TOUJOURS PRIER

Vivre « en tout pour Dieu » n’arrive pas simplement parce qu’on le souhaite. Il y a une certaine discipline et un effort impliqué dans le fait de s’entraîner consciemment à être attentif à la présence de Dieu. La Lettre aux Éphésiens, 6 : 18, invite les Chrétiens à « toujours prier ». En d’autres mots, à faire les choses en union consciente avec Dieu. Le but d’Eugène n’était pas de vivre comme un moine contemplatif – sa vocation était d’être un missionnaire actif, dont les actions devaient être fermement enracinées dans l’union à Dieu. Aussi quand les gens arrivaient et « dérangeaient » son horaire, il allait les accueillir en transformant ce temps en un moment de rencontre avec Dieu.

Faire toutes mes actions devant Dieu sans perdre un instant Sa sainte présence, avoir grand soin de lui offrir tous les dérangements que le service du prochain m’occasionne.

De façon à cultiver cette habileté à être conscient de la présence de Dieu, il était nécessaire d’apprendre à avoir une certaine mesure de contrôle de soi – d’où le besoin de mortification pour éviter d’être centré sur soi, et de se laisser aller à la tentation de se mettre au centre de la scène.

Mais à l’imitation des saints, aimer la mortification et l’esprit de mortification. Me conduire à cet égard par l’avis de mon directeur sans tomber dans aucun excès en plus ou en moins.

Notes de retraite, Août 1817, E.O. XV n. 144

Saint François d’Assise présentait la même idée : « Il était facile d’aimer Dieu en tout ce qui était beau. Les leçons d’une connaissance plus profonde, cependant, m’ont appris à embrasser Dieu en toutes choses. »

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Une réponse à TOUJOURS PRIER

  1. Denyse Mostert dit :

    Toujours prier ! Un peu irréaliste si on pense aux multiples tâches qui nous attendent chaque jour ! Pourtant, Jésus l’a dit et, à l’instar de bien d’autres saints, Eugène de Mazenod le répète… Alors, irréaliste en apparence ? Oui… Impossible ? Non, en redonnant à la prière sa vraie signification.

    Bien sûr si on se réfère à l’iconographie qui nous a présenté tant de contemplatifs mains jointes et regard brûlant tourné vers le ciel, impossible pour nous de « toujours prier» comme ils semblent le faire si aisément ! Mieux vaut oublier cette option et remplacer le sentiment de culpabilité qui pourrait menacer par un solide bon sens.

    Car enfin, depuis qu’une jeune fille a prononcé le ‘oui’ si opportun pour notre salut, on l’a dit et répété sur tous les tons : « Rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1.37).

    En fait, Marie de Nazareth n’a rien balayé de sa vie habituelle. On la voit en grande confidence avec sa cousine Élisabeth. Comme toutes les mamans elle va accomplir les rites de sa religion; elle élève un fils dont on dit qu’ « il grandissait en âge et en sagesse » (Luc 2.40). Plus tard elle se mêle à la foule pour entendre les paroles du jeune Prophète. On la retrouve en pleurs au pied de la croix en compagnie du seul des Douze qui a osé… Quoi de plus normal encore que cette maman éplorée s’en allant auprès de l’ami fidèle à qui Jésus a dit « voici ta mère » (Jean 19.25.27), devienne en même temps celle de « tous ceux qui étaient devenus croyants…» (Ac 2.44) ?

    Pouvons-nous un seul instant imaginer Marie indifférente aux besoins bien concrets de cette nouvelle communauté ?

    Ces réflexions pourraient paraître quelque peu éloignées d’Eugène si on ne se souvenait que les Missionnaires de Provence ont pris plus tard le nom d’Oblats de Marie Immaculée.

    « Faire toutes mes actions devant Dieu sans perdre un instant Sa sainte présence, avoir grand soin de lui offrir tous les dérangements que le service du prochain m’occasionne », se propose le Fondateur.

    Ne voilà-t-il pas qui résume admirablement la vie de la mère de Jésus, des missionnaires à l’apostolat exigeant et des chrétiens de ce vingt-et-unième siècle où les besoins deviennent de plus en plus criants et la vie de plus en plus rapide ?

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