LE NOUVEL ARCHEVÊQUE D’AIX

La nomination de Fortuné comme Évêque de Marseille était une protection à long terme pour les Missionnaires, et elle ne résolut pas le problème immédiat des menaces représentées par certains des prêtres de paroisse d’Aix pour l’existence du groupe. À la fin de septembre 1817, l’entente du Concordat avec le Pape commença à devenir incertaine, et avec elle le rétablissement du diocèse de Marseille.

Quand Eugène arriva à Paris en juillet 1817, la nomination du nouvel Archevêque d’Aix était sur le point d’être annoncée. C’est avec lui qu’Eugène allait devoir s’entendre pour assurer la survie des Missionnaires dans la ville d’Aix. Et ainsi, son séjour à Paris

sera prolongé jusqu’à ce que j’aie connu et vu notre nouvel archevêque ; c’est avec lui qu’il faut que je traite de nos affaires. Il n’y a rien à faire pour le moment du côté du Gouvernement..

Lettre à Henri Tempier, le 26 juillet 1817, E.O. VI n. 18

Le nouvel Archevêque fut annoncé le 8 août 1817 : c’était Ferdinand de Bausset, un homme qui avait une haute opinion d’Eugène. Son neveu était novice chez les Missionnaires d’Aix, et l’Archevêque avait écrit à Eugène à ce sujet en termes chaleureux:

Je n’ai qu’à prier le Seigneur de confirmer ce qu’il opera en lui et de le rendre un jour un digne minister de ses autels, en un mot d’en faire un autre vous-même.

Lettre de Mgr de Bausset à Eugène de Mazenod, 20 octobre 1816, in Missions, 79 (1952), 117-19

Les choses semblaient être brillantes pour Eugène et les Missionnaires…

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1 réponse à LE NOUVEL ARCHEVÊQUE D’AIX

  1. Denyse Mostert dit :

    1817, une année fertile en rebondissements de toutes sortes ! Une période où Eugène de Mazenod va tout mettre en œuvre pour assurer la survie de l’œuvre à laquelle il tient tant.

    Une première tentative auprès des autorités civiles échoue. Le 26 juillet 1817, il écrit à Henri Tempier « Il n’y a rien à faire pour le moment du côté du Gouvernement. »
    Ce serait mal connaître le Fondateur que de penser qu’il va arrêter là ses efforts.

    Et puis voici que l’horizon semble s’éclaircir lorsque, le 8 août le diocèse d’Aix est pourvu d’un nouvel archevêque. Comme les de Mazenod, Ferdinand de Bausset a vécu le déracinement alors qu’en 1791, il est contraint de quitter son pays, « après avoir refusé le serment exigé par l’Assemblée nationale», (*)

    D’autre part, il tient en haute estime les Missionnaires de Provence et leur Fondateur. « Je prie le Seigneur… d’en faire un autre vous-même », écrit-il déjà en 1816 à Eugène de Mazenod alors que son propre neveu fait son noviciat chez eux.

    Tout ceci n’augure-t-il pas bien pour la petite Société tellement décriée ? Les Missionnaires de Provence ne peuvent-ils pas devant ce secours imprévu qui se dessine pour eux, reconnaître avec l’apôtre Paul combien sont « impénétrables les voies du Seigneur » (Rom 11,34) et regarder avec une confiance renouvelée les perspectives d’un avenir désormais prometteur ?

    Un épisode à méditer lorsque aucun de nos efforts ne semble apte à dénouer les imbroglios de certaines situations…

    (*) http://fr.wikipedia.org

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