CE N’EST PAS JUSTE UNE MANIÈRE DE BIEN GOUVERNER LE BATEAU, VOUS DEVEZ AUSSI ME MONTRER VOTRE ITINÉRAIRE

Écrivant au Père Courtès suite au comportement d’un des membres de sa communauté:

Je vous envoie, mon cher Père Courtès la lettre concernant le Frère Sumien que je n’ai pas eu le temps d’écrire hier. Je perçois en la relisant qu’elle est un peu sévère, mais on doit aussi admettre qu’on n’a jamais vu un tel comportement…

Eugène saisit l’occasion pour reprocher au supérieur d’Aix, Courtès, de ne pas le garder informé de la communauté. Chaque supérieur de communauté  est responsable de gouverner le bateau de sa communauté, mais Eugène, comme supérieur général, avait une vue générale de la direction de toute la Congrégation Oblate et devait assurer que toutes les communautés avançaient dans la même direction.  Les directions de la “carte” Oblate universelle se trouvent dans la Règle de Vie.

A ce sujet, je te dirai qu’il n’est pas permis de me laisser comme tu l’as fait jusqu’à présent dans une ignorance absolue des affaires de ta maison. On dirait que tu n’as de compte à rendre à personne et que ta maison en est totalement exempte. J’ai sous les yeux le tableau le plus circonstancié de la maison de N.-D. du Laus et de Nîmes, je n’ose pas avouer que je ne sais rien de ce qui se fait à Aix. Cela n’est pas dans l’ordre. Ce n’est pas le tout de bien mener la barque, il faut encore que tu donnes la carte de tes longitudes. Je te prie de relire la Règle à ce sujet et d’agir ensuite pour l’acquit de ta conscience et de la mienne.

Lettre à Hippolyte Courtès, le 26 septembre 1827, EO VII n 282

 

“Un leadeur est celui qui connaît la route, suit la route et montre la route.”                    John C. Maxwell

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One Response to CE N’EST PAS JUSTE UNE MANIÈRE DE BIEN GOUVERNER LE BATEAU, VOUS DEVEZ AUSSI ME MONTRER VOTRE ITINÉRAIRE

  1. Denyse Mostert says:

    Lettre à Hippolyte Courtès, le 26 septembre 1827.

    Eugène de Mazenod demeure constant dans ses façons de procéder. On se rappelle comment il a donné consigne à tous les Oblats « d’employer au moins une heure chaque semaine à mettre par écrit » tous leurs faits et gestes dans la Congrégation ».

    Même directive pour le P. Hippolyte Courtès, supérieur de la maison d’Aix. De lui, le Dictionnaire historique rapporte « que sa vie oblate ne comporte « aucun événement extraordinaire. Après le départ du père de Mazenod pour Marseille, en 1823, il fut nommé supérieur de la maison d’Aix et y resta jusqu’à sa mort. Il est élu assistant général au Chapitre de 1824 et le restera jusqu’à la fin. C’est à ce même Chapitre qu’il est chargé avec les pères Jean-Baptiste Honorat et Marius Suzanne de faire l’histoire de la Société en recueillant les matériaux qui doivent concourir à cette fin. » (*)

    C’est à lui que le Fondateur écrivait le 5 mars 1837: «Pourquoi te considères-tu comme un simple membre de la Congrégation? Il me semble que tu en es un des pivots, que tu fais partie des fondements de l’édifice, que tu es uni identiquement avec le chef… C’est une sorte de solidarité que tu partages avec moi et avec un infiniment petit nombre d’autres.» s’il en fut. » (*)

    Une déclaration qui n’est pas un sauf-conduit. Pour Eugène, le « pas de nouvelle, bonne nouvelle » ne suffit pas. Au P. Courtès, peut-être installé dans la routine, Eugène n’hésite pas à rappeler qu’il est tenu, tout comme les autres supérieurs, de rendre compte de ce qui se passe dans sa communauté. « Ce n’est pas le tout, continue-t-il, de bien mener la barque, il faut encore que tu donnes la carte de tes longitudes. Je te prie de relire la Règle à ce sujet et d’agir ensuite pour l’acquit de ta conscience et de la mienne. » C’est clair et net et on présume qu’Hyppolyte Courtès se sera conformé.

    Voici un des traits essentiels d’Eugène de Mazenod. Il tient à mener de front et en toute connaissance de cause sa charge de Supérieur général des Oblats et de Vicaire général de Marseille. On se rend à peine compte du tour de force que cela représente à une époque où la seule manière de communiquer est le courrier postal avec ce qu’il pouvait impliquer de délais de livraison et autres. On imagine aussi les attentes de plus en plus insupportables quand les Oblats auront essaimé dans le vase monde. Un tour de force que le Fondateur n’aurait pu réussir sans la collaboration de ses fils.

    C’est un lieu commun que de citer ici les facilités actuelles de communication. Et c’est un hommage admiratif aux écrits oblats si nombreux qui nous permettent d’avancer chaque jour un peu plus dans la connaissance d’Eugène de Mazenod et dans l’admiration de tout ce qu’a accompli la Congrégation à travers le temps. Ces documents ne sont-ils pas témoins de choix et incitation à profiter au maximum des moyens actuels pour maintenir au maximum l’unité entre nous ?

    (*) http://www.omiworld.org/dictionary.asp?v=6&vol=1&let=C&ID=165

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