MISSIONS PAROISSIALES: CHAUDEMENT ACCUEILLIES PAR LE PEUPLE

En général, les missions paroissiales étaient bien accueillies par la majorité de la population des villages, qui avaient été privée du renouveau religieux authentique. La description que donne Eugène de l’accueil qu’ils reçurent à Marignane, montre l’intensité des émotions du sud:

Ce qu’il y a eu de remarquable dans cette réception, c’est l’empressement, la joie, les transports du peuple qui, malgré le vent impétueux, s’était porté en foule jusqu’à Saint-Nicolas et qui témoignait ses sentiments par les paroles les plus expressives. On se prosternait de tout côté au passage des missionnaires, en poussant des cris de joie et en chantant spontanément, par une sorte d’explosion de sentiments, le premier verset du Cantique: O missien tan desirado!. On voyait des personnes élever les bras au ciel avec transport, d’autres les ouvrir avec affection, en versant des larmes et en donnant mille bénédictions aux envoyés du Seigneur.

Journal de la Mission de Marignane, 17 novembre 1816, E.O. XVI

Pour donner une idée de ce à quoi la langue provençale ressemblait, voici le premier couplet de l’hymne dont parle le texte ci-dessus :

 O missien tan desirado!
Sias arribado:
O missien tan desirado!
Sias vengudo enfin;
Que Dieou que vous a mandado;
Siegue beni senso fin.

Recueil de cantiques français et provençaux à l’usage des Missionnaires de Provence. Avignon, 1818

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Une réponse à MISSIONS PAROISSIALES: CHAUDEMENT ACCUEILLIES PAR LE PEUPLE

  1. Denyse Mostert dit :

    En ce 17 novembre 1816, on lit dans Le Journal de la Mission de Marignane un compte-rendu lumineux comme un jour d’été. Eugène y décrit en termes très vifs « l’empressement, la joie, les transports du peuple » qui saluent l’arrivée des missionnaires.

    Qui sont-ils ces gens tellement heureux dont la joie est telle qu’il l’expriment spontanément dans leur chaude langue provençale ? Ils sont des victimes de la Révolution. Ils ont dû faire face à tant de situations difficiles, intenables parfois, qu’ils réalisent mal qu’avec le retour de la paix, leur vie peut redevenir tout autre.

    L’accueil réservé aux missionnaires est en lui-même un fait probant que tout espoir n’est pas mort chez les Provençaux. La sollicitude particulière dont ils vont être l’objet au cours de la mission va leur redire toute leur dignité humaine, toute l’importance qu’ils ont aux yeux du Christ Sauveur qui a donné sa vie pour tous sans exception aucune. « [Les missions] se caractérisaient, avant tout, par la place centrale qu’occupait la Parole de Dieu, annoncée de façon compréhensible et adaptée au peuple; on utilisait la langue populaire, des discours substantiels qui avaient de la suite. » (*)

    Ce message, ils vont le recevoir tels qu’ils sont, avec leurs plaies mal refermées, avec les souvenirs de tant de jours où ils ont dû vivre refermés sur eux-mêmes dans la crainte de représailles toujours possibles.

    « O missien tan desirado ! » – « Son but était de leur faire connaître Jésus Christ et d’étendre en eux son Règne, les ramener à l’Église et à la pratique chrétienne en les instruisant sur les vérités fondamentales de la foi et sur ses exigences pratiques. »

    Dans quelle mesure les missions atteignaient-elles ce but ? La réponse appartient au domaine de la foi. Une foi que nous rappelle cette parole de l’écriture : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange. » (Is. 55,10)

    (*) Dictionnaire des Valeurs oblates : Évangélisation et mission.

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