Félicité de Lamennais était un prêtre qu’Eugène admirait particulièrement pour ses idéaux et ses écrits. Durant ces événements antireligieux, celui-ci commença à exprimer l’idée que le lien séculaire entre l’Église et l’État devait être rompu. Eugène, considérant l’Église de ses yeux et de ses principes royalistes, montra alors son ferme désagrément.
(Cf. http://www.omiworld.org/fr/dictionary/dictionnaire-historique_vol-1_l/265/lamennais-f-licit-de/ )
… Si les doctrines de M. de Lamennais sont les mêmes que celles avouées par ses disciples, je l’abandonne entièrement. Je suis révolté de la marche du Mémorial et de la Revue. Dans quels principes veulent-ils entraîner les catholiques? Dès que notre abonnement sera fini, cessez de le renouveler…
Grand Dieu! Dans quelles aberrations l’esprit humain se jette à force de vouloir subtiliser les théories les plus contraires! On finira par ne plus s’entendre.
Lettre à Henri Tempier, le 13 septembre 1830, EO VII n 363
Plusieurs jeunes oblats appartenaient à cette même école de pensée que Lamennais.
…Quand notre abonnement au Mémorial et à l’Avenir sera fini, je ne veux pas qu’on le renouvelle. Écrivez-le à Notre-Dame du Laus et à Aix. Je ne suis pas d’humeur à payer si cher les extravagances de l’école de M. de Lamennais, et je serais inconsolable que quelqu’un des nôtres donnât dans ces billevesées
En même temps qu’il désapprouvait ses idées, Eugène admirait les talents de cet homme.
… C’est grande pitié de voir un homme de ce génie perdre son temps à faire des articles de journaux pour établir un système ridicule qui suppose que les catholiques sont une puissance en France, tandis qu’ils ne sont pas même un parti, qui pousse des hommes avides, qui ne demandent pas mieux, à dépouiller le clergé de son modique traitement, propriété très légitime, puisqu’elle n’est qu’une faible compensation des biens immenses qu’on lui a enlevés, sous prétexte de le rendre plus indépendant, tandis qu’il serait plus dépendant que jamais, qu’il n’aurait pas de pain et que personne ne lui en donnerait. Il y aurait trop à dire. Que ne s’occupe-t-il de terminer des ouvrages que l’Europe attend avec une juste impatience. C’était là la vocation de ce grand homme, il n’y a pas répondu.
Lettre à Henri Tempier, le 26 octobre 1830, EO VII n 368
« La dictature du relativisme ne reconnait rien d’absolu et nous laisse comme ultime mesure la seule mesure de nous-même et de nos désirs… Nous avons cependant une toute autre mesure : Le Fils de Dieu, l’homme vrai» S.S le Pape Benoît XVI
En France, l’idée de séparer l’Église d’avec l’état continue son chemin. Un certain Félicité de Lamennais publie un « Essai sur l’indifférence en matière de religion». (*)
Dans une lettre au P. Tempier, Eugène exprime son désaccord. Il y voit l’œuvre d’[«hommes avides, qui ne demandent pas mieux, [qu’à] dépouiller le clergé de son modique traitement, propriété très légitime, puisqu’elle n’est qu’une faible compensation des biens immenses qu’on lui a enlevés, sous prétexte de le rendre plus indépendant… »
Fini aussi l’abonnement à des publications trop tendancieuses à son goût : « Je ne suis pas, juge-t-il, d’humeur à payer si cher les extravagances de l’école de M. de Lamennais, et je serais inconsolable que quelqu’un des nôtres donnât dans ces billevesées. » Ce qui ne l’empêche nullement de reconnaître la valeur de M. de l’auteur : « … C’est grande pitié, ajoute-t-il, de voir un homme de ce génie perdre son temps à faire des articles de journaux pour établir un système ridicule. »
Voilà tout est dit sans ambiguïté. Des réflexions qu’Eugène n’en n’a pas fini de considérer. Va-t-il réviser son opinion ? La question n’est pas là. Ce qui compte pour moi est la franchise de l’homme qui exprime son opinion en « noir sur blanc ». Bien loin des prudentes circonlocutions de ceux qui hésitent à faire connaître leur opinion.
(*)(*)https://www.herodote.net/Lamennais_1782_1854_-synthese-252.php
À corriger : « M. de l’auteur » remplacer par « M. de Lamennais »