MES FAUTES VIENNENT PRÉCISÉMENT DU FAIT QUE JE SUIS OCCUPÉ À TRAVAILLER POUR DIEU

Au lieu de continuer à se battre contre ses fautes, Eugène les voit dans le contexte d’une image plus large. Il est un missionnaire, et il a besoin de se considérer lui-même, à la lumière du don de sa vie pour Dieu et pour les autres. C’est son oblation qui doit être la force qui conduit sa vie.

Mais je ne puis pas m’ôter de l’esprit, moins encore du cœur, que, voulant procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes qu’il a rachetées de son sang, par tous les moyens qui sont en mon pouvoir, dussais-je y sacrifier ma vie, je ne puis pas croire que ce bon Maître ne me fit grâce de rien, surtout quand je considère que mes fautes viennent précisément de ce que je suis employé, il me semble par sa volonté, aux œuvres de sa gloire et du salut du prochain.
Est-ce illusion que tout cela ? est-ce témérité ? Je n’en sais rien. J’écris ce que je pense, sans ostentation, sans recherche, avec la volonté pourtant de travailler de toutes mes forces à me corriger et à mieux faire à l’avenir. Le bon Dieu sait que j’ai besoin de cette confiance p[ou]r agir; voilà apparemment pourquoi il me la donne.

Notes de retraite, Juillet-Août 1816, E.O. XV n 139

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1 réponse à MES FAUTES VIENNENT PRÉCISÉMENT DU FAIT QUE JE SUIS OCCUPÉ À TRAVAILLER POUR DIEU

  1. Denyse Mostert dit :

    Poursuivant une introspection qu’il veut la plus honnête possible, voici que se dessine dans l’esprit d’Eugène de Mazenod une indulgence certaine pour les fautes qu’il se reconnaît.

    Finis crainte et tremblement devant un Dieu-Juge rigoureux ! Le repos commence à faire son œuvre. Les pensées d’Eugène à leur tour se mettent en place. Et, comme il en a pris la décision, c’est « sans ostentation, sans recherche » qu’il les consigne dans les Notes de retraite qu’il a décidé de prendre.

    Comme il fallait s’y attendre, c’est dans la plus totale transparence et, à mon avis, avec une certaine audace qu’il ose écrire. « Je ne puis pas croire que ce bon Maître ne me fit grâce de rien, surtout quand je considère que mes fautes viennent précisément de ce que je suis employé, il me semble par sa volonté, aux œuvres de sa gloire et du salut du prochain ». Pour ensuite se demander : « Est-ce illusion que tout cela ? Est-ce témérité ? » Questionnement tout son honneur et auquel il nous est permis de chercher une de réponse.

    Aussi incongrue que puisse paraître l’expression, nous recevons ici une leçon irréfutable de logique de la foi . Simple logique en effet que le Maître prenne soin de l’ouvrier qu’il envoie à sa vigne. Et foi profonde que de croire en ce « pain quotidien » que le Père ne manque pas de donner à ses enfants.

    Logique de la foi qui se nomme confiance et qui va permettre à Eugène de poursuivre fermement la mission qui lui a été confiée.

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