QUAND CHANGENT LES PRATIQUES EUCHARISTIQUES

Sur le chemin qui le conduit à Rome, Eugène espérait arriver à temps à Civitavecchia pour pouvoir célébrer la messe à l’occasion de la Fête de l’Assomption. À cette époque, il fallait jeûner à partir de minuit pour recevoir la Communion le jour suivant. Eugène avait en fait jeûné plus de 24 heures dans l’espoir de célébrer la messe à l’occasion de cette fête, mais il n’en eut même pas l’opportunité.

En ce qui concerne les pratiques de l’Eucharistie qui ont changé de nos jours, je trouve ceci dans la description qu’Eugène fait de ce qu’il  a vu durant son voyage à propos du transport de la communion à un mourant :

...A Livourne, j’ai été témoin d’un spectacle religieux qui rouvrit mes plaies. Vous savez combien je gémis de la manière indigne avec laquelle on porte à Marseille le saint-viatique aux malades et vous avez souvent pris part à ma peine. Eh bien! Voici comment on devrait faire et comme on fait à Livourne. Quand le malade ne presse pas, on attend l’entrée de la nuit. Alors le saint sacrement porté par un prêtre en chape et grand-voile huméral sort majestueusement de l’église sous un grand dais à quatre bâtons si ce n’est à six. Il est précédé au moins d’une quarantaine de confrères tenant une torche à la main, suivi d’un prêtre portant le petit dais qui doit servir dans l’escalier, accompagné d’un peuple immense récitant tous à haute voix le miserere. Au son de la cloche, toutes les fenêtres sont à l’instant illuminées depuis le premier étage jusqu’au quatrième. Ce sont des lampes, des chandelles, des bougies sur des candélabres et, aux approches de la maison du malade, huit ou dix parents ou amis s’avancent, une torche à la main, au-devant du saint-sacrement et se joignent au cortège. Pendant qu’on administre le malade, les assistants s’arrêtent à la porte et récitent à haute voix les litanies de la sainte Vierge et autres prières. Le retour s’opère de même à la différence qu’aux approches de l’église on chante le Te Deum. Avouez que cela fait plaisir et qu’on ne peut s’empêcher d’être indigné quand on le rapproche de ce qui se fait chez nous.

Lettre à Henri Tempier, le 15 août 1833, EO VIII n 453.

Les temps et les coutumes ont certainement bien changé au cours des siècles, mais on a toujours besoin de ce  respect et de cette dévotion à l’Eucharistie qui continuent à s’exprimer d’une autre manière de nos jours.

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Une réponse à QUAND CHANGENT LES PRATIQUES EUCHARISTIQUES

  1. Denyse Mostert dit :

    Pendant son long voyage vers Rome, Eugène a le temps de s’appesantir sur la manière dont les Saint Viatique est donné au malade.

    « Alors écrit-il, le saint sacrement porté par un prêtre en chape et grand-voile huméral sort majestueusement… », les fenêtres s’illuminent, des proches, torches à la main, s’avancent et se joignent au cortège, ils attendront que le malade soit « administré » avant de reprendre le chemin de l’église au chant du Te Deum célébrant la tendresse de Dieu envers celui qui se trouve aux portes de l’éternité.

    J’ai connu dans mon enfance des célébrations qui avaient conservé une dévotion semblable envers l’Extrême Onction. Prêtre et servant traversaient le village, au son de la clochette agitée par l’enfant de chœur. C’était le signal pour ceux qui se trouvaient sur leur chemin de s’agenouiller et de réciter une prière pour celui qui allait mourir. Et de réfléchir au destin qui attend chacun de nous.

    Aujourd’hui comme hier, nous sommes confrontés à cette inéluctable réalité. Comment réagissons-nous ? La plupart du temps dans un silence peureux derrière lequel nous pouvons nous sentir plus ou moins à l’abri.

    En cette période de grande disette pour l’Église les célébrations se contentent le plus souvent d’une rencontre qui rappellera le défunt tel que connu par ses proches. Mais « Dieu est plus grand que notre cœur » (Jean 3 :20) et entend les prières ardentes qui montent vers Lui. Le psaume 118 nous rappelle que sa Miséricorde de « toujours à toujours ». Cela s’appelle la Foi, cela s’appelle l’Espérance qui nous fera vivre selon le commandement de l’amour. (Matthieu 22)

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