LA COMMUNAUTÉ EST PLUS QU’UN SIMPLE GROUPE DE PERSONNES AGRÉABLES LES UNES ENVERS LES AUTRES

Insistant pour que Tempier et la communauté travaillent pour continuer de « faire de notre maison un paradis sur terre », Eugène souligne certaines des qualités nécessaires pour que ceci s’accomplisse. Ils ont à éviter d’être centrés sur eux-mêmes, à être zélés pour Dieu et pour sa mission, et à avoir un esprit de famille aimant. Ceci

l’établira d’une manière plus solide que toutes les ordonnances et toutes les lois possibles

Cependant, si beaux ces idéaux soient-ils, les limitations humaines et les influences externes rendent nécessaires le maintien d’une auto-discipline personnelle et communautaire, afin de les accomplir et de construire sur les fondations. Comme pour tout accomplissement humain, il est nécessaire de définir avec clarté les objectifs, puis de s’engager à la discipline nécessaire à leur réussite et au maintien des idéaux. En voici donc la charge :

Maintenez bien le nerf de la discipline, c’est le moyen d’assurer la persévérance;
le relâchement, je le vois, est un principe de destruction.
Tenez à ce que la dissipation ne s’introduise pas par toutes ces portes et ces fenêtres que notre ministère nous empêche de murer.
Il y aura bien plus de vertu d’être fidèle au règlement lorsqu’on l’observera malgré les obstacles qui se renouvellent sans cesse…

Lettre à Henri Tempier, le 12 août 1817, E.O. VI n. 20

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Une réponse à LA COMMUNAUTÉ EST PLUS QU’UN SIMPLE GROUPE DE PERSONNES AGRÉABLES LES UNES ENVERS LES AUTRES

  1. Denyse Mostert dit :

    « La communauté est plus qu’un groupe de personnes agréables les unes envers les autres ». Eugène de Mazenod s’y entend pour déjouer les pièges que la nature humaine peut tendre à l’idéal le plus élevé !

    L’esprit de famille qu’il souhaite voir parmi les siens comprend bien sûr l’entente fraternelle à laquelle chacun apporte spontanément ses efforts personnel. Perspective bien agréable qui peut se vivre dans nos foyers et ailleurs « dans le monde », mais insuffisante à assurer la constance d’un travail apostolique soumis comme tout le reste aux hauts et bas de la vie.

    Jésus nous le rappelle : « L’esprit est prompt, mais la chair est faible.» (Matt. 26.41). Qu’en serait-il d’une communauté où, des difficultés se présentant, chacun se targuait d’appliquer la solution qu’il trouverait adéquate ? Qu’en serait-il de la profondeur d’une communauté où le superficiel présiderait la vie de tous les jours ? Qu’en serait-il de la vie spirituelle de religieux si mille et une raisons toutes plus pertinentes les unes que les autres en arrivaient à espacer leurs moments de rencontres avec Dieu ?

    La discipline vue par Eugène, loin de se présenter comme une ascèse contre nature, n’est autre que la protection aimante d’un père conscient des dangers possibles d’un laisser-aller envahissant.

    Il est certes bien agréable de nous retrouver entre Laïcs Associés et de partager notre manière de vivre le charisme d’Eugène de Mazenod. Il est toutefois vrai que, tout comme les Oblats, nous avons besoin de la structure de base qui assure une indispensable cohérence. Pour que se perpétue l’esprit de famille si cher à notre Fondateur, nous devons accepter également certains renoncements pour aplanir des tentions toujours possibles.

    Finalement, avec toute la grande famille mazenodienne, c’est dans cette charité si chère à Eugène que nous avons à goûter la richesse de l’idéal partagé, où chacun vient donner et où chacun à son tour reçoit.

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