il ne me reste qu’à désirer qu’on s’y soit partout aussi bien préparé et qu’on s’y soit présenté d’aussi bon cœur…
Dans la joie de ce jour d’engagement et de renouvellement de leurs vœux par les étudiants Oblats en Suisse, Eugène se préoccupe des Oblats en France qui sont en danger à cause de la révolution de Juillet.
Cependant nous nous sommes entretenus de notre position, nous avons parlé au Seigneur de nos frères absents pour lesquels, par mon ordre, on prie pour eux tous les jours aux litanies qui suivent l’examen. N’importe, ce souvenir même rendait la cérémonie plus touchante, et il ne me reste qu’à désirer qu’on s’y soit partout aussi bien préparé et qu’on s’y soit présenté d’aussi bon cœur…
Quels que soient les dangers auxquels ils faisaient face, Il voulait qu’ils soient bien préparés spirituellement et renforcis par les grâces de leurs propre vocation et oblation.
Il fait alors référence à la destruction des croix de mission en France et à la demande des autorités de les faire disparaitre.
…Je vous ai fait connaître depuis longtemps mon sentiment sur les croix; plutôt mourir que de contribuer à cette apostasie.
Lettre à Henri Tempier, le 1er novembre 1830, EO VII n 370
Que ce soit un bon conseil pour nous aussi aujourd’hui, dans l’incertitude de certaines circonstances. Que notre spiritualité Oblate soit notre phare et notre force.
L’arrivée heureuse des scolastiques à Billens ne fait nullement oublier les Oblats demeurés en France en butte aux dangers de la Monarchie de Juillet.
À Henri Tempier, Eugène rappelle la sollicitude dont ils sont l’objet : « Nous avons parlé au Seigneur de nos frères absents pour lesquels, par mon ordre, on prie tous les jours aux litanies qui suivent l’examen ». Dans un retour sur ce qu’il nomme « l’apostasie des croix de mission » il rappelle aussi sa décision « de mourir plutôt que d’y adhérer ».
De quoi réconforter la communauté demeurée au pays et une saine réflexion pour les décisions difficiles que les événements nous obligent parfois à prendre.