LES VOTANTS DOIVENT ÉCOUTER LEUR CONSCIENCE

Nous vous y exhortons tous, persuadé que ce grand acte de votre vie sociale vous l’accomplirez sous l’œil du Seigneur, avec esprit de devoir er d’après les impulsions d’une conscience souverainement dominée par un amour fraternel des uns pour les autres, sans aucune exception.

Mandement de Monseigneur l’Evêque de Marseille, à l’occasion des élections générales et de la prochaine ouverture de l’Assemblée Nationale, 20 mars 1848

L’évêque Eugène n’a suggéré aucun candidat pour lequel voter ; le choix relève de la conscience personnelle. Mais ce qui éclaire et guide la conscience, c’est l’appel à la charité.

RÉFLEXION

« Le vote est l’instrument le plus puissant jamais conçu par l’homme pour briser l’injustice et détruire les terribles murs qui emprisonnent les hommes parce qu’ils sont différents des autres hommes. » (Lyndon B. Johnson)

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LA PRIÈRE DOIT SE TRANSFORMER EN ACTION CIVIQUE DANS LES URNES

Vous vous efforcerez donc, nos très chers frères, de faire au ciel une sainte violence par vos supplications les plus ferventes, mais vous ne vous bornerez pas à vous réunir dans un sentiment de piété et de confiance au pied des autels, vous voudriez aussi ne pas négliger les obligations d’un autre genre qui vous sont imposées au nom de la France ; vous exercerez l’action légale qui vous appartient, et vous irez déposer votre vote dans l’urne, d’où humainement doit sortir le salut de la patrie.

Mandement de Monseigneur l’Evêque de Marseille, à l’occasion des élections générales et de la prochaine ouverture de l’Assemblée Nationale, 20 mars 1848

RÉFLEXION

« Une part de la souveraineté de l’État, qui est exercée par l’ensemble des citoyens, en votant aux élections, est l’un des droits les plus importants du sujet et, dans une république, devrait être au premier rang dans l’estimation de la loi. » (Thomas Jefferson)

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QUE LA JUSTICE INSPIRE

Daigne accorder le Seigneur à son Eglise que la justice inspire toutes les résolutions dont elle sera l’objet ! Alors, dans son contact avec les institutions nouvelles, ou soit dans son attitude confiante à leur égard, elle pourra leur communiquer quelque chose de cette vertu vitale qui sort de son sein. Alors, ce qui est malade dans la société sera guéri, et la sanction divine sera accordée à ce qui doit durer. Alors, mais alors seulement, le regard de Dieu se reposera avec complaisance sur l’ouvrage de sa miséricorde comme autrefois quand il vit que l’ouvrage de sa parole créatrice était bon, « Dieu vit que cela était bon»,(Gen 1:10) et la bénédiction céleste descendra puissante et continuelle pour faire régner parmi nous la paix dans la force, ainsi que l’abondance des biens sous la protection de nos lois : « Que la paix soit dans tes murs, Et la tranquillité dans tes palais!(Ed Psalm 122:7)» !

Mandement de Monseigneur l’Evêque de Marseille, à l’occasion des élections générales et de la prochaine ouverture de l’Assemblée Nationale, 20 mars 1848

RÉFLEXION

Dans un monde qui pourrait dire qu’un vote ne compte pas… il compte parce que chaque personne a une valeur infinie aux yeux de Dieu… Votre vote est une déclaration d’importance en tant que personne et en tant que citoyen. » (J. Dobson)

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PRIE POUR QUE L’ESPRIT SAINT GUIDE LES PERSONNES CHOISIES POUR REPRÉSENTER LA NATION

Eugène a vu le cours positif des événements qui se déroulent en France comme contribuant à une participation au plan de salut de Dieu pour tous.

Mais ces plans divins, pour que la main toute-puissante qui les a tracés de toute éternité, les déroule sous nos yeux et en assure la réalisation parfaite, il faut que nous obtenions que « l’Esprit créateur qui est envoyé d’En-Haut et opère ici-bas comme une seconde création », qui au jour des Apôtre « a renouvelé la face de la terre » (Ps 103-104,30), se répande sur les hommes élus pour représenter la nation et leur donne la sagesse et la force dont il est la source.

Mandement de Monseigneur l’Evêque de Marseille, à l’occasion des élections générales et de la prochaine ouverture de l’Assemblée Nationale, 20 mars 1848

RÉFLEXION

« Es-tu un politicien qui demande ce que ton pays peut faire pour toi ou un zélé qui demande ce que tu peux faire pour ton pays ? Si vous êtes le premier, alors vous êtes un parasite ; si vous êtes le second, alors vous êtes une oasis dans le désert. » (Khalil Gibran)

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LES POLITICIENS SONT APPELÉS À ÊTRE LES COOPÉRATEURS DE DIEU

L’Assemblée nationale construirait une nouvelle constitution, qu’Eugène dépeint comme un bâtiment invisible englobant tous les citoyens de France. Ses bâtisseurs et protecteurs seront les hommes politiques de l’Assemblée nationale.  Il a invité les Marseillais à voir le rôle de Dieu dans ce processus de construction.

Un nouvel édifice doit s’élever qui couvrira sous son toit, comme une même famille, les enfants de France, pourrions-nous ne pas demander au Seigneur « d’édifier lui-même cette maison que les hommes en vain édifieraient sans lui » (Ps 126-127,1) ? Une nouvelle cité doit être construite, dont nous serons les habitants, n’est-il pas nécessaire qu’après avoir inspiré et fait agir les constructeurs, « il garde lui-même cette cité sur laquelle sans lui veilleraient en vain ceux qui la garderont » (Ps 126 -127,2).

Oui, nos très chers frères, ceux qui seront envoyés pour travailler à la constitution de la France sont appelés à devenir, s’ils remplissent fidèlement et saintement leur mandat, les coopérateurs même d’une Providence miséricordieuse, les instruments visibles de son action invisible. Ils seront véritablement alors « les ministres de Dieu pour le bien » (Rm 13,1). Quelle importante mission ! Et combien ne sommes-nous pas intéressés à ce qu’ils s’y dévouent sans réserve, animés du zèle le plus pur et le plus généreux pour la patrie ? Puissent-ils remplir heureusement cette mission glorieuse, selon les plans de l’amour de « notre Père qui est dans le cieux » (Mt 6,9) !

Mandement de Monseigneur l’Evêque de Marseille, à l’occasion des élections générales et de la prochaine ouverture de l’Assemblée Nationale, 20 mars 1848

RÉFLEXION

« Que chaque citoyen se souvienne au moment où il offre son vote […] qu’il exécute l’une des confiances les plus solennelles de la société humaine, pour laquelle il est responsable devant Dieu et son pays. » (Samuel Adams)

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LA NOUVELLE SITUATION POLITIQUE EXIGE LA DIRECTION DIVINE

Le nouveau gouvernement provisoire en France a décidé d’établir une assemblée constituante qui gouvernerait la nouvelle République de la France. Il fut décidé que les membres seraient élus par un vote universel auquel tous les hommes de France étaient invités à participer. Pour la première fois, tous les hommes, aussi pauvres et insignifiants soient-ils, allaient pouvoir participer à un privilège qui, auparavant, n’était réservé qu’à la classe riche et privilégiée.

L’évêque Eugène écrit une lettre pastorale aux Marseillais, soulignant leur responsabilité de voter – mais qu’ils doivent demander à Dieu de les guider dans ce processus.

Au milieu des graves préoccupations qui agitent les esprits, le Chrétien, aujourd’hui, sent au plus haut degré le besoin de l’assistance du Ciel. Il y a dans les âmes religieuses comme une invocation indélibérée à la divine Providence, elle qui rend féconds ou impuissants les conseils de l’homme, qui fait naître et conduit à ses fins tous les événements les plus vastes comme les plus petits, les plus probables comme les plus imprévus.

Certes, jamais une circonstance plus solennelle ne se produisit où il fût nécessaire d’invoquer avec plus d’ardeurs le secours du Tout-Puissant. Les destinées de notre nation sont entre nos mains, mais « Dieu nous tient nous-mêmes dans les siennes » (Ps 30-31,16). Comment ne le supplierons-nous pas de soutenir, de nous diriger, de faire heureusement réussir pour le bien de tous le grand et difficile ouvrage que va s’opérer ?

Mandement de Monseigneur l’Evêque de Marseille, à l’occasion des élections générales et de la prochaine ouverture de l’Assemblée Nationale, 20 mars 1848

RÉFLEXION

J’exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. 3 Cela est bon et agréable devant Dieu notre Sauveur.

