JE NE SUIS BIEN QU’AUPRÈS DE CEUX QUE LE BON DIEU M’A DONNÉS

En sortant de la maison de l’Archiprêtre Adinolfi, j’ai dit de bon cœur le « Te Deum laudamus », et je suis entré dans l’église où repose le corps de saint Joseph Calasanz, pour y remercier Notre Seigneur et le prier d’achever son œuvre.

En dépit du fait que le Pape avait exprimé son opinion personnelle, il y avait encore un processus formel à traverser avant que les Oblats ne soient formellement approuvés. Beaucoup de travail et de prière attendaient Eugène dans les semaines à venir, et il aurait besoin des prières et de l’unité de ses frères oblats avant de voir le projet mené à sa réalisation.

Voilà donc notre affaire en train, mais si elle a fait un grand pas en commençant, ce n’est pas à dire qu’elle soit achevée. Devant Dieu et pour nous, c’est tout comme le chef de l’Eglise a prononcé, sa volonté nous est connue, mais pour la forme il faut suivre une marche et faire des formalités qui prendront bien du temps.
Me voilà donc relégué loin de vous et de toute notre chère famille. Croyez que je fais un grand sacrifice; mais si jamais il fut commandé, c’est bien cette fois; aussi, si j’en fais la remarque, ce n’est pas pour m’en plaindre, ni, à Dieu ne plaise, pour murmurer; mais c’est pour vous faire connaître que je ne suis bien qu’auprès de ceux que le bon Dieu m’a donnés.

Lettre à Henri Tempier, 22 décembre 1825, EO VI n 213

 

« Un rêve ne devient pas une réalité comme par magie; il exige de la sueur, de la détermination et un dur travail. »    Colin Powell

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Une réponse à JE NE SUIS BIEN QU’AUPRÈS DE CEUX QUE LE BON DIEU M’A DONNÉS

  1. Denyse Mostert dit :

    22 décembre 1825 – Lettre à Henri Tempier

    « Te Deum laudamus ». Reconnaissance vibrante du Fondateur qui ne l’empêche pas de garder les pieds sur terre. Le Pape lui-même n’ a-t-il pas mentionné le fonctionnement archaïque de l’Église ? Nécessité donc de voir les choses en face.

    « Voilà donc notre affaire en train, écrit Eugène, mais si elle a fait un grand pas en commençant, ce n’est pas à dire qu’elle soit achevée. Devant Dieu et pour nous, c’est tout comme le chef de l’Église a prononcé, sa volonté nous est connue, mais pour la forme il faut suivre une marche et faire des formalités qui prendront bien du temps. »
    Une attente maintenant plus tranquille alors que ce sont dissipées les craintes d’un refus qui aurait pu signifier la fin des Missionnaires … Ce qui reste à faire doit sembler infiniment plus léger au Fondateur !

    Une ombre se dessine pourtant qu’il ne peut s’empêcher de confier au P. Tempier… « Me voilà donc relégué loin de vous et de toute notre chère famille.» Celui qui le connaît si bien peut mesurer la tristesse de son alter ego et combien la nécessaire prolongation du séjour à Rome va prendre pour lui figure de sacrifice et que ses paroles, loin d’être de plaintes sont en fait la manifestation d’un amour qu’il lui faut absolument communiquer. Au risque de se répéter… car combien de fois en effet, Eugène de Mazenod n’a-t-il pas protesté de son attachement envers les siens !

    Aucune commune mesure, pourrait-on dire, entre l’exubérance méridionale et les attitudes compassées que nous rencontrons souvent… Et si on laissait parler davantage notre cœur ? Nos relations y gagneraient en chaleur et notre travail commun en productivité.

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