IL PARAIT QUE LE BON DIEU VEUT QUE JE ME CONTENTE DE SOUFFRIR.

Pauvre Eugène ! Il suit le ministère des Oblats et se trouve physiquement incapable d’y participer lui-même ! Un homme de grands rêves pastoraux et de sources d’énergie apparemment sans fin, il est maintenant à la fin d’une année qui l’avait martelé émotionnellement et physiquement.

Je voudrais de tout mon cœur prendre ma part de tes fatigues, comme je compte sur ma portion de tes mérites, mais il paraît que le bon Dieu veut que je me contente de souffrir de mon inaction et des causes qui m’y réduisent.

Au lieu de se sentir mieux, il se plaint d’avoir plus de mal qu’il en avait il y a cinq mois, quand il se rétablissait à Grans.

J’ai plus de mal à présent que je n’en avais quand nous étions à Grans. Je te le dis pour répondre à l’intérêt que tu prends à ma chétive carcasse.

Lettre à Jacques Jeancard, 14 décembre 1829, EO VII n 341

Ces années de souffrance ne furent pas vaines parce qu’Eugène en sortirait comme une personnalité plus arrondie à laquelle les paroles d’Elisabeth Kubler-Ross pouvaient être appliquées : « Les plus belles personnes que nous connaissons sont celles qui ont connu la défaite, la souffrance, la lutte, la perte, et ont trouvé le moyen de sortir de ces profondeurs.»

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1 réponse à IL PARAIT QUE LE BON DIEU VEUT QUE JE ME CONTENTE DE SOUFFRIR.

  1. Denyse Mostert dit :

    Oui, pauvre Eugène ! On l’imagine aisément, piaffant d’impatience devant une guérison qui tarde à venir et tant de tâches qu’il doit laisser à d’autres !

    Nous savons que le fondateur n’est pas l’homme des demi-mesures. Que ce soit, dans la santé ou la maladie, il n’est pas non plus homme à se contenter de vagues formules. Au P. Jeancard, il confie : « J’ai plus de mal à présent que je n’en avais quand nous étions à Grans ».

    Le malade demeure conscient des difficultés rencontrées par ses missionnaires. Il a pour exprimer ses sentiments des mots qui font flèche de tout bois. Ainsi, au P. Jeancard qui se plaint : « Je voudrais de tout mon cœur prendre ma part de tes fatigues, comme je compte sur ma portion de tes mérites… » Et voilà reconnus non seulement l’effort du missionnaire mais aussi le bonheur de travailler pour le Seigneur qui ne laisse aucun acte d’amour sans récompense.

    Chez Eugène, rien d’exalté non plus dans sa soumission à la maladie. Il sait y reconnaître la volonté de Dieu tout en demeurant loin des déclarations emphatiques parfois entendues. « Il paraît que le bon Dieu veut que je me contente de souffrir de mon inaction et des causes qui m’y réduisent. » Des mots qui expriment l’évidente bien que difficile acceptation.

    On peut rétorquer qu’accepter une situation difficile ne change en rien les difficultés du moment, qu’aucune transformation magique ne se produira.

    On sait cependant que l’effet d’un fiat sincère peut être efficace. Le temps passé en vaines récriminations peut alors se transformer en chemin de réflexion au bout duquel jaillira la sérénité nécessaire pour mieux vivre les moments difficiles.

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