1 Timothée 2:1-3

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AGAPES FRATERNELLES, PRENANT SYMBOLE DE LA CHARITÉ ET DE L’UNION QUI DOIVENT RÉGNER DANS TOUS LES COEURS POUR LE BONHEUR E T LA GLOIRE DE LA NATION ET LA PROSPÉRITÉ DE LA RÉPUBLIQUE

La nouvelle République semble être de bon augure pour l’Église. Eugène a noté dans son journal :

Il paraît que l’on s’est dit, dans cette révolution, de rendre hommage à la religion et à ses ministres; c’est une raison pour se prêter à certaines exigences qui présentent un bon côté, quelque étranges qu’elles paraissent d’autre part.

Journal d’Eugène de Mazenod, 15 avril 1848, EO XXI

L’une des demandes était que l’évêque assiste à un repas en plein air pour les habitants de Marseille afin de célébrer la République

Je suis donc allé à cette immense réunion. A peine suis-je entré dans l’enceinte que des milliers de voix se sont élevées en criant: “Vive monseigneur! Vive la religion!” Partout sur mon passage ces cris étaient répétés, et ils m’ont accompagné jusqu’à la place qu’on m’avait préparée…

Il y a eu beaucoup de discours, et Eugène a choisi de ne pas en prononcer un, mais il a écrit :

 Je n’aurais dit que quelques mots: à peu près ceux-ci: “C’est avec bonheur que je me suis rendu à l’aimable invitation qui m’a été faite de me trouver au milieu de vous dans cette fête de famille. Il est consolant pour un père de s’asseoir à la table de ses enfants, surtout lorsqu’il voit à ses côtés ce jeune et intelligent commissaire du gouvernement qui a su conquérir les sympathies, l’estime et l’affection de toute notre population, et ces magistrats réunis ici, ceux auxquels la cité doit tant de reconnaissance, et cette garde nationale si admirable de dévouement et ces soldats, honneur de la patrie, etc.” Je voulais considérer mon allocution comme une espèce de bénédiction de la table dans ce sens que j’aurais pu ajouter: “Mes frères bien-aimés, afin que dans ce jour solennel personne ne soit exposé à enfreindre les saintes lois de l’Eglise, j’accorde à tous les chrétiens assis à ce banquet (il y avait pour chacun une portion composée d’une tranche de jambon et d’une tranche de saucisson, un pain et une bouteille de vin) la dispense de l’abstinence quadragésimale (dimanche des Rameaux). Et je prie le Dieu Tout-Puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, de répandre ses bénédictions sur ces agapes fraternelles, prenant symbole de la charité et de l’union qui doivent régner dans tous les coeurs pour le bonheur e t la gloire de la nation et la prospérité de la République.”

Journal d’Eugène de Mazenod, 16 avril 1848, EO XXI

RÉFLEXION

« L’espoir n’est pas la conviction que quelque chose va bien se passer, mais la certitude que quelque chose a du sens, indépendamment de la façon dont cela se passe. » (Vaclav Havel)

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CERTES IL NE FAUDRAIT RIEN MOINS QUE LES BAYONNETTES POUR ME FAIRE FAIRE UN PAS EN ARRIÈRE. NOTRE PLACE EST AU MILIEU DE NOS OUAILLES

2 mars. Ici tout est calme. J’ai pu continuer mes fonctions en traversant la ville sans le moindre inconvénient.

Hier le Commissaire du Gouvernement provisoire est venu pour proclamer la République et régler les affaires dans ce département. Ce matin il est venu me voir pour me faire le premier sa visite. Il m’a prié d’ordonner un service pour les victimes de ces nouvelles journées, ce que je n’ai pas eu de peine à lui accorder.

Notre population a été admirable dans cette délicate circonstance. Tu aurais été touché de l’intérêt que l’on m’a témoigné. L’autre jour je fus dans le cas de traverser à pied tous nos vieux quartiers pour aller donner la confirmation à un malade. Eh bien on s’appelait pour me voir passer et me demander ma bénédiction. Je vis sur toutes ces figures l’affection filiale, une sorte de joie qui m’a fait croire qu’ils s’étaient persuadés que j’avais pu être compromis dans ces affaires, ou que je m’étais retiré. Certes il ne faudrait rien moins que les bayonnettes pour me faire faire un pas en arrière. Notre place est au milieu de nos ouailles.

Lettre au père Hippolyte Courtès à Limoges, France, 2 mars 1848, EO X n 968.

