DES RELATIONS QUI ÉPANOUISSENT

Réfléchissant encore à la récompense reçue, Eugène souligne deux aspects qui le remplissent de joie.

J’y vois une espérance d’utilité pour la Société . Voilà ce qui m’en plaît, le Roi allègue précisément le motif du bien que j’ai fait, par les missions, à ses sujets.
Il aurait pu en donner d’autres qui ne m’auraient servi de rien ou du moins que je n’aurais pas pu prendre pour texte si dans la suite nous étions dans le cas de faire quelque démarche.

Lettre à  Marius Suzanne, le 7 mars 1827, EO VII n 264

La première était reliée à la reconnaissance du bon travail opéré par les missions Oblates, et par l‘espoir que cette récompense ouvrirait la porte à une fondation missionnaire dans le Piedmont. La seconde provenait d’une lettre à ce sujet de la part de Louis de Collegno, un ami de longue date  d’Eugène depuis leurs années scolaires au Collège des Nobles à Turin. Il se réfère à Saint Lazare, traditionnellement cru pour avoir été l’ami de Jésus dans l’Évangile, et le premier évêque de Marseille. La “Mer de Lazare” fut une des raisons pour lesquelles  Eugène combattit ardemment pour prévenir la suppression du Diocèse par le gouvernement français. Rey explique:

“C’est le même point de vue, ce sont les mêmes sentiments exprimés par un ami du Fondateur, le Comte Louis de Collegno qui lui écrivit de Turin le 30 mars 1827: “Ma joie fut grande d’apprendre ce nouveau lien établi entre nous: votre incorporation dans l’ordre religieux et militaire des Saints Maurice et Lazare; ces deux saints deviennent maintenant nos protecteurs communs; l’un apporta la foi en Provence, l’autre la porta au Piedmont avec son armée avant d’aller au Valais. Ainsi nous avons mutuellement, vous et moi, les mêmes obligations à l’égard de ces deux saints; s’il vous plaît, aidez-moi dans mes devoirs de gratitude pour l’un, comme je ferai de mon mieux pour vous concernant l’autre.

Je désire fortement, je n’abandonne pas l’espoir que votre but de nous laisser participer au bien que vous faites en France peut être un jour réalisé ici. Il manque même ce qui accompagne les choses ordinaires pour les travaux de Dieu, semences d’opposition qui pourraient maintenant s’avérer moins favorables dans certains cas trop enclins à faire sauter ce qui vient d’ailleurs, même si c’est pour le bien. Comme vous voyez grand, les choix que nous avons faits pour combler le siège de Chambéry va beaucoup y contribuer…

Dans la même lettre, M. Collegno parle de l’office que tous les chevaliers des Saints Maurice et Lazare doivent réciter chaque jour : cette récitation est obligatoire pour ceux qui ont fait vœux et profession. L’office date de très loin et soutient l’évidence valable pour le martyre de Saint Lazare, le premier Évêque de Marseille.

Nous verrons bientôt le nouveau chevalier utiliser son titre pour essayer d’établir une maison Oblate à Chambéry ; mais il n’y réussira pas parce que le Roi de Sardaigne a autorisé une autre Congrégation portant le nom d’Oblats de Marie à le faire. » (Rey I  p.264 – 265)

 

“Vos relations à toutes les choses autour de vous définissent littéralement qui vous êtes.”   Aaron D. O’Connell

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Une réponse à DES RELATIONS QUI ÉPANOUISSENT

  1. Denyse Mostert dit :

    (Lettre à Marius Suzanne, le 7 mars 1827)

    On se rappelle qu’Eugène de Mazenod a été fait chevalier de l’Ordre religieux et militaire des Saints Maurice et Lazare. Le P. Marius Suzanne avait probablement plaisanté à ce sujet. Avec son esprit d’à propos, Eugène tient mettre les choses au point. Deux motifs à cette reconnaissance : En premier, le bien fait par les missions aux sujets de sa Majesté, d’autre part le travail d’Eugène de Mazenod pour prévenir la suppression du diocèse de Marseille.

    Des effets bénéfiques : Le 30 mars 1827, un ami de longue date, le Comte Louis de Collegno, écrit: “Ma joie fut grande d’apprendre ce nouveau lien établi entre nous: votre incorporation dans l’ordre religieux et militaire des Saints Maurice et Lazare; ces deux saints deviennent maintenant nos protecteurs communs; l’un apporta la foi en Provence, l’autre la porta au Piedmont avec son armée avant d’aller au Valais. Ainsi nous avons mutuellement, vous et moi, les mêmes obligations à l’égard de ces deux saints; s’il vous plaît, aidez-moi dans mes devoirs de gratitude pour l’un, comme je ferai de mon mieux pour vous concernant l’autre. »

    « Nous verrons bientôt le nouveau chevalier utiliser son titre pour essayer d’établir une maison Oblate à Chambéry ; mais il n’y réussira pas parce que le Roi de Sardaigne a autorisé une autre Congrégation portant le nom d’Oblats de Marie à le faire. » explique le biographe Rey.

    Quoi qu’il en soit, les Oblats jouissent maintenant d’une assurance nouvelle. On peut affirmer qu’à travers le Fondateur, c’est à la Congrégation entière qu’a été décerné l’Ordre des Saints Maurice et Lazare.

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