NOUS AVONS PRIS À COEUR SON MESSAGE DE LIBERTÉ AUQUEL NOUS AVONS DROIT, AUTANT QUE TOUS LES AUTRES

Eugène continue sa description du peuple honorant la Croix à Marseille, en dépit de l’opposition des autorités civiles.

Le Maire seul et quelques adeptes d’une secte ennemie de la religion furent déconcertés. Sur ce, lettres sur lettres, visites et injonctions de la police, menaces et affreux courroux; heureusement que nous avons eu le temps depuis les glorieuses journées de nous pénétrer des pensées de liberté qui doivent nous être acquises comme à tout autre. D’après cela, réponses fermes et résolution déterminée d’user de nos droits. Quoique le Maire eût écrit que dans le cas où Monseigneur ne renoncerait pas à son projet de faire la procession, il le rendrait responsable de tous les événements, la procession eut lieu. Sa menace en aurait peut-être intimidé d’autres, parce que la veille et l’avant-veille il avait laissé parcourir la ville à une bande de polissons qui chantaient la Marseillaise et finirent par casser les vitres dans le quartier de Saint-Jean. Mais notre confiance était dans le Seigneur et dans le bon esprit de notre population. Monseigneur voulut assister à la procession. Jamais on n’en a vu de pareille depuis la mission. L’ordre, la piété, les transports des fidèles à leur comble. L’affluence à la croix dura tout le reste du jour et on eut beaucoup de peine à faire vider le Calvaire, je parle de l’enceinte extérieure, il va sans dire que l’Église était pleine aussi, quand à la nuit on voulut la fermer. Il n’arriva rien, soit pendant le cours de la procession, soit après, qui pût donner le moindre chagrin; au contraire, les larmes coulèrent de tous les yeux quand des voix innombrables chantaient à grands cris ces paroles si touchantes dans la circonstance: vive Jésus, vive sa croix!

Lettre à Jean-Baptiste Mille, le 7 mai 1831, EO VIII n 390

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1 réponse à NOUS AVONS PRIS À COEUR SON MESSAGE DE LIBERTÉ AUQUEL NOUS AVONS DROIT, AUTANT QUE TOUS LES AUTRES

  1. Denyse Mostert dit :

    Se référant à sa lettre du 7 mai 1831 à Jean-Baptiste Mille, on peut dire qu’Eugène de Mazenod possède un don épistolaire certain. Son style foisonne de détails qui donnent toute leur mesure à l’événement tout en traduisant les sentiments du fondateur.

    Eugène qualifie l’actuel gouvernement de « secte ennemie de la religion » qui envoie « lettres sur lettres, visites et injonctions de la police, menaces et affreux courroux ». Un fondateur qui appelle un chat un chat. Sa lettre qui relève les mille et une exactions de la police, mentionne avec la même clarté une assurance acquise au fil des jours. « Heureusement, dit-il, que nous avons eu le temps (…) de nous pénétrer des pensées de liberté qui doivent nous être acquises comme à tout autre ».

    Et puis, il y a cette confiance d’Eugène « dans le Seigneur et dans le bon esprit de la population ». Tout cela ne pouvait manquer de porter des fruits. La procession exaltant la Croix de Marseille a lieu en présence de Monseigneur Fortuné de Mazenod et d’une foule nombreuse. Tout cela parce que, fidèles à leur vocation. le fondateur et les Oblats se sont appuyés sur des faits impossibles à réfuter et ont pris « la résolution de ne reculer devant aucun danger quand il s’agit du devoir. »

    Quelles qu’en soient les circonstances, nous sommes parfois obligés d’affirmer des opinions qui n’ont pas l’heur de plaire à tout le monde. Un regard sur notre fondateur pourrait alors renforcer notre désir d’affirmer une vérité pas toujours bonne à dire mais susceptible de collaborer à la liberté de chacun.

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