LE BESOIN DE RÉFLÉCHIR À L’AVANCE ET DE PLANIFIER LA PASTORALE

Les jeunes Missionnaires s’étaient engagés avec zèle à prêcher une mission de paroisse, dans un avenir très court, à Allauch, une ville marchande dans le voisinage de Marseille.

Peut-on se laisser étourdir au point de s’engager à une mission dans la semaine? Croyez-vous qu’on aille en mission comme on va dire une messe? Ne fallait-il pas prendre un peu de temps, soit pour se préparer, soit pour mettre ordre aux affaires qu’on laisse en arrière; aussi est-il impossible que la mission commence dimanche.

Et ainsi Eugène les mit au point mort de façon à éviter les problèmes qu’ils avaient rencontrés dans une autre ville par un manque approprié de préparation. . En remettant le tout pour une semaine, il fut en mesure d’organiser quatre Oblats du 21 novembre jusqu’au milieu de décembre.

Maintenant, reste à savoir au juste quelle est la population pour que je proportionne le nombre des missionnaires au besoin. Dans un pays mixte, je ne puis pas risquer le second tome de Ventabren! Si trois missionnaires suffisent, j’y enverrais les pères Suzanne, Jeancard et Marcou. S’il en faut quatre, le p. Albini pourra se joindre à eux, ne fût-ce que pour les aider pour les confessions.

Lettre à Hippolyte Courtès, 9 novembre 1824, EO VI n 157

 

« Faites en sorte que votre souci hâtif devienne de la pensée et de la planification hâtive. » Winston Churchill

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One Response to LE BESOIN DE RÉFLÉCHIR À L’AVANCE ET DE PLANIFIER LA PASTORALE

  1. Denyse Mostert says:

    « Si jeunesse savait ! » dit un dicton. Apparemment la jeunesse demeure fidèle à elle-même. Enthousiasme, impatience d’agir d’où l’occasion de saisir au vol tout ce qui passe. De prime abord, rien que des bonnes choses ! Pourtant ‘’ceux qui savent’’ peuvent discerner les pièges possibles derrière tant de précipitation.

    Eugène de Mazenod ‘’sait’’. Fort des expériences passées et conscient de ses responsabilités, il peut donner opinion et conseils concernant une mission organisée trop rapidement. Comme de raison, c’est à Hippolyte Courtès, le Supérieur de la Maison d’Aix, que s’adressent les remontrances, à charge pour lui de les transmettre à la communauté.

    Remontrances on ne peut plus claires… pour ne pas dire incisives ! « Peut-on se laisser étourdir au point de s’engager à une mission dans la semaine? Croyez-vous qu’on aille en mission comme on va dire une messe? » Suivent alors des réflexions d’un grand sens pratique.

    De tels propos n’ont probablement pas été accueillis de gaieté de cœur par ceux à qui ils s’adressaient… Et on ne peut que louer la bienheureuse obéissance par laquelle ce projet hâtif se voit retardé d’une semaine !

    En fait, on ne peut imputer au seul ‘’nombre des années’’ les réflexes de modération salutaires. Je connais des ‘’jeunes’’ qui pourraient m’en remontrer beaucoup en ce qui concerne la sagesse. Je connais aussi des ‘’aînés’’ désireux de brûler les étapes pour plusieurs raisons dont l’une pourrait être le temps qui passe. Mea culpa, je me reconnais dans cette seconde catégorie et je connais aussi la difficulté d’accueillir des directives qui viennent parfois ralentir mes élans.

    « Croyez-vous qu’on aille en mission comme on va dire une messe? » Nul besoin d’avoir fait vœu d’obéissance pour prendre à notre compte ce reproche d’Eugène. La vie de tout chrétien est une mission en soi. Une mission pour laquelle nous avons besoin les uns des autres d’autres avec ce que cela comporte de support… et de conseils constructifs…… et d’humilité…

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