CHAQUE JOUR EST BON POUR PARTAGER LA HONTE DE LA CROIX QUE NOUS DEVONS PORTER EN SUIVANT LES TRACES DU SAUVEUR

Dès sa nomination comme évêque de Marseille, Eugène a rédigé un journal quotidien rappelant les événements de la journée et ses réactions personnelles. Il nous donne une image intime de ce qui se passait en lui.

Le dimanche de Pâques 1839, il a écrit l’une des plus longues notes que nous ayons. Il était choqué par certaines allégations scandaleuses qui avaient été faites contre lui, et dans l’émotion du moment il déverse son cœur dans son journal. Profondément blessé par ces initiatives, la rédaction de ce journal lui donne l’occasion de se défouler et de revenir sur sa vie et les motivations de ses actes.

C’est un document long, mais qui vaut la peine d’être lu car il révèle certaines facettes importantes de sa vie. Les dix prochaines notes de « St Eugene Speaks » en traitent. Certains passages sont longs, mais ils sont importants car ils nous donnent de toucher vraiment le cœur d’Eugène.

L’évêque Eugène a écrit dans son journal :

Le 31 mars

Saint jour de Pâques. Lettre de condoléance et d’affection au pauvre Brunet, curé de la Ciotat.

L’année passée on vint, le jeudi saint, me prévenir que certains mauvais sujets préparaient un pamphlet infâme contre moi, et l’on me montra l’épreuve d’un premier essai en ce genre qui était bien la chose du monde la plus dégoûtante. J’acceptai ce calice d’amertume qui m’était présenté très à propos, car nous allions faire le mandatum pour chanter ensuite l’office du vendredi saint.

Le jour du dimanche de Pâques, Eugène a été informé que quelqu’un d’autre était sur le point de publier une publication scandaleuse à son encontre.

Cette année, monsieur Bourgarel, jeune avocat très honnête, s’est présenté chez moi au moment où j’allais partir pour officier à la cathédrale le grand jour de Pâques, pour m’annoncer que l’indigne femme Arbieu, cette malheureuse que j’ai dénoncée au procureur général comme tenant une maison de prostitution sous l’invocation apparente du saint nom de Marie et avec un costume religieux pour mieux tromper les parents qui croyaient placer leurs enfants dans un pensionnat, faisait faire par quelques avocats dévergondés comme elle un mémoire contre moi et contre plusieurs prêtres où seraient accumulées toutes les infamies possibles. J’aurais préféré que cet avis me fût arrivé deux jours plus tôt. C’était un aliment de semaine sainte, une fleur de Golgotha, et non point un sujet de méditation pour la solennité du jour. Mais après tout, tous les jours sont bons pour participer aux ignominies de la croix que nous devons porter chaque jour à la suite du Sauveur.

Le journal d’Eugene de Mazenod, 31 mars 1839, EO XX

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1 réponse à CHAQUE JOUR EST BON POUR PARTAGER LA HONTE DE LA CROIX QUE NOUS DEVONS PORTER EN SUIVANT LES TRACES DU SAUVEUR

  1. Denyse Mostert dit :

    PORTER NOS CROIX A LA MANIÈRE DU CHRIST…

    Le temps de Pâques 1839 qui aurait dû être Temps de Joie n’apporte que douleur au cœur de Mgr Eugène de Mazenod fraichement promu évêque de Marseille.

    Son Journal du 31 mars 1839 rapporte sa douleur devant « certaines allégations scandaleuses » à son égard. Ceci sous les formes d’un « pamphlet infâme… qui était bien la chose du monde la plus dégoûtante. » En outre, il est informé qu’une « autre publication scandaleuse » contre lui est prête à être publiée.

    L’offense est de taille. Elle provient de « l’indigne femme Arbieu … tenant une maison de prostitution sous l’invocation apparente du saint nom de Marie… » De concert avec « quelques avocats dévergondés comme elle un mémoire contre Mgr de Mazenod et plusieurs prêtres où seraient accumulées toutes les infamies possibles » est a l’ordre du jour.

    Comment réagir devant une telle diffamation ? Il est évident que Mgr Eugène de Mazenod va lui apporter toute l’attention nécessaire allant jusqu’à associer cette triste affaire à « une fleur du Golgotha ». Il conclura alors « Mais après tout, tous les jours sont bons pour participer aux ignominies de la croix que nous devons porter chaque jour à la suite du Sauveur. »

    Voici une conduite héroïque dont je me demande si je serais capable le cas échéant. Mais au fond, le mieux n’est-il pas, comme l’a fait notre Fondateur, de faire face à la situation pour y apporter l’élément de vérité que nous avons à faire valoir.

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