… Il n’est pas croyable comme le moral influe sur le physique de ma triste personne. Mon cœur me pèse, il bat difficilement et trop vite
Lettre à Henri Tempier, 24 décembre 1830, EO VII n 375
Le climat anti-religieux met à mal Eugène. Il est soucieux pour les oblats: l’aumônerie du collège d’Aix leur avait été retirée, leur maison de la mission de Nîmes fermée, et Fr. Capmas tombé gravement malade. Puis l’évêque Fortuné était tombé malade par suite des tensions dans le diocèse, et l’avenir était incertain. Eugène était de plus bloqué à Nice dans l’attente d’une réponse du roi de Sardaigne à sa demande d’envoi de missionnaires dans son royaume.
Quand ça va mal, ça va mal ! Il est des moments où les mauvaises nouvelles semblent ne pas avoir de fin.
On connaît l’attitude de la Monarchie de Juillet contre ce qui touche le domaine religieux. En cette année 1830, Eugène a bien des raisons d’inquiétude. À Nice où il attend la permission d’ouvrir une communauté en Sardaigne, des nouvelles plus désagréables les unes que les autres s’abattent sur lui. Tandis que les autorités civiles ferment la mission de Nîmes, elles retirent à la Congrégation l’aumônerie du collège d’Aix. S’y ajoutent des inquiétudes au sujet du P. Capmas victime de son apostolat auprès des personnes contagieuses de l’Hôpital de Marseille. Et l’inquiétude pour Mgr Fortuné de Mazenod qui supporte mal les tensions dans son diocèse…
« … Il n’est pas croyable comme le moral influe sur le physique de ma triste personne. Mon cœur me pèse, il bat difficilement et trop vite », écrit le fondateur au P. Tempier,.
Si ces confidences ne peuvent influer sur le climat politique de la France, convenons qu’elles doivent être de grand réconfort pour ces amis de longue date en butte aux mêmes difficultés. Comme Eugène et Henri Tempier, beaucoup d’entre nous ont un jour connu le poids d’un silence étouffant et découvert les bienfaits d’une confidence faite à une personne de confiance.