LE BONHEUR QU’IL EST INUTILE DE CHERCHER EN DEHORS DE DIEU

Ce texte est presque autobiographique, car il décrit le cheminement personnel d’Eugène avant et après sa conversion. Le vocabulaire qu’il utilise est le même que celui de sa propre conversion comme il décrit son expérience du Vendredi-Saint : sa réalisation que Dieu seul peut satisfaire son cœur.

Ayant invité ses auditeurs à se regarder à travers les yeux de Jésus le Sauveur, il leur demande maintenant à réfléchir sur le but de leur vie et sur les choses pour lesquelles Dieu ne les a pas créé, de manière à s’engager à suivre leur véritable destin. Ici Eugène est en train d’amener d’autres à partager sa propre expérience :

Votre Créateur ne vous avait pas placés sur la terre p[ou]r y amasser des richesses puisqu’au dire de st Bernard ces sortes de biens pèsent à ceux qui les possèdent, blessent ceux qui les aiment, tourmentent ceux qui les perdent: possessa onerant, amata vulnerant, amissa cruciant.
Ni pour les honneurs, la gloire ou la réputation, puisqu’ils sont accompagnés de beaucoup de trouble et d’inquiétude, qu’ils sont surtout accordés à ceux qui les méritent le moins.
Ni pour les plaisirs des sens qui engendrent tant d’amertume et qui sont plus faits pour les bêtes que pour des hommes raisonnables.
Ni même pour la science puisque nous voyons que les démons, malgré la supériorité de leurs connaissances, ne laissent pas d’être misérablement damnés.
Dieu seul était digne de votre âme. Dieu seul pouvait satisfaire votre cœur Et vous, fuyant sans cesse votre bien unique, vous prostituiez ce cœur, qu’il vous donnait capable de l’aimer, à l’avarice, à l’amour des plaisirs; vous courriez à la poursuite des créatures périssables qui toutes à leur manière vous détournaient de votre fin en vous promettant le bonheur qu’il est inutile de chercher hors de Dieu. L’expérience de vos cruelles méprises à ce sujet ne vous avaient rien appris et vous n’en étiez pas devenus plus clairvoyants

Instructions familières en provençal, données à la Magdeleine en 1813.[Notes pour l’instruction préliminaire], E.O. XV n. 114

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Une réponse à LE BONHEUR QU’IL EST INUTILE DE CHERCHER EN DEHORS DE DIEU

  1. Denyse Mostert dit :

    Après nous avoir fait prendre conscience de « la noblesse de notre origine », voici qu’Eugène nous découvre combien celle-ci peut être masquée par nos façons de vivre.

    Le péché a occupé une place tellement importante dans l’enseignement ecclésial qu’il est devenu difficile de parler aujourd’hui de cette réalité pourtant toujours présente.
    Oui, il faut bien reconnaître que nous sommes pécheurs. Si la plupart d’entre nous n’ont ni tué, ni volé, pouvons-nous affirmer en toute honnêteté n’avoir jamais fait passer nos intérêts personnels avant ceux d’autrui et au détriment de celui-ci ? Lequel d’entre nous n’a un jour ou l’autre posé un de ces actes dont il n’y a pas lieu d’être fier ? Qu’il s’agisse de la parole qui blesse, de l’indifférence qui rend sourd aux appels de détresse, d’une frilosité à parler de la foi qui nous habite, d’une vie trépidante laissant peu ou pas de place à l’intériorité, toutes ces attitudes ne sont-elles pas contraires à l’esprit évangélique?

    En ressort immanquablement un malaise diffus, un inconfort bien réel que nous appelons le plus souvent mauvaise humeur. Dont nous pâtissons d’abord nous-mêmes et dont d’autres ont parfois à subir les conséquences

    Alors, comment orienter notre choix ?

    C’est le Dieu de l’Ancien Testament dans sa recommandation à Moïse « choisis entre la vie et la mort, entre le bonheur et le malheur… » qui vient d’abord à mon secours. Parce que l’idée de châtiment terrible fait place à l’amour d’un Père qui désire le bien de ses enfants.

    Et à chaque page d’Évangile nous découvrons un Jésus dont toute la vie ne cesse de nous indiquer la voie de la Vie. Pourquoi ne pas nous efforcer de la suivre et surtout de la vivre ?

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