TRAITEZ-LES AVEC CONFIANCE ET DOUCEUR

Alors qu’il allait se rendre en visite officielle auprès de la communauté de Laus au nom d’Eugène, Henri Tempier se voit conseiller comment aborder deux Oblats susceptibles avec qui on avait rencontré des problèmes. Le premier était Alexandre Dupuy, qui devait quitter les Oblats un an plus tard. Cf. http://www.omiworld.org/fr/dictionary/dictionnaire-historique_vol-1_d/193/dupuy-alexandre/)

Qu’il faut que vous traitiez le p. Dupuy avec confiance et douceur, pour dissiper les préventions injustes qu’il avait conçues.

(YENVEUX, VII, 97). Cité en note de bas de page dans EO VII n 333

Quant au supérieur local du Laus, recommandez-lui, comme venant de vous, avec l’adoucissement qu’on met dans la conversation, à être moins susceptible qu’il n’est; il paraît prouvé que c’est un défaut qu’il a et qu’il n’a pas encore reconnu.

Lettre à Henri Tempier, 16 juillet 1829, EO VII n 333

Le second Oblat à devoir être traité avec confiance et douceur était André Sumien (cf. http://www.omiworld.org/fr/dictionary/dictionnaire-historique_vol-1_s/481/sumien-andr-marc/). C’était une personne difficile, et lui et Eugène avaient eu des désaccords dans le passé à propos de sa conduite. Le geste d’Eugène cherchait à le rassurer.

Je n’attendrai pas votre visite pour nommer le p. Sumien deuxième assesseur. Je suis bien aise que cette marque de confiance lui vienne directement de moi pour lui prouver que je lui ai rendu mes bonnes grâces, qu’il était convaincu avoir perdues.

Lettre à Henri Tempier, 16 juillet 1829, EO VII n 333

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Une réponse à TRAITEZ-LES AVEC CONFIANCE ET DOUCEUR

  1. Denyse Mostert dit :

    Confiance et douceur. Voilà bien le schéma cher à Eugène de Mazenod lorsqu’il s’agit de réprimander un de ses fils. Ainsi, la réprimande prend-elle des allures de conseil qui pousse à réfléchir calmement à la situation.

    Ainsi en est-il pour le P. Dupuy qui, en 1830 « n’a pas prononcé le vœu de pauvreté, et se reconnait insuffisamment doué pour les missions et incapable de vivre en paix dans une communauté. Henri Tempier s’entend recommander de faire montre de « patience et douceur pour dissiper les préventions injustes qu’il avait conçues. » Au supérieur du Laus, il doit aussi conseiller moins de susceptibilité…

    Et le père André Sumien ? Lors de la révolution de Juillet 1830, il prend peur et se retire dans son diocèse d’origine. Par lettre du 24 février 1831, le père de Mazenod le dispense de ses vœux. Puis affirmera : « Tout en gémissant amèrement de votre prévarication et de l’extrémité où elle vous a jeté, je conserverai toujours dans mon cœur une véritable affection pour vous que j’ai considéré pendant tant d’années comme mon enfant.» Ces dernières paroles ont-elles frappé le cœur du transfuge ? Il est un fait qu’il demeura en relation avec la Congrégation.

    Que ceci ne fasse pas oublier la proverbiale promptitude d’Eugène. On connaît ses mouvements d’impatience et ses paroles affûtées. Ainsi en 1829 Mgr de Mazenod écrit au père Hippolyte Courtès: «Je t’exhorte à ne pas ménager au père Sumien les observations et les reproches qu’il mérite pour cette causticité qu’il se permet d’autant plus déplacée qu’il a besoin plus que personne de la bienveillance de tout le monde, non seulement pour la médiocrité de ses talents, mais pour tant d’autres motifs qu’on n’a pas oubliés dans le diocèse de Fréjus.»

    La colère, dit-on, est mauvaise conseillère. D’où nécessité de laisser décanter nos frustrations plutôt que de prononcer illico des paroles que l’on pourrait regretter. Un peu de retrait en soi, de méditation et de prière peuvent dicter le message clair et net qui ne causera aucun mal irréparable. Parce que le cœur bien présent adoucira les reproches par ailleurs justifiés et pourra ouvrir la porte vers un changement bénéfique.

    Ref. : Dictionnaire historique

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