C’EST BIEN LE MOINS QUE JE TE CONSOLE, QUE JE T’ENCOURAGE SINON PAR MA PRESENCE, DU MOINS PAR MES PAROLES

Le rôle d’Eugène, comme Supérieur Général, était de garder ceux qui lui avaient été confiés réunis dans l’esprit de leur vocation, à la lumière du charisme qu’il avait reçu. Cela impliquait pour lui d’encourager ceux qui peinaient à s’y conformer.

Dans cette lettre au Père Hippolyte Courtès, le responsable de la communauté d’Aix, qui avait été maltraité par l’évêque et les autorités ecclésiales du lieu, il écrit :

J’attendais, cher fils, de jour en jour une de tes lettres pour t’écrire. Je sens que dans la position où tu te trouves, c’est bien le moins que je te console, que je t’encourage sinon par ma présence du moins par mes paroles. Qui nous aurait dit, après vingt-cinq ans de travaux assidus et de dévouement, d’en être réduits à la condition de suppliants qui attendent grâce, que dis-je, qui ne demandent que de n’être pas pendus? Cet état violent ne peut pas durer, mais il importe d’adopter la maxime de feu M. Émery : il faut allonger la courroie pour ne pas rompre, les hommes passent. Cette maxime que mon ancien maître mit constamment en pratique est sage; quelque opposée qu’elle soit à mon caractère, je t’exhorte à l’adopter, ou pour mieux dire, je te loue de la suivre. La Providence veut que nous croissions au milieu des tribulations. À peine commençait-on à respirer d’un côté qu’on est tiraillé de l’autre. Attendons…

Il est temps pour la communauté de se resserrer dans un espoir confiant:

Ne t’inquiète pas. À chaque jour suffit son mal. Il faut des contradictions. J’ai la confiance qu’elles nous annoncent quelque heureuse nouvelle. Mais encore une fois, assemble ta petite communauté pour leur recommander de ma part de redoubler de prières, de vaincre le mal par le bien, de se réjouir d’être un peu humiliés, de renoncer à toute prétention, je ne dis pas personnelle, je ne suppose qu’il en puisse exister de pareilles parmi vous, mais prétention de corps, préférant l’humilité à la gloire quand le bon Dieu veut nous faire marcher par cette voie. Qu’on ne s’y trompe pas, [faire] autrement serait pure illusion.

Lettre à Hippolyte Courtès, le 8 juin 1836, EO VIII n 576

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Une réponse à C’EST BIEN LE MOINS QUE JE TE CONSOLE, QUE JE T’ENCOURAGE SINON PAR MA PRESENCE, DU MOINS PAR MES PAROLES

  1. Denyse Mostert dit :

    Lettre à Hippolyte Courtès, le 8 juin 1836

    Avec Hippolyte Courtès, Supérieur de la Communauté d’Aix, Eugène de Mazenod aborde le devoir de consoler ceux qui lui ont été confiés dans l’esprit de leur vocation. Dans sa lettre, le Supérieur général tient à réconforter le P. Hippolyte Courtès « maltraité par l’évêque et les autorités ecclésiales du lieu. » Il n’y va pas de main morte : « Je sens que dans la position où tu te trouves, c’est bien le moins que je te console… » Et il déplore vivement cette relation de plus de 25 ans qui a évolué au point de ne demander de la part des suppliants « que de n’être pas pendus » ? Cette situation ne peut durer, pour étayer ses dires, il rappelle une maxime de feu M. Émery, son professeur de séminaire. « Il faut, disait-il, allonger la courroie pour ne pas rompre, les hommes passent. » La communauté fera siens ces mots de l’Évangile : « à chaque jour suffit sa peine ». (Matt 6-34) La communauté redoublera alors de prières et d’attention dans sa vie religieuse. Il est temps pour les Oblats de se resserrer dans un espoir confiant.

    Voici des mots faciles à écrire devant les problèmes des autres. Quand cela nous arrive, ils demandent même retour en nous-mêmes, vie intérieure plus profonde et même Espérance que le Seigneur est avec nous.

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