PAUSE ÉTÉ

En raison des activités de la fin de l’année scolaire à Oblate School of Theology, et des vacances d’été, ce service sera suspendu jusqu’à 13 aout

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Frank Santucci OMI

Chaire Kusenberger d’études oblates
Oblate School of Theology, San Antonio, Texas

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LES MEMBRES VIVANTS DU CHRIST ONT LA PRÉFÉRENCE SUR LES BRIQUES D’UNE ÉGLISE

Suivant l’exemple du roi et de son gouvernement, la municipalité de Marseille était également hostile à l’Église. En 1832, elle supprima l’allocation et les locaux des Frères chrétiens qui dirigeaient une école pour les pauvres. Eugène, en tant que Vicaire général de Marseille, intervient immédiatement pour sauver les Frères.

…J’espère que la quête pour nos écoles sera suffisante. J’avais dix mille francs, il en faudra bien près du double en sus. Le seul loyer de la maison coûtera plus de quatre mille.

Eugène avait collecté de l’argent pour construire une nouvelle église dans une zone où il n’y avait pas de lieu de culte. Cependant, les besoins des élèves qui venaient d’être chassés de leur école étaient plus importants que les briques d’un bâtiment (aussi méritoire que fût le bâtiment d’une église dont on avait tant besoin).

La Providence viendra à notre secours, mais quel croc-en-jambes pour notre église de Saint-Lazare. Quand nous en avons conçu le projet, nous ne nous attendions pas à la mésaventure des Frères . N’importe, le courage ne manque pas, nous les avons fait passer les premiers parce que les membres vivants de Jésus-Christ, qui sont tous ces pauvres enfants abandonnés, devaient avoir la préférence sur le temple même de Jésus-Christ. Ce bon Maître, qui nous inspire et qui juge nos intentions, ne nous abandonnera pas. Je suis engagé pour trente mille francs. Il tomberait plutôt une pluie d’or que d’être trompé dans notre confiance.

A Bruno Guigues, 23 mars 1832, EO VIII n 419

De quelles priorités sommes-nous bombardés chaque jour par nos magazines et nos journaux télévisés? Structures, efficacité, administration harmonieuse, le « politiquement correct « – ou bien répondre aux besoins humains et spirituels des personnes en détresse…?

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L’EVEQUE NE S’EST-IL PAS FAIT L’INSTRUMENT D’UN GOUVERNEMENT ENNEMI DE L’EGLISE ?

La proposition faite au Père Courtès de devenir Vicaire Général d’un évêque nouvellement institué qui avait soutenu un roi hostile à l’Eglise est considéré par Eugène comme une autre conséquence de la Révolution de 1830.

..La proposition que vous a faite Mgr Rey exciterait sans doute ma reconnaissance s’il n’avait en vue que de vous donner un témoignage d’estime. J’y suis un peu moins sensible en considérant sa position et les avantages qu’il espérait retirer de vos services. Vous avez bien compris que ce qu’il vous propose est inacceptable. D’abord à cause de votre santé… Je ne vois pas moins de difficulté pour la partie morale. Mgr Rey est institué par le Souverain Pontife, mais qui ne sait pas que cette institution a été extorquée par la violence? Mgr Rey ne s’est-il pas fait l’instrument d’un Gouvernement ennemi de l’Eglise? S’associer à sa faveur serait aux yeux de tous un aveu formel de complicité. L’idée seule me fait horreur…

A Hippolyte Courtès, 11 mars 1832, EO VIII n 417

La question de la collaboration avec des dirigeants injustes existe depuis des siècles – pas seulement la collaboration active, également le silence face à l’injustice.

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UNE TRAHISON REVOLTANTE

Les effets secondaires de la Révolution de Juillet 1830 ont continué à se faire sentir en 1832. Dans sa lettre au Père Courtès, Eugène en mentionne un.

Le soir même du jour où le consistoire eut lieu, un courrier vint annoncer la prise d’Ancône par les Français . Les détails qu’on nous a donnés font horreur; il faut remonter aux siècles de barbarie pour trouver des exemples d’une aussi lâche trahison ou plutôt d’une perfidie si révoltante.

A Hippolyte Courtès, 11 mars 1832, EO VIII n 417

Yvon Beaudoin explique: “Après 1830, il y eut des troubles révolutionnaires dans toute l’Europe: Belgique, Pologne, Allemagne, Suisse et États Pontificaux. En vue d’aider le Pape, les Autrichiens vinrent occuper les Romagnes au début de l’année 1832. Pour contrebalancer cette intervention, Louis-Philippe fit occuper Ancône, contre la volonté du Souverain Pontife.”

La France avait toujours été considérée comme la « fille aînée de l’Eglise » et Eugène a jugé que cette initiative du roi de France contre le pape était un acte de trahison.

Aujourd’hui, quelle est ma réaction quand je rencontre de l’hostilité à l’égard de de l’Eglise et des valeurs du Royaume de Dieu?

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NOS ACTIONS, NOS SERVICES N’ONT DE PRIX QU’AUTANT QUE NOUS FAISONS CE QUE LE MAITRE DEMANDE DE NOUS

Ce n’est qu’en considérant nos désirs à la lumière de la parole et de la volonté de Dieu que nous aurons la paix et porterons du fruit.

Rien de plus commun, hélas! je le dis en frissonnant que de rencontrer de très grands pécheurs parmi les prédicateurs, les confesseurs et tous ces ministres qui sont livrés aux caprices de leur volonté. Les saints se trouvent parmi les obéissants qui reçoivent modestement leurs missions à d’autres conditions. Au nom de Dieu, exercez-vous dans ces pensées.
Qui que nous soyons, nous sommes des serviteurs inutiles dans la maison du Père de famille. Nos actions, nos services n’ont de prix qu’autant que nous faisons ce que le Maître demande de nous.
Malheur à celui qui dédaignerait les moindres services, parce qu’il se croirait propre aux plus relevés. Son compte serait vite payé. Je dis plus, il aurait bientôt changé de maître: Lucifer pour Jésus-Christ. Croyez-en mon expérience. J’en pourrais citer plus que je n’ai de doigts pour les compter.

A Jean Baptiste Mille, 30 mai 1832, EO VIII n 423

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IL FAUT DE L’ABANDON DANS LE SERVICE DU BON DIEU

Il n’y a aucune activité qui soit trop basse dans notre service du Royaume de Dieu – peu importe que nous nous considérions trop doué ou intellectuel ou important.

Le supérieur ne peut s’astreindre à aucune condition. Il peut avoir besoin d’un sujet pour ouvrir la porte ou pour balayer et le sujet doit être persuadé qu’il est plus agréable à Dieu en ouvrant la porte et en balayant, qu’il ne le serait si, de son chef, il prêchait ou il confessait. Saint Antoine de Padoue passa plusieurs années à la cuisine sans songer à se plaindre.
Il faut de l’abandon dans le service du bon Dieu.

À Jean Baptiste Mille, 30 mai 1832, EO VIII n 423

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RIEN DE PLUS JUSTE QUE DE FAIRE CONNAÎTRE NOS DÉSIRS, CEPENDANT …

Jean Antoine Bernard, 24 ans, terminait sa formation oblate à Billens et avait été ordonné prêtre 5 mois plus tôt. Il semble qu’on lui ait demandé d’exercer un ministère et qu’il ait exprimé ses réserves à son supérieur local. Il semble que le supérieur local, le père Mille, lui-même jeune et inexpérimenté, ne savait pas comment gérer quelqu’un qui ne lui donnait pas «une obéissance aveugle». Eugene répondit:

Les observations du p. Bernard ne m’ont pas paru déplacées si elles n’ont pas dépassé les bornes tracées dans votre lettre. Rien de plus juste que de faire connaître son attrait, mais aussi, il est dans l’ordre qu’on s’en rapporte à la sagesse et aux lumières que le bon Dieu donne aux supérieurs.
Ce serait un grand désordre de nourrir un amour tellement exclusif pour une partie du ministère, qu’on ne pût en être détourné, même momentanément, sans en être troublé.

À Jean Baptiste Mille, 30 mai 1832, EO VIII n 423

Eugène soulève la question du discernement de la volonté de Dieu dans le ministère: l’importance de l’interaction entre les désirs personnels de l’individu et la vision globale de la situation que détient le responsable de la communauté. Le discernement ne signifie pas l’obéissance aveugle – mais plutôt contempler ensemble toutes les solutions à la lumière de la Parole de Dieu.

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TU FERAS LA GUERRE A CE TON RICANEUR QUI NE VA PAS A DES HOMMES COMME NOUS

L’un des principaux moyens utilisés par Eugène pour maintenir l’esprit missionnaire parmi les oblats eux était une correspondance régulière avec les supérieurs de la communauté. C’est ainsi qu’il a guidé, encouragé et corrigé la direction générale des communautés. Voici un exemple écrit au Père Courtès, supérieur de la communauté aixoise, dans lequel il évoque les problèmes causés par la fierté d’une communauté.

… Si je ne savais par expérience que les communautés les plus saintes et les plus ferventes ne sont pas exemptes de certaines misères, je m’étonnerais qu’il pût se rencontrer des chocs même passagers d’amour-propre parmi nous. Hélas! c’est la triste condition de cette nature qu’il est si difficile de dompter entièrement. À ce sujet, tu feras bien d’inculquer le respect mutuel que l’on se doit et tu feras la guerre à ce ton ricaneur qui ne va pas à des hommes comme nous…

Eugène donne ensuite des nouvelles des autres communautés de la Congrégation:

…La communauté du Calvaire est excellente, il n’est pas possible de mieux marcher que ne le font ces bons Pères. Billens va toujours à merveille et N.-D. du Laus est aussi en première ligne de régularité. Cette maison est devenue de grande importance. Le p. Guibert est à la hauteur de la place qui, grâce à certain Prélat (éd. L’évêque de Gap avec ses tendances jansénistes), est très difficile.

