VOCATION : À TRAVERS LES YEUX DU SAUVEUR CRUCIFIE, REGARDEZ LES BESOINS DES GENS AUTOUR DE VOUS

Henri Tempier est invité à regarder la situation religieuse des gens les plus pauvres de Provence à travers les yeux du sauveur Crucifié. C’est une invitation à ressentir du fond de son cœur leur expérience de n’avoir pas de sens dans leur vie, parce que Dieu y est absent.

Au pied de la croix, symbole du Sauveur qui a tout sacrifié pour les autres, il est invité à faire le sacrifice de son propre confort pour que les autres puissent avoir la vie.

C’est le sens de l’oblation : regarder les plus abandonnés avec les yeux et le cœur du Sauveur, et répondre en imitant le don de soi du Sauveur afin qu’ils puissent avoir la plénitude de la vie.

Imposez silence à la cupidité, à l’amour des aises et des commodités;
pénétrez-vous bien de la situation des habitants de nos campagnes, de l’état de la religion parmi eux, de l’apostasie qui se propage tous les jours davantage et qui fait des ravages effrayants.
Voyez la faiblesse des moyens qu’on a opposés jusqu’à présent à ce déluge de maux; consultez votre cœur sur ce qu’il voudrait faire pour remédier à ces désastres, et répondez ensuite à ma lettre.

Lettre à Henri Tempier, le 9 octobre 1815 E.O. VI n 4

Ce contenu a été publié dans LETTRES, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à VOCATION : À TRAVERS LES YEUX DU SAUVEUR CRUCIFIE, REGARDEZ LES BESOINS DES GENS AUTOUR DE VOUS

  1. Denyse Mostert dit :

    « Pénétrez-vous bien de la situation des habitants de nos campagnes. » recommandait Eugène de Mazenod au P. Tempier.

    Ces mots m’invitent à me souvenir d’Yvonne. Une femme toute simple qui a traversé ma vie. Une femme que j’ai appris à comprendre et petit à petit à aimer en me pénétrant bien de sa situation.

    Yvonne, je la connaissais depuis plusieurs années. Particularité : paroles décisives, jugements drastiques qu’elle portait sur tout un chacun. Mes seules interventions se résumaient à un timide appel à la charité qui d’ailleurs restait sans effet. Est-il nécessaire d’avouer que moi aussi je posais une étiquette sur cette femme autoritaire, sans indulgence, et apparemment sans douceur ?

    Jusqu’au jour où la maladie a frappé Yvonne. Nos relations n’ayant jamais été bien loin, je suis restée surprise devant son premier coup de téléphone. Suivi d’un autre, puis bientôt d’un autre encore jusqu’à devenir pour elle une habitude hebdomadaire.
    Dans les débuts je m’efforçais de terminer la communication au plus vite. Puis j’ai commencé à réaliser que, sous les commentaires toujours présents, s’ajoutaient maintenant l’histoire de sa vie et de nombreux détails sur son état de santé. C’est l’histoire d’une souffrance que je découvrais.

    J’ose à peine dire que, petit à petit, j’ai commencé à voir Yvonne «avec les yeux du Christ en Croix ». Je dirais plutôt que le Christ était présent à nos entretiens pendant lesquels Yvonne se livrait de plus en plus.

    Elle me racontait sa vie, digne d’un film à faire pleurer. Rien n’avait été simple depuis sa naissance. Travail prématuré pour aider sa famille, recherche active du jeune homme avec qui s’en aller vers une vie différente, mariage devenu cauchemar au bout duquel Yvonne s’est retrouvée seule pour assurer la subsistance de ses trois enfants.

    C’est une femme obligée par la vie de faire front que je découvrais. Une ouvrière aux prises avec les problèmes que peuvent engendrer les relations de travail, une mère décidée à mener ses enfants à bon port. La rigueur restée de ses années de lutte me devenait plus compréhensible.

    Dieu n’était certes pas absent de la vie d’Yvonne. Et elle me parlait de la foi, rude et sans appel qui l’avait toujours aidée à ne pas baisser les bras. Une foi toute simple, où l’Eucharistie avait une grande importance et où, chapelet aux doigts, elle redisait chaque jour son amour à ‘Maman Marie’.

    Notre dernière conversation a eu lieu 24 heures avant son décès. Yvonne faisait front et se dirigeait avec la résolution qui la caractérisait vers le ‘p’tit Jésus’, comme elle aimait dire, qui avait donné sens à sa vie.

    L’héritage que m’a laissé Yvonne ? C’est un regard nouveau sur les autres. Un étonnement heureux à découvrir des richesses insoupconnées. Et une dimension nouvelle à mon engagement d’Associée aux Oblats de Marie Immaculée.

Répondre à Denyse Mostert Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *