JE N’AI DE RESSOURCE QUE DANS LA PRIÈRE, IL M’EST IMPOSSIBLE DE FAIRE AUTRE CHOSE

Ayant reçu l’ordre de partir de Marseille, Eugène confie son anxiété pour les gens pendant l’épidémie de 1835 à son ami et confident, le Père Tempier, et la seule et unique réponse qu’il lui donne est :

On ne vit pas, mon cher ami, dans ce malheureux temps. Le cœur et l’esprit sont dans un état d’émotion qui inquiète, qui trouble sans cesse le repos. Je n’ai de ressource que dans la prière, il m’est impossible de faire autre chose. Hors de là, l’imagination ne me reproduit que malheur et désolation; mes nerfs en sont parfois attaqués d’une manière convulsive, c’est-à-dire que je ressaute involontairement à la pensée du mal ou de la mort que je redoute pour les personnes qui me sont chères. Je suis resté deux jours sans lettres de vous, il n’en a pas fallu davantage pour être martyrisé par l’idée que vous étiez peut-être mort.
Lors de la première invasion, me trouvant sur les lieux, partageant les mêmes dangers, je n’étais guère plus inquiet pour les autres que pour moi. Il me semblait que nous étions tous invulnérables; maintenant que, pour mes péchés, je suis à l’abri, je ne cesse pas d’être dans la plus grande peine. Cependant il me semble bien que le Seigneur vous garde, puisque jusqu’à présent personne n’a pris mal dans le service si dangereux embrassé avec héroïsme par nos Pères.

Lettre à Henri Tempier, le 7 août 1835, EO VIII n 531

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Une réponse à JE N’AI DE RESSOURCE QUE DANS LA PRIÈRE, IL M’EST IMPOSSIBLE DE FAIRE AUTRE CHOSE

  1. Denyse Mostert dit :

    « JE N’AI DE RESSOURCE QUE DANS LA PRIÈRE, IL M’EST IMPOSSIBLE DE FAIRE AUTRE CHOSE  » – (OMIWORLD) – Lettre à Henri Tempier, le 7 août 1835

    Que ce soit à Marseille en 1835 ou sur notre terre en 2020, les situations sont analogues sinon semblables. Les Marseillais d’une part et les humains de la terre entière de l’autre sont menacés de mort. Avant de quitter Marseille, Eugène confie à Henri Tempier son inquiétude au sujet de tous ceux qui demeurent sur place.

    Il en revient d’abord à la première attaque de la maladie vécue auprès des siens là où il se sentait invulnérable; maintenant qu’il doit les quitter, son tourment est insupportable. Tous les trésors de son cœur s’y exposent sans retenue «dans un état d’émotion qui inquiète, qui trouble sans cesse le repos… l’imagination qui ne reproduit que malheur et désolation; mes nerfs, continue-t-il en sont parfois attaqués d’une manière convulsive… l’imagination ne me reproduit que malheur et désolation; mes nerfs en sont parfois attaqués d’une manière convulsive»…

    Inutile d’en ajouter. Eugène de Mazenod se retrouve dans un état d’esprit inquiétant comme nous tous aujourd’hui devant ce virus fauchant sans pitié les humains du 21ème siècle.
    Et si on regardait ensemble cette bataille ! Faisant tomber toute barrière, scientifiques et soignants continuent à donner le meilleur d’eux-mêmes convaincus que tant de forces enfin unie ne pourront manquer d’amener un bon résultat. « Déjà le soir tombe… » sur la fragilité de nos efforts.

    Comme eux, avons-nous pris le temps d’écouter le Seigneur ? Comment eux nous verrons se lever le Matin de Guérison qui nous fera dire avec le Psalmiste : « Louange à toi Dieu de nos Pères, éternellement. » Ah ! Que de richesses en cette Parole de
    Dieu ».

    Note personnelle : j’affirme ici que ces mots ne servent pas juste à redonner du tonus à ceux qui, en ces jours d’épouvante, y chercheraient un peu d’Espérance. J’affirme qu’ils SONT LE REFLET EXACT de mon CREDO alors que l’ESPÉRANCE ouvre ses portes à LA JOIE. Ensemble, PRIONS.

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