L’INVASION D’ALGÉRIE : IL FAUT D’ABORD LEUR APPORTER LE CHRIST

Les prochaines entrées feront référence à la conquête de l’Algérie par la France en 1830. Nous devrions lire ces événements à travers les yeux missionnaires d’Eugène, il y a presque deux siècles, et surtout ne pas le juger à la base de notre sensibilité théologique et politique, comme si ces événements auraient eu lieu en 2017. En 1830 ils étaient en pleine expansion coloniale, que l’Église a vue comme opportunité pour évangéliser ceux qui n’avaient pas encore reçu la Bonne Nouvelle de Jésus – autrement, pour tous ceux qui n’avaient pas l’accès au salut (« extra ecclesiam nulla salus»).

Pour des raisons hors de notre réflexion, la France a envahi l’Algérie en juillet 1830. Leflon explique pourquoi cette invasion est significative pour Marseille, où Eugène était le Vicaire général de son oncle Mgr Fortuné.

Tandis qu’ailleurs les libéraux mènent violente campagne contre l’action militaire décidée par le gouvernement le 31 janvier 1830, ceux du grand port méditerranéen l’approuvent avec enthousiasme… Les avantages politiques, que le régime de Charles X, de Polignac, pourraient en retirer, pour eux comptent beaucoup moins que les avantages immédiats et futurs du commerce local, en quoi ils s’accordent avec leurs rivaux royalistes et le sentiment populaire. Il s’agit, pour l’avenir, de s’assurer des débouchés, qui compenseraient les déboires subis au Moyen-Orient ; il s’agit, pour le présent, des profits que procureraient l’achat d’approvisionnements et le transport des troupes. De fait, Marseille dut à cette expédition un mouvement d’affaires providentiel, qui lui permit d’échapper au marasme général… Par là s’explique le délirant accueil ménagé aux troupes qui s’embarquent (Leflon 2 p 349)

Yvon Beaudoin démontre les réactions des missionnaires qui ont vu cette invasion comme opportunité d’évangéliser ces territoires non-chrétiens.

Le père de Mazenod et les Oblats, à l’unisson avec l’opinion française et surtout marseillaise, réagissent favorablement à cet événement. Déjà le 27 avril 1830, Eugène de Mazenod, au nom de son oncle Fortuné, avait publié un mandement par lequel il ordonnait « des prières publiques pour le succès de la guerre d’Afrique ». Il y disait, entre autres: « Nous nous félicitons de voir plusieurs de nos prêtres […] solliciter la faveur d’y porter les premiers la connaissance de Jésus Christ, pour y former une chrétienté qu’ils brûlent de féconder de leur sueur et de leur sang. »

http://www.omiworld.org/fr/dictionary/dictionnaire-historique_vol-1_a/20/alg-rie/  

 

 

This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.

One Response to L’INVASION D’ALGÉRIE : IL FAUT D’ABORD LEUR APPORTER LE CHRIST

  1. Denyse Mostert says:

    1830 : La France a envahi l’Algérie. Le but : mettre fin à la piraterie qui menace le trafic maritime de la Méditerranée et au contentieux commercial entre le dey d’Alger et la France.

    « Le père de Mazenod et les Oblats, à l’unisson avec l’opinion française et surtout marseillaise, réagissent favorablement à cet événement. Déjà le 27 avril 1830, Eugène, au nom de son oncle Fortuné, avait publié un mandement par lequel il ordonnait «des prières publiques pour le succès de la guerre d’Afrique». Il y disait, entre autres: «Nous nous félicitons de voir plusieurs de nos prêtres […] solliciter la faveur d’y porter les premiers la connaissance de Jésus Christ pour y former une chrétienté qu’ils brûlent de féconder de leur sueur et de leur sang… (*)

    On peut trouver normal que les missionnaires veuillent soulager au nom de Jésus-Christ les blessures d’une guerre. Leur vocation n’est-elle pas tournée vers ceux-là qui n’en ont jamais entendu parler ? Se demander également si Eugène et l’évêque de Marseille ont envisagé les dangers d’une telle demande aux chrétiens de France? Oncle et neveu sont restés fidèles à leur religion, fidèles à eux-mêmes. Une fidélité dont ils devront d’ailleurs subir les conséquences.

    Et puis, comme le dit si justement le pape François : « Qui suis-je pour juger ? » Est-ce que je serais prête à prendre en tout temps parti pour la foi qui m’habite ? Peut-être en recevrai-je la force en temps voulu….

    http://www.omiworld.org/fr/dictionary/dictionnaire-historique_vol-1_a/20/alg-rie/

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *