TOUT DOIT ÊTRE AXÉ SUR L’ÉVANGÉLISATION

Pour Eugène, le point central pour tous les Oblats devait être l’évangélisation, et, en particulier, la prédication de missions pour le renouveau paroissial. Tout le temps et toutes les énergies devaient servir à ce projet.

Notre vocation étant les missions, ce n’est que par obéissance qu’il faut faire autre chose. Recommande donc au p. Martin de profiter du temps libre qui lui est laissé pour préparer quelques instructions.

Lettre à Hippolyte Courtès, le 27 septembre 1827, EO VII n 283

 C’était cet idéal qu’il rappela au Père Suzanne concernant le temps qu’il prenait à écrire son livre:

Sur le fond, je suis certainement très aise que tu emploies tes loisirs à composer quelque chose d’utile et, tout en admirant la disposition de ton cœur et le détachement que tu marques avoir des productions qui t’ont donné le plus de peine, jamais je ne te mettrai à l’épreuve d’en faire le sacrifice. Tout ce que je désire c’est que l’on se persuade bien qu’un bon catéchisme, s’il convertit plus d’âmes, doit être préféré au plus bel ouvrage.

Alors Eugène apprit que le Père Courtès  envisageait d’écrire un roman, et ce fut alors le comble:

N’est-ce pas exorbitant que j’apprenne, hier seulement, que le p. C [ourtès] a le projet de faire une espèce de roman, et que je l’apprenne par hasard, de tout autre que [de] lui. Si le plan est tel qu’on me l’a dit, il peut se dispenser de l’écrire, car je le déchirerai de mes propres mains..

Lettre à Marius Suzanne, le 5 octobre 1827, EO VII n 285

 

“J’écris parce que l’écriture est un don que Dieu m’a donné pour aider les gens dans le monde.”     Anne Lamott

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One Response to TOUT DOIT ÊTRE AXÉ SUR L’ÉVANGÉLISATION

  1. Denyse Mostert says:

    1827 – à Hippolyte Courtès et Marius Suzanne

    Eugène de Mazenod est catégorique. Tout, y compris le temps de loisir, doit être subordonné à l’œuvre des missions. Évangéliser les pauvres, faire connaître et aimer Jésus Christ sera toujours l’axe de la vocation missionnaire oblate.

    De la part du Fondateur, aucun ordre péremptoire mais chaque chose à sa juste place. C’est ainsi qu’il écrit au P. Courtès : « Recommande donc au p. Martin de profiter du temps libre qui lui est laissé pour préparer quelques instructions. » Et à Marius Suzanne plongé dans la rédaction d’un livre : « Sur le fond, je suis certainement très aise que tu emploies tes loisirs à composer quelque chose d’utile… jamais je ne te mettrai à l’épreuve d’en faire le sacrifice. » Et toujours, en leitmotiv : « que l’on se persuade bien qu’un bon catéchisme, s’il convertit plus d’âmes, doit être préféré au plus bel ouvrage. » Par contre, tolérance zéro au sujet du projet de roman caressé par le P. Courtès. Outré de l’avoir de plus appris par un autre que l’intéressé, le Fondateur n’y va pas de main morte. « Si le plan est tel qu’on me l’a dit, il peut se dispenser de l’écrire, car je le déchirerai de mes propres mains… » Peut-être y a-t-il là-dedans le souhait implicite que ces mots soient rapportés à l’apprenti écrivain !!! Quoi qu’il en soit, le simple concept de roman semble enlever toute objectivité à Eugène.

    Il faut dire que ce genre d’écrit n’a pas toujours été apprécié à sa juste valeur. Du temps de ma jeunesse, le seul mot « roman » signifiait la plupart du temps inutilité, légèreté, jusqu’à scandale même. De nos jours, on peut bien sûr y retrouver de tout cela.

    Il importe de faire des choix éclairés pour découvrir la richesse de certains livres qui nous emmènent dans des pays nouveaux, à travers des situations saisissantes dont le souvenir peut demeurer longtemps gravé dans l’esprit des lecteurs… Et qui sait, apporter parfois des solutions à des problèmes bien concrets… Comme il en est de tout autre moyen de détente, disons qu’il faut savoir en profiter intelligemment et avec mesure.

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