TOUT CE QUE J’EXIGE DANS CES CONJONCTURES PENIBLES ET EMBARRASSANTES, C’EST QUE LE PILOTE COMMANDE DANS LA TEMPETE, C’EST QUE TOUT L’EQUIPAGE OBEISSE

Dans les moments de crise au sein du personnel, Eugène fut forcé de faire des changements et d’assigner des Oblats à différents endroits. Le Père Casimir Aubert, le maître des novices, dut quitter Le Laus et se rendre à Aix. Le voilà maintenant qu’on lui demande de changer de nouveau et cela le contrarie.

La mort inopinée de notre à jamais regrettable P. Pons et la fuite coupable du P. Pachiaudi me mettent dans la nécessité de t’appeler au grand séminaire de Marseille. Dès lors, le noviciat te suivra à Marseille. Ce n’est point par instabilité d’idées que je change ainsi de projet; mais qui peut se cabrer contre les événements les plus imprévus? Qui peut résister à la puissance même de Dieu?

Eugène est le pilote du navire et il doit prendre de sages décisions dans la tempête, il demande au Père Aubert, membre de l’équipage, de correspondre aux plans de la Divine Providence.

La marche de la Providence est un grand mystère pour moi. Notre devoir est de nous soumettre à ce qu’elle peut avoir de rigoureux et de pénible, sans jamais néanmoins nous déconcerter, lors même qu’elle nous jette dans [de] plus grands embarras. Quand nous ne pouvons pas faire route à pleines voiles, il faut louvoyer et faire aller le vaisseau avec quelques voiles seulement, fût-ce même avec la plus petite qu’on hisse en haut du mât et qu’on nomme perroquet. Tout ce que j’exige dans ces conjonctures pénibles et embarrassantes, c’est que le pilote commande dans la tempête, c’est que tout l’équipage obéisse en silence et que l’on m’épargne les réclamations qui ne sont pas de saison dans les cas pressants où chacun doit faire sa manœuvre comme il peut, dans le poste qui lui est assigné.

Lettre à Casimir Aubert, le 26 septembre 1836, EO VIII n 590

Ce contenu a été publié dans Uncategorized. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à TOUT CE QUE J’EXIGE DANS CES CONJONCTURES PENIBLES ET EMBARRASSANTES, C’EST QUE LE PILOTE COMMANDE DANS LA TEMPETE, C’EST QUE TOUT L’EQUIPAGE OBEISSE

  1. Denyse Mostert dit :

    COMMANDER ET OBÉIR…
    Lettre à Casimir Aubert, le 26 septembre 1936

    Le décès du P. Pons conjugué à la fuite « coupable » du P. Pachiaudi a donné lieu à bien des changements dans la Congrégation. D’où mécontentement du P. Casimir Aubert qui doit quitter Le Laus pour Aix puis est ensuite envoyé au grand séminaire où le noviciat le suivra.

    Eugène se justifie : « Ce n’est point par instabilité d’idées que je change ainsi de projet, écrit-il, mais qui peut se cabrer contre les événements les plus imprévus? Qui peut résister à la puissance même de Dieu? » Une fois de plus, il compare la Congrégation à un bateau dont il est lui-même le pilote qui donne ses directives aux hommes dont le premier devoir est l’obéissance envers ce qu’il peut y avoir de rigoureux et pénible.

    Les mots suivants trahissent bien la fatigue du Supérieur. « Tout ce que j’exige dans ces conjonctures pénibles et embarrassantes, écrit-il, c’est que le pilote commande dans la tempête, c’est que tout l’équipage obéisse en silence et que l’on m’épargne les réclamations… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *