LES MISSIONS PAROISSIALES : LES AVIS COMME MOYENS DE GARDER LA MISSION SUR LA BONNE VOIE

Les avis, à la fin de chaque sermon, résumaient les principaux points du sermon et invitaient les gens à les appliquer. Le supérieur de la mission, qui « sentait » la direction que la mission devait prendre, était également en mesure de souligner des aspects du sermon que le prédicateur avait peut-être laissé de côté, ou qu’il n’avait pas traité.

Je ne puis pas confier à…. [nom omis dans l’original] les instructions qui doivent être vraiment instinctives. J’ai donc commencé à faire les instructions du matin et j’en ferai le soir, tant que les convenances me le permettront, (car il faut garder les convenances, même en mission, en faisant prêcher de temps en temps mes compagnons), mais je réparerai dans les avis qui suivent la prière les omissions faites par mon confrère.

Lettre à Henri Tempier, 13 Mars 1821, E.O. VI n. 63

 

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One Response to LES MISSIONS PAROISSIALES : LES AVIS COMME MOYENS DE GARDER LA MISSION SUR LA BONNE VOIE

  1. Denyse Mostert says:

    Voici un petit paragraphe qui vaut son pesant d’or par ce qu’il nous révèle d’Eugène de Mazenod.

    Il nous parle d’un Fondateur vigilant qui ne veut rien laisser au hasard, qui se doit de pailler les faiblesses de certains prédicateurs dans le but de garder aux missions leur direction première qui est de toucher des gens simples, plus sensibles aux paroles du cœur qu’aux grands discours.

    « Je ne puis pas confier à…. [nom omis dans l’original] les instructions qui doivent être vraiment instinctives », écrit Eugène à Henri Tempier. Aucune hésitation pour ce qui est de l’instinct, de la spontanéité, cela rentre bien dans ce que nous savons du bouillant méridional. Le cardinal Roger Etchegaray nous le confirme en des termes très clairs.

    « Son éloquence était naturelle, large, d’une correction sans mélange, forte, animée toujours soutenue. C’est dans son âme qu’il puisa les trésors de sa parole (…) ce n’est pas la préparation qui lui était nécessaire. Plus l’improvisation était soudaine, plus le coup était vigoureux, plus le succès lui était assuré. »

    Si la réussite des missions paroissiales est son objectif premier, le Fondateur sait aussi faire preuve de respect pour ses missionnaires. Oui, Eugène de Mazenod va se charger de certaines instructions, mais lorsque « les convenances » le lui imposeront, il va rendre la parole à ses compagnons qui, tout de même désirent eux aussi s’adresser aux paroissiens… Cependant il va se garder la possibilité de réparer « dans les avis qui suivent la prière les omissions faites… »

    Mélange mâtiné de compromission ? Absolument pas. Eugène sait combien le ‘’complément’’ à la dernière instruction qu’il va se permettre dans ce rappel peut être aussi l’heureuse introduction du prédicateur du jour.

    Une belle et intelligente attitude à prendre en compte dans tout travail communautaire !

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