À titre de célèbre prédicateur lui-même, Eugène n’avait aucune patience envers les prédicateurs empanachés qui avaient du style et qui jouaient avec les mots, mais n’avaient aucun contenu solide. Les entrées de son journal ne leur épargnaient aucune critique, et dans sa Règle il voulait assurer que ses Missionnaires ne tombassent jamais dans ce piège.
Mais que l’on sache bien que ce serait aller contre l’esprit de notre Règle que de s’appliquer davantage, dans les instructions que l’on doit faire, à l’élégance du style qu’à la solidité de la doctrine.
Assez de prédicateurs font admirer la sublimité de leur éloquence et étonnent par le brillant de leur diction étudiée; nous devons prendre une tout autre route;
Règle de 1818, Chapitre 3, §1. De la prédication
On a vu Eugène de Mazenod se fixer un but et s’y tenir… On l’a vu développer l’esprit de famille au sein des Missionnaires de Provence. Rien d’étonnant à ce qu’il désire des prédications comprises de tous pour donner le goût de Jésus Christ à ceux qui les écoutent..
Comme vous tous, j’ai entendu des instructions bâties avec élégance dont certaines truffées de lieux communs et de citations « théologiquement bibliques ». Elles pouvaient bien réjouir les amateurs de belle prose, on pouvait pourtant se demander quel était leur impact sur des gens aux prises avec les difficultés de la vie. Faut-il mentionner d’autres prédications mettant l’accent sur la loi au détriment du geste d’amour avec leurs effets bien néfastes comme le découragement et les scrupules destructeurs ?
La Règle de 1818 est très claire sur le rôle des Missionnaires. Il leur faudra d’abord « rendre les hommes raisonnables puis chrétiens, enfin les aider à devenir saints… » Confiants en la Miséricorde les gens vivront alors en enfants de Dieu, témoins des Bontés du Seigneur pour tous.