JE RESSENS LE BESOIN D’AFFINER MON JUGEMENT A L’AIDE DE LEURS IDEES ET CONSEILS

Eugène n’a jamais pris de décisions importantes pour la Congrégation sans un processus de consultation. En ce qui concerne l’invitation à envoyer des Oblats en Corse, il partage le processus de décision avec le père Guibert, l’un de ses conseillers les plus dignes de confiance. 

Ce n’est pas d’aujourd’hui, mon cher ami, que je gémis sur la nécessité d’être séparé de ceux que la Providence m’a donnés pour conseils dans l’administration de la famille.
Je ne voudrais rien décider sans les entendre tous; je me sens porté à aider mon jugement de leurs lumières et des bons conseils que leur inspire le zèle qu’ils ont pour la prospérité de la famille et le bien de l’Église dans l’exercice du ministère qu’elle embrasse.
Dans ce moment-ci, plus que jamais, j’aurais voulu m’entretenir particulièrement avec vous avant de prendre une décision qui doit avoir les plus grandes conséquences, mais elle ne souffre pas le moindre retard. Je suis obligé de répondre tout de suite, et encore je crains de n’avoir pas le temps de recevoir la lettre qui doit me fixer, non point sur un changement, mais on peut dire sur un véritable bouleversement dans nos maisons.
Jamais je ne pourrai m’expliquer dans une lettre. Comment redire, en effet, ce qui fait depuis six jours le sujet de mes entretiens habituels avec le seul assistant qui se soit trouvé auprès de moi? J’ai tout pesé, tout ruminé; je me suis fait toutes les objections, j’ai considéré tous les inconvénients, et il a fallu conclure qu’il faut passer par-dessus tout et tout sacrifier pour n’avoir pas à nous reprocher de nous être fermé la porte que la Providence nous ouvre.

Lettre à Hippolyte Guibert, 18 octobre 1834, EO VIII n 493

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One Response to JE RESSENS LE BESOIN D’AFFINER MON JUGEMENT A L’AIDE DE LEURS IDEES ET CONSEILS

  1. Denyse Mostert says:

    Eugène de Mazenod est loin de se conduire comme le seul Chef à bord. Dans les décisions importantes, comme d’envoyer des Oblats en Corse, après s’être appuyé sur le Seigneur, il consulte aussi les missionnaires concernés. Pour cette fondation nouvelle, il tient à mettre le P. Guibert, l’un de ses Conseillers, dit-on, les plus dignes de confiance, au courant.

    Il écrit :« Je gémis sur la nécessité d’être séparé de ceux que la Providence m’a donnés pour Conseil dans l’administration de la famille. Je ne voudrais rien décider sans les entendre tous… mais le temps presse. » Il va sans dire que, dans une décision qui va bouleverser la Congrégation, le fondateur ne peut risquer de perdre une fondation si précieuse. « Je ne voudrais rien décider sans les entendre tous; je me sens porté à aider mon jugement de leurs lumières et des bons conseils que leur inspire le zèle qu’ils ont pour la prospérité de la famille et le bien de l’Église dans l’exercice du ministère qu’elle embrasse. »

    En un tel moment plus que jamais, le Supérieur aurait souhaité s’entretenir particulièrement avec ses Conseils avant de prendre une décision qui doit avoir les plus grandes conséquences, mais la situation ne souffre pas le moindre retard…
    Les religieux concernés devront eux aussi faire confiance au Seigneur et à Eugène qui à tant prié et réfléchi sur la situation.

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