LOIN DE VOUS JE MANQUE QUELQUE CHOSE D’ESSENTIELLE À MON EXISTENCE. JE SUIS SEULEMENT QUASI VIVANT

Je ne suis pas content de ma position. Dois-je le dire?

Exilé du diocèse de Marseille, ayant été retiré sa citoyenneté française, constamment dénigré dans le journal antireligieux et les milieux politiques, et maintenant loin des gens qu’il aime et qui sont menacés par l’épidémie de choléra, dire qu’il n’était pas content de sa position sera une sous-estimation.

Les quelques lignes qui suivent dans cette lettre sont un aperçu de la personnalité d’Eugène. À cette période difficulté, il se confie au P. Tempier de qui il est géographiquement séparé. Je manque quelque chose d’essentielle à mon existence. Je suis seulement à moitié vivant.

Rappelons-nous que le P. Tempier a été le premier compagnon d’Eugène à la fondation des missionnaires en 1816. Il a été la personne qui a toute de suite compris le plan de Dieu dans le charisme que Eugène a reçu, et ensemble ils ont travaillé pour amener les oblats au même niveau de compréhension. Le Jeudi Saint 1816 ils ont professé les vœux d’obéissance à Dieu et à chacun pour discerner et faire la volonté de Dieu. Ils étaient des guides spirituels et confesseurs l’un pour l’autre. Ils étaient vraiment « deux-âmes-unies » en Dieu, dans la vocation oblate et dans la mission, et dans l’administration du diocèse de Marseille.

Sur le point de vue de la personnalité, ils étaient différents. Eugène était le leader charismatique impulsif avec un cœur plus grand que le monde. Le P. Tempier était calme, réservé, pratique, et toujours différentiel à la position d’Eugène comme Supérieur Général. Ces deux personnes opposées avaient besoin l’un de l’autre et Eugène n’aurait jamais réalisé tout ce qu’il a réalisé sans le soutien constant et les conseils du P. Tempier

Je ne suis pas content de ma position. Faut-il vous le dire? Quoique vous soyez souvent bien maussade, qu’on ne puisse jamais goûter avec vous le bonheur de cet abandon, de ces entretiens à cœur ouvert, qui font la consolation de deux âmes aussi unies que les nôtres, quoique non pas précisément par votre faute, je le reconnais, mais à raison de votre caractère, vous soyez toujours en demeure envers moi, eh bien! je ne puis pas vivre sans vous. Quand je suis, je ne dis pas séparé, nous le sommes souvent sous le même toit, mais éloigné de vous, il me manque quelque chose d’essentiel à mon existence. Je ne vis qu’à demi et fort tristement.

Lettre au P. Tempier, 1 Août 1835, EO VIII n 530

Ce rare accès au cœur d’Eugène nous permet de comprendre pourquoi il était toujours inspiré par la relation entre Jésus et son ami Lazare et tenaient Jésus et ses disciples bien-aimés comme modèle de la vie oblate.  .

This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.

2 Responses to LOIN DE VOUS JE MANQUE QUELQUE CHOSE D’ESSENTIELLE À MON EXISTENCE. JE SUIS SEULEMENT QUASI VIVANT

  1. Denyse Mostert says:

    Lettre au P. Tempier, 1 Août 1835 :

    « Je ne suis pas content de ma position. Dois-je le dire? », laisse échapper Eugène de Mazenod à son ami Tempier. Il faut se souvenir que le P. Tempier a été un de ses premiers compagnons dans la Congrégation et ne lui a jamais fait défaut.

    Tour de même, ce qu’il a dû en coûter à Eugène d’ouvrir son cœur à cet incomparable ami ! Car, la nature humaine semble faite pour présenter la figure d’un héros plutôt que d’avouer ses déboires.

    Les problèmes du Fondateur sont bien réels. Voici un apatride forcé par le gouvernement de vivre loin de chez lui et de supporter les affirmations mensongères d’un journal révolutionnaire en même temps qu’il craint pour eux une éventuelle attaque du choléra. Dans la vie, « Eugène était le leader charismatique impulsif avec un cœur plus grand que le monde… Le P. Tempier était calme, réservé, pratique, et toujours différent à la position d’Eugène comme Supérieur Général. »

    Dans un besoin de franchise, ce dernier avoue ce qui rend le caractère d’Henri insupportable à ses yeux. Il y est question de « caractère maussade » empêchant de goûter ensemble l’abandon habituel aux grands amis. Ce qui lui fera avouer : « Je ne puis pas vivre sans vous ! » Et encore : « Quand je suis, je ne dis pas séparé, nous le sommes souvent sous le même toit, mais éloigné de vous, il me manque quelque chose d’essentiel à mon existence. Je ne vis qu’à demi et fort tristement. »
    Ne voilà-t-il pas une véritable déclaration d’amour comme il ne s’en exprime pas souvent et qui rend à l’amitié ses lettres de noblesse.

    J’ose me demander : Comment le Fondateur dont on connais l’importance pour l’Oraison a-t-il eu besoin de mots bien humains pour se sentir consolé ? À cela je rétorquerais par un mouvement de l’Esprit saint signifiant qu’un être humain attentif et plein d’Amour peut être lui-même messager du Seigneur. D’où l’importance de mouvements authentiques qui conduisent vers Dieu et un regain de vie. Situation que l’on trouve d’ailleurs dans la vie de Jésus

  2. Denyse Mostert says:

    Correction :
    ” Comment le Fondateur dont on connais l’importance pour l’Oraison a-t-il eu besoin de mots bien humains pour se sentir consolé,,,”

    Lire :
    Comment le Fondateur dont on connaît L’IMPORTANCE QU’IL DONNE À L’ORAISON a-t-il eu besoin de mots bien humains pour se sentir consolé,,,”

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *