J’AI BESOIN DE PASSER EN CONTREBANDE AU MILIEU DE BONNES GENS VERTUEUX COMME VOUS.

Exultant devant la bonté et la vertu de ses fils Oblats, Eugène prend conscience de son propre manque de vertu en comparaison à la leur.

Quelle vertu veux-tu que je reconnaisse en moi? Hélas! je ne m’y méprends pas! Le sentiment du vrai et du bien ne sont pas des vertus, ce serait tout au plus une disposition, une aptitude à la vertu, mais à quoi bon ou du moins de quoi me vanterai-je, si c’est là au contraire ce qui m’humilie et me confond davantage, puisque cet arbre ne produit que des fleurs mais point de fruits. Croyez, mes enfants, que j’ai bien besoin de vous tous pour tâcher de passer en contrebande au milieu de tant de bonnes marchandises.
Ne te lasse donc pas de porter tout ton monde aux plus sublimes vertus de notre état. Une abnégation totale de soi-même, une grande humilité qui, jointe au zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, à une grande estime et à une entière soumission pour nos Règles par lesquelles nous devons arriver à notre fin, nous y fera véritablement parvenir.

Lettre à Hippolyte Courtès, le 31 Mai 1826. EO VII n 247

 

“Quand la richesse est perdue, rien n’est perdu; quand la santé est perdue, quelque chose est perdu; quand le caractère est perdu, tout est perdu.”     Billy Graham

Ce contenu a été publié dans LETTRES, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

1 réponse à J’AI BESOIN DE PASSER EN CONTREBANDE AU MILIEU DE BONNES GENS VERTUEUX COMME VOUS.

  1. Denyse Mostert dit :

    Retour vers la France – Lettre à Hippolyte Courtès, le 31 Mai 1826

    Sont-ce les répercussions du difficile séjour à Rome, la fatigue du voyage ou encore les nouvelles qui lui parviennent de la communauté ? Car le fait est là, Eugène de Mazenod traverse une période de dépression. À la lecture de la lettre du 31 mai, le P. Hippolyte Courtès est probablement surpris des propos plutôt inhabituels de son Supérieur. Quoique… sachant le caractère entier de ce dernier, il aura probablement vite compris que la ‘’crise d’humilité’’ qu’il traverse ne pouvait qu’être exprimée en termes véhéments.

    Que dit-il enfin ce Fondateur qui revient chez lui avec en mains l’inestimable approbation de Léon XII ? Il parle de son absence de vertu, qui d’après lui« serait tout au plus une disposition, une aptitude »… avec pour résultat « un arbre… qui ne produit que des fleurs mais point de fruits. »

    Mais Eugène n’est pas homme à se laisser abattre très longtemps. Des mots où l’on retrouve l’humour provençal lui viennent alors : «J’ai bien besoin de vous tous, écrit-il, pour tâcher de passer en contrebande au milieu de tant de bonnes marchandises. » Revoici bien présent l’esprit communautaire si nécessaire au développement de chacun !

    Et de passer aux conseils les plus sages : «Ne te lasse donc pas de porter tout ton monde aux plus sublimes vertus de notre état…» et à une entière soumission aux Règles «par lesquelles, continue-t-il, nous devons arriver à notre fin… » Le ‘’nous’’ inclusif dit bien tout. Voici l’élan revenu. Les Missionnaires Oblats vont continuer à faire corps « pour la gloire de Dieu et le salut des âmes ».

    Un esprit de famille dont nous souvenir dans les moments de faiblesse. Véritable communion des saints sur terre, le choix de modalités communes peut fortifier l’élan de chacun et conduire souvent à des résultats inespérés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *