UN CŒUR QUI NE PEUT ÊTRE SURPASSÉ PAR PERSONNE QUAND IL PROVIENT DE L’AMOUR

Perturbé par le zèle et l’activité frénétique de ses missionnaires Oblats, Eugène écrit au Père Courtès, le supérieur de la communauté d’Aix, lui recommandant de surveiller la santé de ceux qui lui sont confiés dans la communauté.

…Adieu, soyez tous sages, c’est-à-dire: ne vous tuez pas, car c’est le seul chagrin que vous puissiez me donner, je veux dire de vous rendre malade, car pour le reste n’en parlons pas, je ne puis pas en supporter la pensée. Défaut de [vertu], direz-vous; j’aurais bien quelque chose à répondre à cela sans vouloir néanmoins passer pour vertueux, car il s’en faut que je le sois.

Le souci d’Eugène provient de son amour paternel pour ses Oblats – une caractéristique de sa relation avec ses fils pendant toute sa vie. C’est cet amour paternel expansif qui me le rend si spécial pour moi – un amour qui se prolonge jusqu’à nous aujourd’hui par la communion des saints

Adieu encore une fois. Je t’embrasse avec toute la tendresse d’un cœur qui ne peut céder à personne en amour.

Lettre à Hippolyte Courtès, le 15 octobre 1826, EO VII n 258

 

“Mon père m’a fait le plus grand cadeau que chacun peut donner à une autre personne: il croyait en moi.”   Jim Valvano

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One Response to UN CŒUR QUI NE PEUT ÊTRE SURPASSÉ PAR PERSONNE QUAND IL PROVIENT DE L’AMOUR

  1. Denyse Mostert says:

    Lettre à Hippolyte Courtès, le 15 octobre 1826

    Encore une autre mise en garde pourrait-on dire devant la lettre d’Eugène de Mazenod au supérieur de la maison d’Aix! En effet, avant Hyppolyte Courtès, le P. Honorat et Pierre Mie ont reçu le sérieux avertissement d’avoir à éviter tout travail excessif qui pourrait en même temps être nocif pour leur santé et la bonne marche des missions paroissiales.

    Pour succint qu’il soit, l’avertissement au P. Courtès est clair. « …Soyez tous sages, c’est-à-dire: ne vous tuez pas ». Terme excessif sur lequel Eugène se sent dans l’obligation de revenir : «Pour le reste, n’en parlons pas, je ne puis pas en supporter la pensée. » Ce reste, c’est bien sûr le décès tout récent de Jacques Marcou.

    Étonnant Eugène qui ne craint pas d’exprimer les mouvements de son coeur à une époque où de tels sentiments doivent de préférence être gardés pour soi ! Étonnant et clairvoyant, car le voici qui évoque à présent la possibilité du « défaut de vertu » dont on pourrait le taxer !

    Pense-t-il ici au comportement stoïque qui répond aux critères de son époque ?
    À bien y penser, le jeune homme terrassé un Vendredi Saint par les blessures du Christ ne peut demeurer insensible devant le décès de l’un des siens et la menace qui pourrait bien peser sur des missionnaires imprudents ! L’expression de la crainte, loin d’empêcher l’adhésion à la volonté de Dieu, ne vient-elle pas donner au « fiat » une dimension supplémentaire ?

    La lettre du Fondateur se termine par ces mots : «Je t’embrasse avec toute la tendresse d’un cœur qui ne peut céder à personne en amour. » Bienheureuse spontanéité qui permet à Eugène de partager les mouvements les plus profonds de son cœur !

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