QUI SE SOUCIE SI LES POLITICIENS SONT BLESSÉS OU NON

Eugène était Vicaire Général de son oncle Fortuné, Évêque de Marseille. Il était très impliqué dans les lettres pastorales envoyées par son oncle. Les Mazenod étaient sans crainte quand il s’agissait de défendre les droits de l’Église contre le autorités civiles. Eugène se réfère à un de ces incidents dans sa lettre au Père Suzanne. En écrivant cette réflexion aujourd’hui, je vois qu’elle coïncide avec l’élection qui a lieu aujourd’hui aux États Unis et le message d’Eugène continue de nous interpeler dans nos choix politiques pour savoir à qui nous voulons plaire.

Je suis étonné que le mandement ne t’ait inspiré d’autres réflexions que la remarque du mécontentement du Préfet . Les gens qui sentent ici en ont porté un autre jugement, et au séminaire on fut sur le point d’applaudir, ce qui te prouvera qu’on a encore le sentiment des convenances.
Il est du devoir d’un évêque d’apporter le remède selon le mal, qu’importe que les Préfets en soient blessés, tant pis pour eux s’ils sont véreux. Saint Ambroise et saint Jean Chrysostome se mettaient peu en peine de ces genres d’inconvénients.

Lettre à  Marius Suzanne, le 7 mars 1827, EO VII n 264

 Yvon Beaudoin, au bas de la page de cette lettre, nous en donne l’arrière-plan. Dans les années à venir, nous verrons encore plus de conflit entre le gouvernement français et Eugène.

Allusion au Mandement du carême 1827. L’abbé de La Bruyère, prêtre du diocèse de Viviers, prêchait à Marseille avec beaucoup de succès lorsqu’il fut interdit par l’Évêque. Celui-ci avait de graves motifs d’agir de cette façon, motifs qu’il préféra ne pas faire connaître au public. Beaucoup de prêtres et de laïcs marseillais prirent la défense de l’abbé. Dans son Mandement du 11 février, Fortuné leur fait de sérieux reproches: «…Ces devoirs des fidèles à l’égard de leur Évêque, si clairement exprimés dès les temps apostoliques, viennent tout récemment encore d’être méconnus par quelques hommes égarés, au grand scandale de tout notre troupeau…» Les autorités civiles jugèrent cette intervention publique trop forte, d’autant plus qu’on ne parlait plus de cette affaire. «Les écarts multipliés [de l’Évêque], quoique causés par les principes les plus purs, éloignent de lui ceux qui pourraient le fortifier dans son épiscopat et sont un obstacle pour les fonctionnaires publics», écrit le procureur général La Boulie au Ministre, le 3 mars 1827. «Comme moi, M. le Préfet [Villeneuve-Bargemont] gémit des travers du bon Évêque…» Arch. Nat. de Paris, BB 18 1294.”

 

“La séparation de l’Église et de l’État visait à protéger l’Église de l’État; un État qui déclare la religion en dehors des limites de la vie publique est un état qui se déclare au-dessus de toutes les valeurs religieuses.”   Ben Shapiro

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One Response to QUI SE SOUCIE SI LES POLITICIENS SONT BLESSÉS OU NON

  1. Denyse Mostert says:

    (Lettre à Marius Suzanne, le 7 mars 1827)

    Eugène de Mazenod, « bras droit » de son oncle Fortuné doit parfois intervenir devant le mécontentement de certaines décisions épiscopales.

    Ainsi en est-il de l’interdiction de ce prédicateur renommé, l’abbé de La Bruyère, dont parle Mgr de Mazenod dans son Mandement de carême 1827. On en discute abondamment, des prêtres et des laïcs s’érigent en défenseur de l’abbé, les Oblats y vont eux aussi de leurs commentaires.

    «Je suis étonné que le mandement ne t’ait inspiré d’autres réflexions que la remarque du mécontentement du Préfet… », écrit Eugène au P. Marius Suzanne. À Marseille, continue-t-il, la chose est jugée différemment et « au séminaire on fut sur le point d’applaudir, ce qui te prouvera qu’on a encore le sentiment des convenances.»

    Que contientt donc ce Mandement source de tant de remous ? Rien d’autre en fait que l’opinion d’un Évêque conscient du bien de l’Église et d’un Pasteur attristé par le ferment d’insubordination qui découle de la situation . Il déplore : «…Ces devoirs des fidèles à l’égard de leur Évêque, si clairement exprimés dès les temps apostoliques, viennent tout récemment encore d’être méconnus par quelques hommes égarés, au grand scandale de tout notre troupeau…»

    Les autorités publiques entrent à leur tour dans la danse : ««Les écarts multipliés [de l’Évêque], quoique causés par les principes les plus purs, éloignent de lui ceux qui pourraient le fortifier dans son épiscopat et sont un obstacle pour les fonctionnaires publics», écrit le procureur général La Boulie au Ministre, le 3 mars 1827. » La pagaille à son meilleur !

    « Il est du devoir d’un évêque d’apporter le remède selon le mal, qu’importe que les Préfets en soient blessés, tant pis pour eux s’ils sont véreux » déclare Eugène à Marius Suzanne. Ce dernier sait donc à quoi s’en tenir.

    Une situation qui n’est pas sans rapport avec la politique d’aujourd’hui ! Comme au temps d’Eugène, notre devoir de chrétien continue à nous dicter une conduite loyale.

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