J’ai rendu la visite à monsieur le commissaire du gouvernement qui m’a reçu avec les démonstrations les plus respectueuses. Il a paru très satisfait de ma démarche, ainsi que monsieur son père, présent à notre entrevue. A les entendre, le gouverment veut respecter la religion, et ils m’ont assuré qu’ils étaient disposés à me seconder en tout ce qui dépendrait d’eux.

Journal d’Eugène de Mazenod, 3 mars 1848, EO XXI

RÉFLEXION

« Il est nécessaire de guérir les blessures du passé si vous voulez construire votre pays et avoir de l’unité. Je travaille avec des gens qui m’ont combattu très âprement avant les élections. Il était de ma responsabilité, en tant qu’homme qui dirige le parti majoritaire, de guérir les blessures du passé et de travailler avec des gens qui étaient mes adversaires. »  (Nelson Mandela)

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1848 : L’AUBE DE LA RÉPUBLIQUE À MARSEILLE

Eugène avait vécu deux révolutions violentes en France (1789 et 1830) et il était compréhensible que la population ait peur que cette révolution, qui avait instauré une République, tourne elle aussi à la violence.

Notre excellente population s’est levée pour ainsi dire en masse pour réprimer le désordre qu’une bande soudoyée ou avide de pillage voulait opérer à l’ombre de la République. Dans la dernière nuit ils s’étaient rués sur la maison du maire dont ils ont cassé toutes les vitres et abîmé la façade; ils ont aussi cassé toutes les vitres du palais de justice et toutes celles de l’hôtel de ville et un grand nombre de réverbères. Mais les honnêtes gens ayant formé une garde nationale, on a comprimé ces gens mal intentionnés. La nuit du samedi au dimanche 28, ils ont été forcés de se contenter de parcourir la ville en chantant la Marseillaise. Cette fois ils ont passé par la rue de l’évêché, mais ils n’ont fait aucune démonstration devant le palais épiscopal. Je n’ai pas quitté ma demeure quelque instance qu’on ait pu me faire. Je suis allé à l’église de la cathédrale (c’était le dimanche de la Sexagésime) et tout à l’heure je vais administrer le sacrement de confirmation à un malade, sans la moindre appréhension.

RÉFLEXION

Plus tard, la réflexion d’Eugène sur ces événements a consisté à poursuivre ses tâches quotidiennes

Je reviens d’administrer le sacrement de confirmation à mon malade. J’ai été touché du témoignage d’intérêt que l’on m’a témoigné dans toutes les rues que j’ai traversées. On s’appelait pour me voir passer et l’on me demandait ma bénédiction avec une expression qui m’a fait penser que ces braves gens avaient pu croire que j’avais été inquiété dans les événements.

Journal d’Eugène de Mazenod, 27-28 février 1848, EO XXI

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LA RÉVOLUTION DE 1848

Le 26 février. On m’a dit que cette nuit il y a eu des rassemblements, et qu’une troupe de gens a parcouru les rues en chantant la Marseillaise. Il n’a pas passé une âme dans la rue de l’évêché. Il n’en fut pas ainsi en 1830.

Journal d’Eugène de Mazenod, 25 février 1848, EO XXI

Hubenig explique :

La bourgeoisie riche et largement anticléricale – la même qui a donné tant de difficultés à Eugène de Mazenod et aux premiers Oblats dans leurs missions paroissiales – avait encouragé la Révolution de Juillet de 1830. On comprend alors pourquoi les bouleversements de l’époque ont eu un impact presque aussi fort sur l’Église que sur la monarchie déchue de la Restauration. Après 1830, Louis-Philippe avait tenté d’apaiser les relations avec l’Église, mais sa conciliation fut de courte durée et se dégrada rapidement, à tel point qu’en 1848, la religion s’était ouvertement dissociée du régime politique. Ainsi, lorsque la révolution de 1848 survint, elle ne fut pas anticléricale comme l’avait été la précédente et l’Église traversa la tempête avec un calme relatif. En effet, avec le renversement de Louis-Philippe, une grande partie de l’Église est entrée dans une ère passionnante de catholicisme libéral…

Au début, l’Église s’est même jointe à ce qui semblait être un printemps du peuple français – une rencontre entre l’esprit évangélique et l’esprit de la révolution. Dans les premières semaines, Jésus-Christ et son Évangile ont été la force motrice de la plupart des idéologies. Prêtres et évêques bénissent joyeusement les arbres de la liberté que des citoyens euphoriques plantent.

(Living in the Spirit’s Fire extraits des pages 161 – 169).

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