L’ARCHEVÊQUE D’AIX ME REÇOIT À BRAS OUVERTS ET ME PROPOSE DE ME NOMMER SON VICAIRE GÉNÉRAL

Je sens bien, mon cher ami et bon frère, que la prolongation de mon séjour à Paris exige quelques explications…
Il me reste maintenant une dernière affaire: Mgr de Bausset, archevêque nommé d’Aix, est arrivé pendant que j’étais en retraite. Il m’avait écrit lui-même pour me faire compliment sur la nomination de mon oncle; il me disait dans cette lettre qu’il avait écrit à son neveu, le Préfet de Marseille, pour le féliciter; il ajoutait qu’il regardait mon oncle comme étant infiniment plus propre que lui pour l’archevêché d’Aix, etc.
Je vais le voir, et il me reçoit à bras ouverts, entre avec moi dans mille détails sur le diocèse, et il finit par me dire qu’il a le projet de faire maison nette, et de me nommer son grand vicaire avec une autre personne qu’il me désigna.

Eugène était même prêt à accepter le poste de Vicaire Général d’Aix parce que cela lui donnerait l’autorité nécessaire dans l’Archidiocèse pour protéger les intérêts des Missionnaires. C’était là particulièrement le cas maintenant que le rétablissement du Diocèse de Marseille était en balance.

Il y avait de quoi se féliciter, je crois, car c’est tout ce qu’il nous fallait, non point que je tienne à être grand vicaire; pour moi, cela m’est indifférent et me serait même très à charge; mais l’avantage pour notre œuvre était incalculable, et je ne l’envisageais que sous ce point de vue..

Lettre à Henri Tempier, le 9 octobre 1817, E.O. VI n.24

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1 réponse à L’ARCHEVÊQUE D’AIX ME REÇOIT À BRAS OUVERTS ET ME PROPOSE DE ME NOMMER SON VICAIRE GÉNÉRAL

  1. Denyse Mostert dit :

    Malgré sa hâte de retrouver ses chers compagnons à la Mission d’Aix, Eugène de Mazenod va devoir prolonger son séjour à Paris. C’est une lettre proprement jubilatoire qu’il envoie, le 9 octobre 1817, à Henri Tempier.

    On le sait Ferdinand de Bausset tient en haute estime les Missionnaires de Provence. Son appréciation s’étend aussi à l’oncle Fortuné. Il me disait, raconte Eugène à son ami « qu’il regardait mon oncle comme étant infiniment plus propre que lui pour l’archevêché d’Aix, etc. »

    Le plus beau reste à venir : « Je vais le voir, [continue Eugène] et il me reçoit à bras ouverts, entre avec moi dans mille détails sur le diocèse, et il finit par me dire qu’il a le projet de faire maison nette, et de me nommer son grand vicaire avec une autre personne qu’il me désigna. »

    On se rappelle qu’au début de son ministère, Eugène a « refusé une responsabilité diocésaine afin d’aller aux pauvres, aux travailleurs, aux jeunes, aux malades et aux prisonniers d’Aix »… (*)

    Mais voilà… le temps a passé, le jeune prêtre et ses missionnaires se sont colletés à la hargne du clergé aixois. Conscient des difficultés de toutes sortes, le Fondateur reçoit comme une grâce insigne le projet de Mgr de Bausset.

    Et il est à parier que tous les Missionnaires de Provence se réjouissent avec lui à la perspective d’enfin poursuivre leur ministère dans la sérénité.

    Dans la lettre d’Eugène à son ami, on devine tout de même une certaine réticence. Ce poste de grand vicaire auquel il ne tient pas, pourrait même lui être «très à charge ».

    Mais le Fondateur pense d’abord à tous ces gens de Provence auxquels, avec ses compagnons, il a voué sa vie. Et la fonction de vicaire général va être un « avantage incalculable » pour les missionnaires. Tout est dit !

    Une générosité totale ! À laquelle réfléchir devant des propositions inattendues où notre confort personnel le dispute au bien communautaire escompté…

    (*) http://omiworld.org

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