LA VICTIME D’UNE INTRIGUE GOUVERNEMENTALE

Eugène a tout laissé tomber à Marseille pour se dépêcher d’aller à Rome à la demande insistante du Pape. Enfin arrivé à Rome, le Pape le fit attendre deux semaines avant de le recevoir en audience.

Il devint peu à peu clair à Eugène qu’il était la victime des intrigues politiques du gouvernement français et d’un manque de communication entre deux dicastères du Vatican. Il serait trop long et compliqué de détailler cela dans ce blog, c’est pourquoi je vous réfère à l’article ‘Icosie’ dans le dictionnaire: Oblate Historical Dictionary https://www.omiworld.org/fr/lemma/icosie-eveque-d-fr/

Eugène explique au Père Tempier la découverte des raisons de son appel à Rome :

Le cardinal Préfet de la Propagande m’a accueilli avec sa bonté accoutumée. J’ai été confirmé auprès de lui sur mes soupçons de samedi, c’est-à-dire que je suis victime d’une intrigue gouvernementale…
Tout ceci n’est qu’une intrigue du Gouvernement français qui voulait supprimer le diocèse de Marseille et qui craint mon influence dans le pays. Pauvre Gouvernement qui ne sait pas les obligations qu’il m’a précisément à raison de cette influence qu’il redoute si mal à propos. Il s’est plaint au Pape, l’a menacé de m’attaquer devant les tribunaux parce que j’avais été fait évêque sans qu’il l’eût demandé. Que n’ai-je su cette prétention avant de partir! J’aurais provoqué moi-même la solution de cette question et nous aurions vu si, sous notre législation actuelle, il ne m’est pas loisible d’être évêque quand je pourrais, si bon me semblait, me faire musulman! C’est avec de pareilles vexations que ces Messieurs veulent se rattacher le clergé! On vient de me dire que la Gazette du Midi rapporte certains autres faits qui prouvent qu’on a pris à tâche d’entraver surtout l’administration ecclésiastique à Marseille. Cela, rapproché des avances faites ailleurs, prouve le système que l’on voudrait adopter, c’est-à-dire la suppression de ce siège antique à la honte d’une immense population éminemment catholique.

Lettre à Henri Tempier, le 20 août 1833, EO VIII n 454

Jésus, lui aussi, fit face à ce problème – Et ceux qui l’ont suivi et qui le suivent continuent, aujourd’hui encore, à en faire l’expérience.

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One Response to LA VICTIME D’UNE INTRIGUE GOUVERNEMENTALE

  1. Denyse Mostert says:

    En 1833, la paix est loin de régner entre Église catholique et Gouvernement francais.
    Ce dernier se servant d’informations calomnieuses du préfet Thomas et, tout en continuant à en appeler au décret impérial de 1808, accuse Mgr de Mazenod de politique contre l’état. Le nœud de la question reste la nomination à l’épiscopat sans autorisation préalable du Gouvernement. (*)

    « Si j’avais su, continue, Eugène, j’aurais provoqué moi-même la solution de cette question et nous aurions vu si, sous notre législation actuelle, il ne m’est pas loisible d’être évêque quand je pourrais, si bon me semblait, me faire musulman! » Nous avons ici un évêque au courant des lois de son Église et un lecteur de la Presse qui lui fournit la situation générale de la France l’incitant ainsi à réfléchir à ce qui se passe autour de lui. Ne pas oublier de mentionner le véritable homme du Midi sachant manier la réplique caustique…

    Voici le prêtre qui sait défendre bec et ongles ceux qui menacent son Église catholique. Tous ses mots portent et, s’il ne remportent pas la victoire escomptée, ils ne l’empêchent nullement de continuer à suivre avec persévérance le chemin de sa foi… comme l’a fait Jésus de Nazareth.

    (*) https://www.omiworld.org/fr/lemma/icosie-eveque-d-fr/

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