffrances présentes, il est capable d’encourager le P. Tempier en le dirigeant vers la source de sa force.

Après tout, les tribulations sont dans l’ordre de la Providence et un moyen de sanctification pour les élus. Bien loin de consentir à ces ennuis de la vie qui se présentent au milieu des chagrins de l’adversité, c’est alors qu’il faut vouloir vivre pour être plus conformes à notre divin modèle et servir son Église avec un plus pariait désintéressement. Un jour passé dans ces dispositions nous vaut plus de mérites pour le ciel que des années de bonheur et de prospérité. Je vous communique avec simplicité les pensées qui me sont les plus familières dans ta triste position où je me trouve moi-même. Elles sont vraies, ne nous tirons pas de là.

Lettre au P. Tempier, 2 septembre 1830, EO VII n 362

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