JE ME SUIS LAISSE ALLER A OUVRIR MON CŒUR, ET A EXPRIMER BIEN FAIBLEMENT CE QUE JE SENS AUTREMENT QUE JE NE SAURAIS JAMAIS LE DIRE

En tant que vicaire général de son oncle l’évêque Fortuné, Eugène a dû être l’homme de main du diocèse pour nettoyer de nombreuses situations désordonnées et pour inculquer une certaine discipline au sein du clergé, qui n’avait plus d’évêque résident depuis plus de 20 ans, et dont beaucoup étaient devenus des « évêques » indépendants dans leurs paroisses. 

Je rends grâce à Dieu de m’avoir éclairé sur ce point par de bien cruelles expériences. Ne m’étais-je pas dit maintes fois dans la vanité de mes pensées, qu’après tout, si j’avais tout à coup rencontré tant de personnes qui s’étaient élevées contre moi par l’effet d’une prévention évidemment injuste et coupable, cela tenait peut-être moins à la jalousie et à la haine qu’excitent les conceptions utiles et les réformes salutaires et même nécessaires, qu’à cela seul que l’on ne me connaissait pas. Et vidi quod hoc quoque esset vanitas [Ecclesiastes 2;2]. N’ai-je pas été méconnu, méprisé, bafoué, calomnié, haï par ceux qui me connaissaient bien ou qui du moins auraient pu me connaître, vivant avec moi, me voyant agir sous leurs yeux, par ceux qui non seulement avaient été les témoins de mon excessive bonté, mais qui en avaient été l’objet; par ceux que j’avais comblés de bienfaits. Vanitas vanitatum et omnia vanitas…, et vidi quod hoc quoque esset vanitas.[Ecclesiastes 1:2;2:1].

Comment se fait-il que j’ai écrit toutes ces choses? Eructavit cor meum…[Psalm 45:1] . Je me suis laissé aller à ouvrir mon coeur, et à exprimer bien faiblement ce que je sens autrement que je ne saurais jamais le dire. Revenons à notre Journal.

Journal d’Eugène de Mazenod, 31 mars 1839, EO XX

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1 réponse à JE ME SUIS LAISSE ALLER A OUVRIR MON CŒUR, ET A EXPRIMER BIEN FAIBLEMENT CE QUE JE SENS AUTREMENT QUE JE NE SAURAIS JAMAIS LE DIRE

  1. Denyse Mostert dit :

    QUAND LE CŒUR S’OUVRE…
    Le Vicaire général de Mgr Fortuné de Mazenod a bien des choses à confier à son Journal du 31 mars 1839

    Le travail ne lui manque pas que ce soit « pour nettoyer de nombreuses situations désordonnées et pour inculquer une certaine discipline au sein du clergé qui n’avait plus d’évêque résident depuis plus de 20 ans, et dont beaucoup étaient devenus des
    « évêques » indépendants dans leurs paroisses. » Y implanter un modus vivendi nouveau est loin d’être une sinécure.

    Il va lui falloir au nouveau Vicaire général réviser certaines de ses convictions en lesquelles il croyait dur comme fer. Comme par exemple la pensée que s’il avait rencontré des oppositions sur son chemin, c’était dû au fait qu’il était inconnu dans le travail qu’il avait accepté de faire pour soulager son oncle vieillissant à qui il avait d’ailleurs promis d’être son bras droit… Mais aussi, comment ceux qui le connaissaient bien, pour l’avoir vu agir sous leurs yeux, en étaient eux aussi arrivés à le « méconnaître, mépriser, bafouer, calomniér et haïr… » ?

    Seule la foi, et une foi acquise sur l’expérience, peut permettre une telle acceptation et ramener directement à ce verset de l’Ecclésiaste 1. 2 que nous connaissons tous : « Vanité des vanités, tout est vanité ».

    De tels propos n’étant pas chez lui monnaie courante, Eugène de Mazenod se sera sans doute demandé comment il en est arrivé â écrire ces mots. Il a certainement reconnu là l’œuvre de l’Esprit Saint et espéré du soulagement de cette échappée inhabituelle chez lui.

    Quoi qu’il en soit, nous savons que Dieu est Vérité et ne peut qu’apprécier les sentiments sincères que nous laissons monter vers Lui…

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