Eugène donne son propre avis en ce qui concerne la formation des futurs missionnaires oblats en termes de persécution et d’antagonisme religieux :
En somme, il faut qu’à tout prix les sujets, quels qu’ils soient, se prêtent à tout pour perfectionner leurs études et se rendre ainsi propres à servir l’Église qui est attaquée dans ses doctrines par des hommes à qui l’habileté ne manque pas.
Je me mets peu en peine que l’éducation se prolonge.
L’essentiel est que rien ne demeure enfoui, que chacun tire parti de la dose de talents que le Seigneur lui a départis, en un mot que l’on se mette à même de défendre la vérité et le sacré dépôt de la foi, non seulement par la prière, mais par la parole et par les écrits s’il le faut.
Lettre à Jean-Baptiste Mille, le 6 Juin 1831, EO VIII n 393
Eugène de Mazenod est conséquent. Dans sa lettre du 15 avril, il recommandait au P. Mille de «seconder les dispositions de chacun ». Celle du 6 juin concerne spécialement les novices : « Il faut qu’à tout prix les sujets, quels qu’ils soient, se prêtent à tout pour perfectionner leurs études… que chacun tire parti de la dose de talents que le Seigneur lui a départis… » afin de défendre pertinemment Dieu attaqué dans son Église.
Dans la période difficile que vit la France en 1831, il va de soi qu’une action en toute connaissance de cause est obligatoire. Une joute construite sur des lieux communs ne peut en effet mener à rien. Les bases solides acquises par l’étude et la réflexion s’imposent qui vont en outre renforcer la fidélité des novices à leur vocation.
L’Histoire nous enseigne que les Oblats y sont allés de tout coeur, dans leur pays tout autant que dans le monde nouveau où les attend la « mission ad gentes ». Beaucoup de chrétiens ont vécu et vivent dans leur sillage. Le Royaume, sans cesse attaqué, a besoin de témoins bien informés qui désirent ardemment faire connaître le Christ Jésus et le bonheur que son Amour peut apporter à l’humanité.