LES MEMBRES VIVANTS DU CHRIST ONT LA PRÉFÉRENCE SUR LES BRIQUES D’UNE ÉGLISE

Suivant l’exemple du roi et de son gouvernement, la municipalité de Marseille était également hostile à l’Église. En 1832, elle supprima l’allocation et les locaux des Frères chrétiens qui dirigeaient une école pour les pauvres. Eugène, en tant que Vicaire général de Marseille, intervient immédiatement pour sauver les Frères.

…J’espère que la quête pour nos écoles sera suffisante. J’avais dix mille francs, il en faudra bien près du double en sus. Le seul loyer de la maison coûtera plus de quatre mille.

Eugène avait collecté de l’argent pour construire une nouvelle église dans une zone où il n’y avait pas de lieu de culte. Cependant, les besoins des élèves qui venaient d’être chassés de leur école étaient plus importants que les briques d’un bâtiment (aussi méritoire que fût le bâtiment d’une église dont on avait tant besoin).

La Providence viendra à notre secours, mais quel croc-en-jambes pour notre église de Saint-Lazare. Quand nous en avons conçu le projet, nous ne nous attendions pas à la mésaventure des Frères . N’importe, le courage ne manque pas, nous les avons fait passer les premiers parce que les membres vivants de Jésus-Christ, qui sont tous ces pauvres enfants abandonnés, devaient avoir la préférence sur le temple même de Jésus-Christ. Ce bon Maître, qui nous inspire et qui juge nos intentions, ne nous abandonnera pas. Je suis engagé pour trente mille francs. Il tomberait plutôt une pluie d’or que d’être trompé dans notre confiance.

A Bruno Guigues, 23 mars 1832, EO VIII n 419

De quelles priorités sommes-nous bombardés chaque jour par nos magazines et nos journaux télévisés? Structures, efficacité, administration harmonieuse, le « politiquement correct « – ou bien répondre aux besoins humains et spirituels des personnes en détresse…?

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One Response to LES MEMBRES VIVANTS DU CHRIST ONT LA PRÉFÉRENCE SUR LES BRIQUES D’UNE ÉGLISE

  1. Denyse Mostert says:

    1832. Le gouvernement français, hostile à l’Église, s’attaque aux Écoles des Frères. Eugène se doit de réagir, d’autant plus que ces établissements s’adressent spécialement aux moins bien-nantis. « La Providence viendra à notre secours, mais quel croc en jambes pour notre église de Saint-Lazare… », écrit-il à Bruno Guigues.

    Qui est ce Bruno Guigues à qui Eugène n’hésite pas à confier les problèmes monétaires des Oblats ? Bruno entra au noviciat à Notre-Dame du Laus (Hautes-Alpes) le 2 août 1821. À cause de son jeune âge, il ne fit profession à Aix-en-Provence que le 4 novembre 1823 et demeura en cette ville pour compléter ses études théologiques. Il reçut l’Ordination épiscopale à Bytown (Ottawa), le 30 juillet 1848. Le fondateur savait donc à qui il confiait les problèmes monétaires de la Congrégation. (Dictionnaire des Valeurs Oblates)

    Tout un tour de passe-passe en effet que de consacrer aux écoles des Frères des argents auparavant réservés à la construction d’une église !» Entre un bâtiment et un service aux enfants abandonnés, Eugène ne va pas hésiter. Il ne peut d’ailleurs en être autrement pour une Congrégation prioritairement dévouée aux pauvres.

    Des réflexions de toutes sortes ont dû arriver aux oreilles du fondateur qui lui font proclamer sa confiance en Dieu. « Ce bon Maître, écrit-il, qui nous inspire et qui juge nos intentions, ne nous abandonnera pas. »

    « De quelles priorités sommes-nous bombardés chaque jour par nos magazines et nos journaux télévisés? Structures, efficacité, administration harmonieuse, le « politiquement correct « – ou bien répondre aux besoins humains et spirituels des personnes en détresse…? » (Frank Santucci).

    Nous savons tous combien il est difficile de ne pas se laisser emporter par cet océan de facilité. Il nous faut au contraire y apporter notre conscience d’Enfant de Dieu et nous en tenir au commandement de l’Amour.

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