DIEU DEMANDAIT DE MOI DE GRANDES CHOSES, ET JE N’AVAIS PU FAIRE AUTREMENT QUE DE M’ANÉANTIR EN SA PRÉSENCE

Au cours de sa retraite à Amiens, avant son ordination presbytérale, il avait donné à Dieu son « Voici, je viens ». Se souvenant de cet événement, il exprime maintenant son désir d’approfondir cette oblation qui le presse à travailler à sa propre perfection.

Dans ma retraite d’Amiens, en approfondissant la conduite de Dieu sur moi, j’en avais conclu qu’il demandait de moi de grandes choses; et m’étant convaincu d’avance que j’étais un très grand pécheur, je n’avais pu faire autrement que de m’anéantir en sa présence, m’humilier profondément, et puis dire: Ecce adsum, m’estimant trop heureux que le bon Maître voulût ainsi me fournir le moyen d’escompter un peu mes grands péchés.

Notes de retraite, Juillet-Août 1816, E.O. XV n 139

Le « ecce adsum » d’Eugène aurait rappelé, pour un homme très familier des Ecritures, le « oui » de Jésus au Jardin de Gethsémani, celui de Marie à l’Annonciation, et l’appel de Samuel à suivre la vocation de Dieu pour lui.

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1 réponse à DIEU DEMANDAIT DE MOI DE GRANDES CHOSES, ET JE N’AVAIS PU FAIRE AUTREMENT QUE DE M’ANÉANTIR EN SA PRÉSENCE

  1. Denyse Mostert dit :

    Rien que de très normal, en ce 19ième siècle au goût de jansénisme, de donner priorité au regret de ces fautes que tous commettent !

    Un siècle et quelques décennies plus tard, les chrétiens accordaient encore une attention très minutieuse à débusquer les fautes à confesser. Nul n’en n’était exempt. Témoin une maxime entendue si souvent dans mon enfance : « Le juste pèche jusque sept fois par jour ». Bien des années plus tard, dans certaines de nos célébrations, une prière nous rappelait elle aussi notre misérable condition : « Seigneur, je ne suis que cendre et poussière, aidez-moi à me mépriser moi-même. »

    N’y avait-il pas dans une telle disposition de quoi paralyser bien des élans missionnaires ?

    Ici encore, je me retrouve sidérée par le comportement de notre Fondateur.
    « Durant l’adoration de la Croix un vendredi saint, probablement en 1807, Eugène a fait l’expérience de l’amour et de la bonté du Christ qui l’ont conduit à répandre son sang pour obtenir le pardon de nos péchés. En même temps, conscient de ses propres fautes et pénétré d’un sens profond de confiance dans la miséricorde divine, [il] prend la décision de s’amender par le don total de sa vie à Jésus son Sauveur… trop heureux, écrit-il, que le bon Maître voulût ainsi me fournir le moyen d’escompter un peu mes grands péchés ». (*)

    Ce « fiat » sans retour, ne fait pas d’Eugène de Mazenod un homme « angélique » exempt de tout péché. Toute sa vie, il lui faudra composer avec un caractère tout d’une pièce. Mais n’est-ce pas justement cet esprit de décision mis au service des « pauvres de Jésus Christ » qui va donner naissance à la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée ?

    Pas question pour moi de faire ici l’éloge des malheureux points faibles que nous possédons tous. Simplement prendre conscience que Dieu, qui nous connaît et nous aime tels que nous sommes, saura se servir de nos limites et leur impartir la bonne part dans notre mission de « faire connaître et aimer Jésus Christ ».

    (*) http://omiworld.org/content.asp?sezID=&catID=0&artID=2&pag=3

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