PARMI TOUS CEUX QUE LES OBLATS ONT ASSISTÉ PERSONNE N’A SURVECU

Le P. Mille, qui était de Marseille, a exprimé ses préoccupations concernant les Oblats et sa famille à Eugène. Cela lui a permis de décrire les actions héroïques des Oblats durant la misère causée par l’épidémie.

Je conçois, mon cher p. Mille, vos inquiétudes sur nous et sur votre famille. Nous sommes en effet sous l’influence la plus maligne du choléra. Il sévit cette fois avec atrocité. Quelques heures suffisent pour trousser l’homme le plus fort qu’il saisit sans autre avertissement. Ceux qui échappent sont si rares qu’on peut dire que c’est une même chose que d’être atteint et périr.

De tous ceux que nos Pères du Calvaire ont assistés, et ils se lèvent tous toutes les nuits pour courir au secours de quelqu’un, il n’en est pas un qui ne soit mort; je crois ne pas exagérer en disant que sur cent il en périt plus de quatre-vingt-dix…

Nous avions eu deux jours de répit, si bien que dans les deux paroisses populeuses de la Major et de St-Laurent, qui font à elles deux plus de vingt-cinq mille âmes, il n’y avait pas eu un seul cas, mais le surlendemain le mal reprit de plus belle, et il fallut dans l’une et l’autre de ces paroisses porter dans une seule après-dîner cinq fois le s[ain]t viatique. L’émigration est énorme même parmi le peuple. Je m’informerai aujourd’hui si votre mère est partie, mais je veux avant vous tirer de peine en vous assurant que personne de ceux qui vous intéressent n’a été atteint.

Lettre au P. Jean Baptiste Mille, 26 Août 1837, EO IX n 637

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Une réponse à PARMI TOUS CEUX QUE LES OBLATS ONT ASSISTÉ PERSONNE N’A SURVECU

  1. Denyse Mostert dit :

    AUCUNE GUÉRISON À MARSEILLE – au P. Jean Baptiste Mille, 26 Août 1837.
    Aucune guérison parmi les victimes soignées par les Oblats. On comprend que le moral n’est pas au beau fixe pour ceux qui étaient à pied d’œuvre et pour toute la Congrégation au loin.

    Cela permet à Eugène de Mazenod de décrire les actions héroïques des Oblats durant la misère causée par l’épidémie. Il en donne une description qui serait décourageante si elle ne s’adressait à des hommes qui se sont consacrés aux pauvres les plus démunis et sont désireux de respecter leur voeu. Ce qui n’empêche pas ce compte-rendu d’être difficile à recevoir et à vivre.

    « Nous sommes en effet sous l’influence la plus maligne du choléra. Il sévit cette fois avec atrocité. Quelques heures suffisent pour trousser l’homme le plus fort qu’il saisit sans autre avertissement… Les Oblats désignés se lèvent tous toutes les nuits pour courir au secours de quelqu’un, il n’en est pas un qui ne soit mort; je crois ne pas exagérer en disant que sur cent il en périt plus de quatre-vingt-dix… »

    Nous avions eu deux jours de répit, si bien que dans les deux paroisses populeuses de la Major et de St-Laurent, qui font à elles deux plus de vingt-cinq mille âmes, il n’y avait pas eu un seul cas, mais le surlendemain le mal reprit de plus belle, et il fallut dans l’une et l’autre de ces paroisses porter dans une seule après-dîner cinq fois le s[ain]t viatique.

    Tant de malheurs n’empêchent pas le fondateur au cœur de pêre de s’inquiéter des siens. Il écrit : « L’émigration est énorme même parmi le peuple. » Et à l’adresse du P. Jean-Baptiste Mille : « Je m’informerai aujourd’hui si votre mère est partie, mais je veux avant vous tirer de peine en vous assurant que personne de ceux qui vous intéressent n’a été atteint. »

    Comprenons la souffrance de la Congrégation. C’est là que l’Esprit Saint promis a l’occasion de manifester toute sa Force. Jamais je n’aurais pensé qu’en étudiant ce passage des écrits d’Eugène de Mazenod nous devrions le vivre nous-mêmes dans cette pandémie qui, elle non plus, n’en finit de finir. Comme les Oblats de 1837,

    demandons avec FOI : O Seigneur envoie ton ESPRIT,
    qu’Il renouvelle la face de la terre. (Psaume 103)

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