LA COMMUNAUTÉ QUE J’AIME TENDREMENT DANS LE SEIGNEUR, NOTRE COMMUN AMOUR

Comme nous l’avons vu, le temps de repos forcé d’Eugène est devenu l’opportunité d’une retraite et d’un temps de réflexion sur les évènements mouvementés des mois précédents. Cela a été un temps rempli de grâce parce qu’il lui a permis d’aboutir à certaines perspectives sur lui-même, mais aussi sur la congrégation des Missionnaires, dans son développement et sa direction.

Il est devenu conscient du fait que la communauté était pour lui une partie de sa vie, ô combien nécessaire. En communauté, il a fait l’expérience du groupe auquel il appartenait :

Je suis ici comme un poisson hors de l’eau; mon unique consolation est de vous suivre dans vos pieux exercices. J’y suis plus fidèle que quand j’étais au milieu de vous.

Sa retraite souligne, une fois encore, le besoin de chercher la sainteté personnelle, « être » afin de « faire » :

Si le bon Dieu m’exauce, il n’y aura pas de plus saints prêtres que vous, mes chers frères, que j’aime tendrement dans le Seigneur, notre commun amour.

C’était le Seigneur, « notre commun amour », qui avait rassemblé la communauté et lui assurait de continuer à exister. La qualité de vie des missionnaires devait être telle qu’ils seraient, dans la communauté, un témoignage de vie selon les vertus évangéliques de Jésus, « notre commun amour ». Alors, ceci en attirerait d’autres qui voudraient imiter leur style de vie et leur engagement.

J’embrasse nos chers novices et je prie Dieu qu’il leur accorde d’imiter vos vertus.

Lettre adressée à « nos chers frères, les missionnaires à Aix »,
Juillet 1816, E.O. VI n 12

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1 réponse à LA COMMUNAUTÉ QUE J’AIME TENDREMENT DANS LE SEIGNEUR, NOTRE COMMUN AMOUR

  1. Denyse Mostert dit :

    Dans l’autoportrait qu’Eugène de Mazenod rédige pour son directeur spirituel, en 1808, l’amitié prend déjà une place très importante. Elle se doit d’être réciproque. Alors, écrit le jeune séminariste « elle donne ainsi le dernier développement à l’électricité de mon cœur ».

    En 1814, le sujet réapparaît teinté d’une légère crainte : « Cependant je crois qu’il faut que je surveille mon cœur trop aimant, trop tendre, trop affectueux, trop sensible… ce sont mes amis que j’aime trop, à l’amitié, à la tendresse desquels j’attache, ce me semble, trop de prix. »

    De sa retraite forcée de 1816, Eugène ne peut s’empêcher de suivre en pensée cette communauté à qui ses excès de fatigue ont fait passé de bien difficiles moments. Il reconnaît en toute simplicité : «Je suis ici comme un poisson hors de l’eau; mon unique consolation est de vous suivre dans vos pieux exercices. J’y suis plus fidèle que quand j’étais au milieu de vous. »

    Le repos lui fait réaliser combien la beauté et la force de l’amitié sont nécessaires à un travail apostolique cohérent. C’est donc dans une « parfaite liberté d’esprit, en union avec Dieu » qu’Eugène va se permettre cette déclaration lumineuse : « Si le bon Dieu m’exauce, il n’y aura pas de plus saints prêtres que vous, mes chers frères, que j’aime tendrement dans le Seigneur, notre commun amour… J’embrasse nos chers novices et je prie Dieu qu’il leur accorde d’imiter vos vertus ».

    Une telle amitié subordonnée au Royaume de Dieu ne peut avoir que des effets bénéfiques. Par la joie qu’elle suscite. Et surtout parce qu’elle conduit à contempler l’humanité aimante de Jésus Christ. Celui dont Jean écrit : «Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous… » (Jn 1 :14). Celui dont on sait que le coeur était ouvert à toute amitié.

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