IL EST FÂCHEUX QUE LES FORCES DU CORPS NE CORRESPONDENT PAS À L’ACTIVITÉ DE L’ÂME

Eugène apprend à revenir à la raison concernant les limites que son corps impose à son zèle missionnaire. Il a besoin de lui assurer l’énergie nécessaire pour mettre ses idéaux en pratique.

Soin du corps.
Il y a trop de connexion entre l’âme et le corps pour qu’il n’importe pas infiniment de régler les habitudes de celui-ci de manière à ce qu’il ne nuise pas aux opérations de l’âme par son affaissement, etc. Il vaut mieux le régler d’une manière sage, pour être à même de le gouverner et de le tenir toujours dans la dépendance de l’âme, de façon qu’il puisse la seconder, etc., que si, en forçant ce baudet, on l’éreintait, si bien qu’il se couchât par terre et ne fût plus en état de marcher.
J’ai éprouvé cet inconvénient. Il est fâcheux sans doute que les forces du corps ne correspondent pas à l’activité de l’âme, mais il en est ainsi et c’est par la volonté de Dieu.
Il faut donc se prêter à cet ordre de choses et tirer le meilleur parti que l’on peut de l’âne, en ne lui refusant pas ce qui lui est indispensablement nécessaire pour qu’il fasse son service.

Notes de retraite, Juillet-Août 1816, E.O. XV n 139

A partir de ce moment, il a commencé à insister sur le même message pour le bien-être de ses missionnaires – même si, occasionnellement, il se laissait emporter par son zèle et ne pratiquait pas se qu’il prêchait.

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1 réponse à IL EST FÂCHEUX QUE LES FORCES DU CORPS NE CORRESPONDENT PAS À L’ACTIVITÉ DE L’ÂME

  1. Denyse Mostert dit :

    Rien de tel qu’une halte, obligée ou non, pour faire le point sur notre façon d’être et admettre enfin une évidence visible à tous… sauf à nous-mêmes.

    Salutaire mais pas si facile… Surtout lorsque l’on se sent, comme Eugène de Mazenod, investi d’une mission à laquelle on a dédié sa vie entière, sans en mesurer toutes les conséquences.

    Une mission qu’en plus on n’a pas choisie par goût personnel comme il l’écrit en 1815 à son ami Forbin Janson. «Accablé de fatigues et de chagrin… je me demande à moi-même comment, moi, qui jusqu’à ce moment n’avais pu me déterminer à prendre un parti sur cet objet, tout à coup je me trouve avoir mis en train cette machine, m’être engagé à sacrifier mon repos et hasarder ma fortune pour faire un établissement dont je sentais tout le prix, mais pour lequel je n’avais qu’un attrait combattu par d’autres vues diamétralement opposées! »

    Façon de parler d’ailleurs, car Eugène reconnaît bien la volonté de Dieu dans « la secousse extérieure » du Vendredi Saint 1807 qui a donné le coup de pouce final à un projet déjà en train de croître tout doucement au fond de son cœur.

    Et c’est encore ce vouloir divin qui oriente les réflexions de l’homme épuisé pendant le si nécessaire repos. Il faut, écrit-il « tirer le meilleur parti que l’on peut de l’âne, en ne lui refusant pas ce qui lui est indispensablement nécessaire pour qu’il fasse son service ».

    À la suite du pauvre d’Assise, Eugène reprend cette appellation un peu méprisante du corps, pourtant support incontournable de ce que nous sommes. Il est vrai que François l’appelait affectueusement « frère l’âne »…

    Par contre, le grand Paul de Tarse a su donner au corps la place qui lui revient de droit. « Dieu a placé chacun des membres dans le corps, comme il l’a voulu… Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui… « (1Cor. 12) N’y peut-on voir un appel à prendre soin de cet ouvrage de Dieu qui va nous permettre d’offrir un service harmonieux et efficace ?

    Eugène de Mazenod n’est pas seul à découvrir à ses frais qu’un esprit saint ne trouve sa place que dans un corps sain. D’où l’attention nécessaire à un temps d’arrêt qui peut devenir l’espace d’un bienheureux renouvellement de tout notre être.

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