QUAND IL LE FAUT, ON NE DOIT RIEN CRAINDRE MAIS, SANS NECESSITE, ON NE LE DOIT PAS

Pour nous faire une idée des dangers et des vicissitudes qui régnaient en France, Eugène écrit au Père Mille, le supérieur du scolasticat de Billens, à propos de certaines indiscrétions des  étudiants dans leurs lettres.

… On voit bien que vous ne vous êtes pas encore fait une juste idée de la circonspection avec laquelle il faut écrire en temps de révolution. Il serait impossible de laisser passer un certain nombre d’expressions propres à compromettre ceux qui m’écrivent et ceux qui reçoivent les lettres. Ainsi, mes chers enfants, je vous prie de vous contenter désormais de faire donner de vos nouvelles à vos parents par M. Tempier. La chose est trop importante pour la livrer à votre inexpérience.
Mazet par exemple ne se doutait pas qu’il commettait une souveraine imprudence en racontant que Mgr l’Évêque de Nancy [Ed. Charles  Forbin Janson] était venu vous visiter dès qu’il était arrivé à Fribourg. Il ne savait pas apparemment que ce saint Évêque est proscrit, que sa tête a été mise à prix par les brigands de son diocèse, qu’on épie toutes ses démarches et que tous ceux qui ont des rapports trop intimes avec lui deviennent suspects.
Quand il le faut, on ne doit rien craindre mais, sans nécessité, on ne le doit pas. D’autres, en s’adressant à quelques-uns de nos Pères, les appellent par leur vrai nom, d’autres encore s’expriment sans plus de gêne sur ce qui se pratique à Billens; enfin, malgré mes recommandations, vous avez plus ou moins commis tous quelque imprudence.

Lettre à Jean-Baptiste Mille aux scolastiques, le 17 novembre 1830, EO VII n 371

Temps d’incertitudes : Un appel à nous, aujourd’hui, de bien vouloir penser aux nombreux membres de la famille Mazenodienne qui se trouvent actuellement dans des situations dangereuses dans leurs pays.    Je vous invite à prier pour eux

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Une réponse à QUAND IL LE FAUT, ON NE DOIT RIEN CRAINDRE MAIS, SANS NECESSITE, ON NE LE DOIT PAS

  1. Denyse Mostert dit :

    Siècles différents, situations semblables.

    Quoi de pire que des temps où l’avenir semble bouché ? Ainsi la situation ambigüe de 1830… Eugène s’inquiète. À Jean-Baptiste Mille, supérieur du scolasticat de Billens, il rappelle les imprudences commises par certains : le danger de parler de la visite de l l’Évêque de Nancy dont la tête est mise à prix, celui de désigner quelques pères par leur nom et de raconter les faits et gestes de la communauté de Billens.

    Tant de précautions étaient-elles bien nécessaires ? J’ai juste à me rappeler la suspicion lors de la 2ième guerre mondiale et les strictes recommandations de surveiller mon vocabulaire de petite fille. Oui, les craintes du fondateur étaient bien réelles comme le sont aujourd’hui les dangers encourus par bien des Oblats dans diverses contrées du monde. Un appel à la prudence et l’invitation de les porter dans motre prière…

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