IL FAUT PRENDRE GARDE DE NE JAMAIS SACRIFIER LES PRINCIPES

Le vicaire du chapitre d’Aix a ordonné aux prêtres de célébrer une messe solennelle d’Action de grâce pour l’anniversaire de la Révolution de Juillet 1830 (‘les Trois Glorieuses’). Pour avoir souffert la persécution de l’Église par le gouvernement lors de cette révolution, Eugène était outragé ! Il félicita le Frère Courtès pour avoir refusé de célébrer à cette occasion.

J’approuve la réserve dans laquelle tu te tiens. La position est difficile, mais avec du sang-froid et de la réflexion tu passeras au milieu des écueils, mais il faut prendre garde de ne jamais sacrifier les principes. Par exemple, il eût fallut plutôt s’exposer à voir fermer l’église que de chanter une grand-messe d’action de grâces pour un des plus grands crimes qui aient été commis depuis que le monde existe , dont les conséquences immédiates ont bouleversé l’Europe et le monde entier. C’eût été une action mauvaise, un péché, un énorme scandale, un sacrilège, une profanation, une monstruosité. Je ne suis donc point étonné que le clergé d’Aix se soit refusé à cette injuste injonction, parce qu’on n’est pas tenu d’obéir quand les supérieurs commandent un péché.

Lettre à Hippolyte Courtès, le 27 juillet 1831, EO VIII n 398

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Une réponse à IL FAUT PRENDRE GARDE DE NE JAMAIS SACRIFIER LES PRINCIPES

  1. Denyse Mostert dit :

    À quoi avait donc pensé le vicaire du chapitre d’Aix en ordonnant de célébrer l’anniversaire de la Révolution de Juillet aussi appelée « Les Trois Glorieuses » ?

    Le titre en lui-même évoque des moments troubles, des batailles et bien des souffrances. Il s’agit de «la seconde révolution française après la Révolution française de 1789. Elle porte sur le trône un nouveau roi,Louis-Philippe Ier, à la tête d’un nouveau régime, la monarchie de Juillet, qui succède à la Seconde Restauration. Cette révolution se déroule sur trois journées, les 27, 28 et 29 juillet 1830, dites « Trois Glorieuses ». Qu’on se souvienne de l’exil de la famille de Mazenod, des gestes sanglants et persécutions de toutes sortes dont l’Église a subi une bonne part. (*)

    On pourrait avancer que l’ordonnance d’Aix représente un geste de pardon. Mais est-ce vraiment justice que de célébrer un gouvernement par qui les douleurs de toutes sortes qui se sont abattues sur les citoyens français ? Sans condamner l’attitude du clergé, Eugène trouve bon de partager son opinion. IL dit la difficulté du moment à suivre le « tout pour Dieu » auquel les Oblats se sont consacrés. Une telle attitude n’est pas sans danger. Elle est pourtant prioritaire aux yeux du fondateur.

    Et s’il n’y avait pas eu le consentement à cette célébration qu’il désapprouve ? «Par exemple, il eût fallut plutôt s’exposer à voir fermer l’église que de chanter une grand-messe d’action de grâces pour un des plus grands crimes qui aient été commis depuis que le monde existe , dont les conséquences immédiates ont bouleversé l’Europe et le monde entier ».

    « Mais, ajoute-t-il pour le P. Courtès, avec du sang-froid et de la réflexion tu passeras au milieu des écueils, mais il faut prendre garde de ne jamais sacrifier les principes ».

    Et comment appliquer le mot principe dans la situation des Oblats en France ? « Entre autres, le Dictionnaire Larousse propose une «règle définissant une manière type d’agir et correspondant le plus souvent à une prise de position morale… » ce qui nous ramène directement au choix premier de ceux qui ont consacré leur vie au Seigneur et à son Église.

    C’est d’obéissance aux CC&RR qu’il s’agit tout autant que de fidélité pour chaque chrétien À suivre en tout l’appel d’une conscience éclairée.

    (*) https://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_Glorieuses

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