VOTRE CONDUIRE EST UNE CENSURE MUETTE DE LA CONDUITE QU’ILS TIENNENT

Une des premières missions terminée en 1818 avait été de revoir la formation des prêtres, spécialement après les ravages de la Révolution. Seize ans plus tard, nous découvrons que c’est encore le cas, les communautés étant restées ouvertes à accueillir de nouveaux prêtres.

Il sera important de vous entendre avec le P. Vincens pour la manière de faire faire la retraite aux ecclésiastiques et aux prêtres qui viendront à cet effet dans votre maison.

Les Oblats en communauté ont un mode de vie qui leur est propre et le témoignage qu’ils donnent de cette manière était perçu par plusieurs prêtres du lieu comme une condamnation de leurs propres mauvaises conduites.

J’ai appris avec peine, mais sans surprise, que les dispositions de certains prêtres du voisinage étaient changées à votre égard. Je vous recommande d’avoir l’air de ne pas vous en apercevoir et de faire toujours verser la mesure des politesses, sans néanmoins rien corriger de ce qui les choque, c’est-à-dire d’être toujours plus réguliers, toujours plus éloignés de la dissipation, du genre qu’ils ont adopté; à la longue, vous captiverez le suffrage de ceux même qui voient, dans votre conduite, une censure muette de celle qu’ils tiennent.

Se rappelant que le Père Guigues n’avait que 29 ans et se souvenant de la jeunesse de ses deux compagnons, Eugène leur conseille:

Rappelez-vous qu’il faut racheter votre jeunesse, et je dirai votre air enfantin, par beaucoup de gravité extérieure, qui n’exclut pas la politesse.

Lettre à Bruno Guigues, le 6 octobre 1834, EO VIII n 488

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1 réponse à VOTRE CONDUIRE EST UNE CENSURE MUETTE DE LA CONDUITE QU’ILS TIENNENT

  1. Denyse Mostert dit :

    Une des premières missions terminée en 1818 avait été de revoir la formation des prêtres. Il en est toujours ainsi en 1834. « Il sera important de vous entendre avec le P. Vincens », conseille le Fondateur. Les Oblats pourront ainsi apporter le plus grand soin à ce que les homélies qu’ils prononcent pendant les retraites soient dépourvues de toute apparence de critique. Ces paroles peuvent aussi s’adresser à quiconque désire faire entendre clairement les paroles adressées à d’autres ?

    S’il surgit une mésentente, la meilleure conduite pour les Oblats – et pour tout autre personne – serait de sembler l’ ignorer tout en gardant l’intégrité du discours. Petite réflexion personnelle : voici une attitude que j’ai le plus grand mal à pratiquer. Souvent me dit-on, tout se lit sur mon visage du sens profond de mes opinions. Il me faut alors comme dit un proverbe, tourner sept fois ma langue avant de parler. Il me faut avouer que cette petite attente m’est du plus grand bien en ce sens qu’aucune parole n’est absolue et que chacune peut s’accompagner de nuances qui permettent de connaître davantage la personnalité de celui qui s’adresse à moi.

    Ceci me semble l’apanage de la maturité qui « rachète » la jeunesse, selon la belle trouvaille d’Eugène. Et il trouve heureux pour les Oblats d’abandonner leur « air enfantin » au profit d’une attitude de « gravité extérieure qui n’exclut pas la politesse… »

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