UN COUP D’OEIL SUR LA RELATION INTIME D’EUGÈNE AVEC SON SAUVEUR

Avec un cœur alourdi, Eugène remet ses difficultés au Seigneur lors de la célébration eucharistique. Dans cette lettre, il partage avec son confident et confesseur, le P. Tempier, une expérience qu’il a eu de la proximité de Dieu. Le texte est l’un des rares coup d’œil que nous avons où il parle de son relation intime avec Jésus, son Bon Maitre.

Ce matin, avant la communion, j’ai osé parler à ce Bon Maître avec le même abandon que j’aurais pu faire si j’avais eu le bonheur de vivre lorsqu’il passa sur la terre, et que je me fusse trouvé dans les mêmes embarras. Je disais la messe dans une chapelle particulière, je n’étais gêné par la présence de personne. Je lui ai exposé nos besoins, demandé ses lumières et son assistance, et puis je me suis entièrement abandonné à lui, ne voulant absolument autre chose que sa sainte volonté. J’ai communié ensuite dans cette disposition. Dès que j’ai eu pris le Précieux Sang, il m’a été impossible de me défendre d’une telle abondance de consolations intérieures, qu’il m’a fallu, malgré mes efforts pour ne pas trahir devant le Frère servant ce qui se passait dans mon âme, pousser des soupirs et verser une telle quantité de larmes que le corporal et la nappe en ont été imbibés. Aucune pensée pénible ne provoquait cette explosion, au contraire, j’étais bien, j’étais heureux et si je n’étais pas si misérable, je croirais que j’aimais, que j’étais reconnaissant. Cet état a duré assez longtemps, il s’est prolongé pendant mon action de grâces, que je n’ai abrégée que par raison.

Lettre au P. Tempier, 23 août 1830, EO VII n 359

« Que le Seigneur donne à chacun de nous la grâce de ne pas avoir peur de la consolation du Seigneur, d’être ouvert pour le demander, le chercher, parce que c’est une consolation qui nous donnera l’espoir, et qui nous fait ressentir la tendresse de Dieu le Père. » Pape François

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Une réponse à UN COUP D’OEIL SUR LA RELATION INTIME D’EUGÈNE AVEC SON SAUVEUR

  1. Denyse Mostert dit :

    Les tribulations de 1830 ont certes alourdi les pensées d’Eugène de Mazenod. Il souffre de cette Monarchie de Juillet qui semble une fois de plus s’en prendre à l’Église. Il s’inquiète pour Mgr Fortuné, il craint pour les siens et prend mal la maladie qui le réduit à l’impuissance. En voilà assez pour désarçonner un homme. Et, pour bien des gens, se replier sur une affliction qu’on peut croire sans issue.

    On peut certes envisager le découragement qui atteint le fondateur. Mais aussi se réjouir de sa confiance en Dieu. « J’ai osé parler à ce bon Maître, confie-t-il à Henri Tempier, Je lui ai exposé nos besoins, demandé ses lumières et son assistance, et puis je me suis entièrement abandonné à lui, ne voulant absolument autre chose que sa sainte volonté ». Aucune allégresse intempestive. Mais une prière dans laquelle Eugène exprime un réalisme vrai dans bien des cas.

    « J’étais bien, j’étais heureux, écrit-il encore, et si je n’étais pas si misérable, je croirais que j’aimais, que j’étais reconnaissant. » Ne sont-ce pas là propos bien sobres pour décrire les consolations intérieures qu’il va recevoir ?

    J’aime y voir une invitation à la simplicité comme repris dans dans le Livre des Rois 19. « il y a un tremblement de terre, mais le Seigneur n’est pas dans le tremblement de terre ; et après un feu, mais le Seigneur n’est pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d’une brise légère. »

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