QUAND LE DECORUM COMPTE PLUS QUE LA CEREMONIE RELIGIEUSE

Mgr Eugène relate dans son journal:

Obsèques du comte Pagano, consul général de Sardaigne , chevalier de St-Maurice. Sa qualité de consul de Sardaigne et de chevalier de St-Maurice, jointe aux bons procédés qu’il avait eus pour moi pendant sa vie, m’ont déterminé à aller assister à l’office de ses obsèques pour y faire l’absoute. J’en ai prévenu la famille par une lettre fort polie.
Quel est mon étonnement, en arrivant à St-Charles, paroisse du défunt, d’apprendre qu’il n’y aurait point de grand-messe à ces funérailles quoique le pauvre mort eût fait des dispositions toutes contraires. J’ai fait des reproches à celui qui est venu me faire des excuses au nom de la famille qui s’était engagée avec le cortège à ne pas le retenir si longtemps à l’église, et pour marquer plus expressément ma réprobation d’une complaisance si fort contraire à l’esprit de l’église, j’ai signifié que je ne paraîtrais pas pour faire l’absoute comme je me l’étais proposé.
Cette leçon a dû être sentie et monsieur le curé aura appris aussi qu’il n’est pas opportun de se prêter si facilement aux caprices peu religieux des familles. C’était le troisième exemple coup sur coup de cette espèce d’impiété, dans la paroisse de St-Charles.

Journal d’Eugène de Mazenod, 4 février 1837, EO XVIII

Les temps ne semblent pas avoir changé ! Combien de fois on nous demande de sacrifier la véritable célébration sacramentelle en faveur du lieu de réception du mariage ou de la commodité des directeurs de funérailles !

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2 réponses à QUAND LE DECORUM COMPTE PLUS QUE LA CEREMONIE RELIGIEUSE

  1. Denyse Mostert dit :

    Journal d’Eugène de Mazenod, 4 février 1837, EO XVIII
    En reconnaissance pour le comte Pagano, consul général de Sardaigne avec qui il a vécu de bonnes relations, Eugène de Mazenod a notifié sa présence aux funérailles. La famille du défunt en a été prévenue « par une lettre fort polie » dont on se demande si elle en a pris connaissance, car la grand-messe en a été annulée.

    Comprenant la signification profonde du Saint Sacrifice, nous savons tous quelle surprise et quel mécontentement ce fut pour Eugène d’autant plus que « le pauvre mort eût fait des dispositions toutes contraires » . À ce sujet, le Fondateur ne peut manquer de faire des reproches que je trouve des plus opportuns. À son Journal il confie : « Cette leçon a dû être sentie et monsieur le curé aura appris aussi qu’il n’est pas opportun de se prêter si facilement aux caprices peu religieux des familles. C’était le troisième exemple coup sur coup de cette espèce d’impiété, dans la paroisse de St-Charles. »

    Pas besoin de chercher bien loin pour s’apercevoir que la Messe des morts a été petit à petit évincée au profit d’une absoute et d’une manière de prier variant avec les mentalités. À chacune de ces célébrations, je me suis sentie non seulement triste mais révoltée par cette absence de Prière Totale que représente l’Eucharistie. Les croyants ont beau tenter d’en reconstruire le déroulement en leur cœur, rien ne viendra remplacer le grand Mémorial de la Passion du Christ vécue encore et encore en Église avec le réconfort qu’il peut apporter.

    2

    la personne responsable des funérailles est venue lui faire des excuses que je ne peux qu’approuver. À son tour, Eugène signifie qu’il serait présent pour l’absoute comme prévu.
    Ceci dans le but d’apprendre à

    J’ai fait des reproches à celui qui est venu me faire des excuses au nom de la famille qui s’était engagée avec le cortège à ne pas le retenir si longtemps à l’église, et pour marquer plus expressément ma réprobation d’une complaisance si fort contraire à l’esprit de l’église, j’ai signifié que je ne paraîtrais pas pour faire l’absoute comme je me l’étais proposé.
    Cette leçon a dû être sentie et monsieur le curé aura appris aussi qu’il n’est pas opportun de se prêter si facilement aux caprices peu religieux des familles. C’était le troisième exemple coup sur coup de cette espèce d’impiété, dans la paroisse de St-Charles.
    Journal d’Eugène de Mazenod, 4 février 1837, EO XVIII
    Les temps ne semblent pas avoir changé ! Combien de fois on nous demande de sacrifier la véritable célébration sacramentelle en faveur du lieu de réception du mariage ou de la commodité des directeurs de funérailles !

  2. Denyse Mostert dit :

    CORRECTION :
    Ne pas publier à partir de : 2

    la personne responsable des funérailles est venue lui faire des excuses que je ne peux qu’approuver. À son tour, Eugène signifie qu’il serait présent pour l’absoute comme prévu.
    Ceci dans le but d’apprendre à

    J’ai fait des reproches à celui qui est venu me faire des excuses au nom de la famille qui s’était engagée avec le cortège à ne pas le retenir si longtemps à l’église, et pour marquer plus expressément ma réprobation d’une complaisance si fort contraire à l’esprit de l’église, j’ai signifié que je ne paraîtrais pas pour faire l’absoute comme je me l’étais proposé.
    Cette leçon a dû être sentie et monsieur le curé aura appris aussi qu’il n’est pas opportun de se prêter si facilement aux caprices peu religieux des familles. C’était le troisième exemple coup sur coup de cette espèce d’impiété, dans la paroisse de St-Charles.
    Journal d’Eugène de Mazenod, 4 février 1837, EO XVIII
    Les temps ne semblent pas avoir changé ! Combien de fois on nous demande de sacrifier la véritable célébration sacramentelle en faveur du lieu de réception du mariage ou de la commodité des directeurs de funérailles !

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