DÉFIER L’INGÉRENCE DE L’ÉTAT DANS LA LIBERTÉ DE L’ÉGLISE

Quand Paul VIII est devenu Pape en mars 1829, il a écrit une lettre pastorale à tous les évêques du monde. Le ministre français des Affaires ecclésiales Mgr Fuetrier, a interdit les évêques français de le publier sans l’approbation de l’état. Eugène qui était en convalescence en Grans à l’époque a écrit à son oncle, Mgr Fortuné, à Marseille sur sa réponse à une autre attaque sur la liberté de l’Église.

Il faudrait savoir si vous voulez obtempérer à l’inconcevable missive du ministère. Passe pour ne pas imprimer la lettre encyclique du Pape, mais quand le pasteur des pasteurs enseignant l’Église recommande aux évêques de s’élever contre certains désordres qu’il leur dénonce, je ne puis croire qu’on doit s’abstenir d’en parler. Mon idée au contraire serait de donner aux peuples la même pâture que l’on a reçue.

Lettre à Mgr Fortuné de Mazenod, 9 août 1829 cité dans Leflon 2 p. 343

Il a aussi envoyé au P. Tempier une copie de la lettre qu’il a écrite de la part du Mgr Fortuné au ministre :

 « Monseigneur, je n’ai pas eu seulement connaissance de l’encyclique de notre saint père le pape Pie VIII, mais elle m’a été directement adressée comme à tous les Évêques du monde catholique, car grâce à Dieu, je suis en communion avec le Saint-Siège apostolique.» Nous examinerons si ce projet de lettre, tel que je l’ai conçu, ne doit pas être déposé dans le grand registre de l’évêché comme un témoignage de foi de l’Évêque pour l’instruction de ses successeurs, car je me proposais de dire au ministre, qu’obéissant à la voix du supérieur des évêques, je prémunissais mon peuple conformément à ses injonctions sur tous les points que sa sollicitude lui fait dénoncer comme dangereux pour les âmes.

Lettre au P. Henri Tempier, 16 août 1829, EO VII n 336.

Pendant que l’État et l’Église continuaient à vivre des moments d’intense conflit, un conflit qui aura duré pour des années, nous verrons qu’Eugène n’allait pas rester inactif – une réalité qui allait le coûter cher.

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One Response to DÉFIER L’INGÉRENCE DE L’ÉTAT DANS LA LIBERTÉ DE L’ÉGLISE

  1. Denyse Mostert says:

    Début bien difficile pour Paul VIII, élu en 1829 ! En France, l’enseignement religieux se trouve de nouveau en butte aux interdits du gouvernement. Le nouveau Pape se doit de réagir. Il le fait par une lettre pastorale à tous les évêques du monde. Faut-il s’étonner si l’État en interdit la diffusion ? Un ordre qui offusque Eugène alors en convalescence à Grans. Il écrit à l’évêque de Marseille : « Passe pour ne pas imprimer la lettre encyclique du Pape, mais quand le pasteur des pasteurs enseignant l’Église recommande aux évêques de s’élever contre certains désordres qu’il leur dénonce, je ne puis croire qu’on doit s’abstenir d’en parler. »

    Henri Tempier recevra copie de la missive rédigée par Eugène pour la part de Mgr de Mazenod et envoyée au ministre français des Affaires ecclésiales Mgr Feutrier. Une telle collaboration ne pouvait que renforcer l’attitude des autorités en place. La fidélité d’Eugène à l’évêque de Rome n’ira pas sans danger.

    Ceci me rappelle le climat de la 2ème guerre mondiale. Comme partout en Belgique, la consigne de silence à tout instant… Et ces mots répétés encore et encore par mes grands-parents à la petite fille que j’étais : « Tu ne parles pas ! » Qu’aurais-je pu révéler alors que tout m’était incompréhensible ?

    J’en mesure davantage le courage d’Eugène et de ses contemporains demeurés fidèles à leur religion attaquée de tous les côtés. Certains en ont payé le prix. Leur conviction demeurera la même.

    Les « Vertus héroïques » évoquées dans le processus de canonisation peuvent revêtir divers visages. Aucune hésitation à en attribuer à notre fondateur. Puissent-elles nous inspirer dans des situations troubles pour lesquelles il serait très commode de se réfugier dans le silence !

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