MÊME LES SAINTS ONT UN BRIN DE VANITÉ

La mère d’Eugène se souciait constamment de sa santé et de ses pauvres habitudes de se nourrir. Il la réassure à partir de Paris :

Je viens par hasard de me regarder au miroir. Mais c’est horrible, je n’oserai plus paraître à Aix, je n’ai plus de trous aux joues, je suis gras comme une caille. J’en suis honteux.

Lettre à sa mère, le 10 septembre 1817. Archives OMI de Rome AGR FB IX, 1

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Une réponse à MÊME LES SAINTS ONT UN BRIN DE VANITÉ

  1. Denyse Mostert dit :

    Les portraits d’Eugène de Mazenod à l’époque qui nous occupe présentent un jeune homme aux joues creuses et au regard intense qui exprimant une détermination à réaliser entièrement la volonté de Dieu.

    Madame de Mazenod a de bien bonnes raisons de se soucier de la santé de son fils. L’exil forcé du Fondateur sur les bords de l’Huveaune remonte a peine à un an. D’autre part, elle sait que le séjour à Paris consiste en démarches fatigantes qui peuvent avoir des répercussions sur la santé d’Eugène.

    « Je n’oserai plus paraître à Aix, je n’ai plus de trous aux joues, je suis gras comme une caille » écrit ce dernier pour rassurer sa mère. J’aime croire que Marie-Rose Joannis a su faire la part de l’exagération méridionale et trouvé dans ces mots un humour somme toute rassurant…

    « Même les saints ont un brin de vanité » titre le commentaire de ce jour. Il est vrai que certains d’entre eux ont fait et font encore abstraction de leur apparence physique… Tout cela n’est-il pas une question de réponse à l’appel singulier auquel ils ont choisi de répondre ?

    Qu’Eugène ne soit pas fier de l’allure de bien nourri que lui révèle le miroir, rien là d’étonnant de la part du fils du Président aux premières années vécues dans l’aisance et plus tard au retour d’exil, du jeune noble grand amateur de la vie mondaine aixoise !

    Non, Eugène n’est pas satisfait. « Je viens par hasard de me regarder au miroir… j’en suis honteux… »

    J’aime y voir une incitation pour les saints en devenir que nous sommes de prendre en compte santé spirituelle et apparence physique. Parce que l’attention accordée à l’une comme à l’autre peut nous instruire non seulement sur l’état de notre corps mais aussi sur ce qui est susceptible d’épanouir davantage notre relation à Jésus Christ et aux autres.

    Soyons tout de même assez honnêtes pour reconnaître qu’un brin de vanité peut se glisser dans nos rapports avec « le conseiller des grâces ». (*)

    Lors d’une homélie, une réflexion est venue tempérer en moi un sentiment confus de culpabilité, reliquat d’une éducation très stricte. « En commençant votre journée, recommandait le prédicateur, regardez-vous franchement dans votre miroir… souriez… et vous verrez combien l’image qu’il vous renvoie alors vous satisfait et pourra faire le bonheur de ceux que vous allez rencontrer pendant cette journée. »

    Ne peut-on y reconnaître, sans trop de forfanterie un petit mais pourtant réel aspect de la charité ?

    (*) Les Précieuses ridicules – Molière

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