Lettre à Hippolyte Courtès, 12 juin 1832, EO VIII n 424

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LE DESIR D’UNE MISSION ALGERIENNE

Le 4 juillet 1830, la France avait conquis l’Algérie. Dès qu’Eugène l’apprit, il vit l’opportunité d’une mission au service des plus abandonnés et offrit immédiatement l’envoi d’Oblats Missionnaires dans cette région.

Depuis qu’Alger fut conquis par les armes du bon roi Charles X, je me suis mis à l’œuvre afin de procurer aux catholiques de la colonie les secours de notre religion. Nourrissant en outre dans mon cœur l’espérance de voir un jour beaucoup d’infidèles ouvrir les yeux à la lumière de la foi, j’écrivis à l’Évêque de Marseille, mon oncle , et le priai d’écrire au Premier Ministre d’alors  et au cardinal Grand-Aumônier  en vue d’obtenir aide et protection dans ce but. Ce projet plut beaucoup et on me répondit qu’on pourvoirait au plus tôt à ce point très important en donnant à notre Congrégation les secours et la protection qu’elle demandait.

L’idée avait plu au gouvernement, et alors qu’Eugène s’apprêtait à écrire au pape pour obtenir sa permission, la révolution de Juillet éclata – et ce fut la fin du projet.

Entre temps je m’apprêtais à écrire au Souverain Pontife, notre protecteur toujours magnanime et cher, quand tout à coup s’abattit sur nous la malheureuse révolution. Nous attendîmes alors pour voir ce qui arriverait, si la France maintiendrait ou non sa conquête.

Deux ans plus tard, les besoins sont toujours là – Eugène renouvelle sa proposition d’envoyer des Oblats.

Les nouvelles qui nous parvinrent plus tard nous révélèrent l’insuffisance, pour le nombre de catholiques qui accouraient en ces régions, des secours que pouvaient leur donner quelques prêtres, peu habitués au ministère sacré. C’est alors que se réveilla dans mon cœur le désir d’y pourvoir en offrant de nouveau l’aide de notre Congrégation, non plus cette fois au Gouvernement qui n’a plus le même zèle pour la foi, mais à Rome qui, par droit et par amour, a toujours la sollicitude omnium ecclesiarum .
Quoiqu’il en soit, si Votre Éminence veut donner plus d’ampleur à cette mission, je lui offre de nouveau notre très petite Congrégation

Lettre au Cardinal Pedicini, Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, 10 avril 1832, EO V n 1

Yvon Beaudoin conclut dans une note de bas de page: “Le cardinal Pedicini a pris cette lettre très au sérieux et a écrit au Nonce à Paris à ce sujet. Celui-ci répondit, le 29 juin 1832, que le gouvernement n’accepterait pas les Oblats parce que la Congrégation n’était pas officiellement reconnue, et parce que le Père de Mazenod et ses missionnaires n’étaient pas considérés favorablement.

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FORMATEURS : LA DOUBLE PART QUE VOUS AUREZ À TOUTES LEURS OEUVRES VOUS DÉDOMMAGERA AMPLEMENT DU SACRIFICE QUE VOUS LEUR FAITES

Eugène était tout-à-fait conscient que le bien jeune Père Mille âgé de 25 ans trouvait lourd à porter le fardeau de formateur – comme bien des missionnaires qui sont en formation dans ces instituts.

Une fois pour toutes, dites-vous bien que je ne vous ai pas envoyé en Suisse pour exercer le ministère extérieur, mais pour diriger, instruire et soigner constamment la communauté qui vous est confiée; cela a été répété et expliqué trop souvent pour qu’il puisse y avoir jamais l’ombre du doute sur le parti que vous avez à prendre dans l’occasion. Mettez toute votre application à édifier par votre régularité ceux que vous devez travailler à rendre parfaits.

Viennent ensuite de bons mots d’encouragement à p. Mille :

Ils vous rendront ce que vous aurez fait pour eux lorsque, parvenus au terme de leurs études, ils commenceront à travailler dans la vigne du Père de famille; c’est alors que vous recueillerez ce que vous semez maintenant; la double part que vous aurez à toutes leurs œuvres vous dédommagera amplement du sacrifice que vous leur faites et Dieu vous récompensera précisément pour ce que vous omettez, je dis mieux, pour ce que vous ne faites pas, en vertu de la sainte obéissance qui peut seule donner le prix à toutes vos actions….

Lettre à Jean-Baptiste Mille, le 21 avril 1832, EO VIII n 420

J’ai répété ces mots encore et encore à tous les Oblats chargés de former nos nouveaux membres : vous êtes des missionnaires par la mission qui vous lie à ceux que vous accompagnez sur le trajet de leur formation. Quand ils seront en mission sur le terrain, “alors, vous recueillerez la double part que vous aurez à toutes leurs œuvres et cela vous dédommagera amplement du sacrifice que vous leur faites.”

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