EN PRÊCHANT, COMPTE UN PEU PLUS SUR LE SECOURS DE LA GRÂCE QUE SUR TES EFFORTS EXCESSIFS

Marius Suzanne avait 24 ans alors qu’il apprenait la tâche de prêcher des missions. Dans la lettre suivante, Eugène le guide en lui donnant du feed-back provenant de ses auditeurs présents à sa mission de Gap :

Mgr l’évêque de Gap a écrit à mon oncle, le p. Thomas m’a écrit à moi. Mgr l’évêque de Gap écrivait à mon oncle sur un autre sujet; c’est transitoirement qu’il remarque que tu ne fais pas mal, mais que le ton de tes discours est trop monotone…
Quant à toi, il me rapporte les avis qu’il t’a donnés sur ta manière de prêcher. Je suis un peu de son sentiment; je suis bien aise qu’il t’ait fait faire ces remarques, je désire que tu en profites; mais j’avoue que j’aurais voulu qu’après tout ce que vous avez fait on me donnât quelques détails plus circonstanciés et que l’on me dît autre chose que ces mots: « Que l’on t’écoutait avec plaisir…»
Achète au plus tôt ce qu’il te faut à Entrevaux, n’importe que ce soit plus cher qu’ici. Ne souffrez pas du froid, et toi compte un peu plus, pour le bien que tu dois opérer, sur le secours de la grâce que sur les efforts excessifs auxquels tu te livres. Modère-toi donc, tu vois que c’est l’avis de tout le monde, et prêche de manière à n’être pas essoufflé et hors d’haleine en finissant. La chose est importante pour toi et pour nous…

Lettre à Marius Suzanne, 29 novembre 1823, EO VI n. 121

« La foi est une confiance vivante, audacieuse, en la grâce de Dieu, tellement assurée et certaine qu’un homme pourrait miser sa vie sur elle plus de mille fois. » Martin Luther

This entry was posted in LETTRES and tagged , . Bookmark the permalink.

One Response to EN PRÊCHANT, COMPTE UN PEU PLUS SUR LE SECOURS DE LA GRÂCE QUE SUR TES EFFORTS EXCESSIFS

  1. Denyse Mostert says:

    Vraiment, ce n’est pas un enthousiasme délirant qui fait dire d’un prédicateur qu’on « l’écoutait avec plaisir » malgré « ses propos monotones » ! C’est pourtant l’impression laissée par le P. Marius Suzanne lors de la mission de Gap.

    Eugène de Mazenod va donner au jeune missionnaire de 24 ans des conseils alliant besoins spirituels et temporels. « Ne souffrez pas du froid, et toi compte un peu plus, pour le bien que tu dois opérer, sur le secours de la grâce que sur les efforts excessifs auxquels tu te livres. Modère-toi donc, tu vois que c’est l’avis de tout le monde, et prêche de manière à n’être pas essoufflé et hors d’haleine en finissant. »

    Le zèle de Marius Suzanne est incontestable. Le « Dictionnaire des Valeurs oblates » nous donne la liste impressionnante des missions qu’il a prêchées.

    « Cependant,] les qualités physiques de Suzanne comme prédicateur n’avaient rien de très remarquable. Sa voix était assez juste et assez forte. Généralement, il était entendu de toutes les parties d’une nombreuse assistance. Mais elle avait, en certains moments, quelque chose de criard qui fatiguait l’oreille. Il la poussait trop dans l’entraînement d’un mouvement oratoire. Il était obligé, pour la soutenir ou pour lui donner plus de puissance, d’imposer à sa poitrine des efforts qui ont fini par lui coûter la vie.» (*) Voici bien de quoi justifier remarques et inquiétudes du Fondateur.

    Voici aussi qui nous remet devant les yeux la nécessité de mesurer nos efforts à la force qui nous a été donnée. Une fois de plus, nous rappeler que Dieu ne désire pas des martyrs à tout prix. Rien n’est insignifiant à ses yeux de tous les aspects d’une vie qui se veut témoignage de l’évangile.

    (*)http://www.omiworld.org/dictionary.asp?v=6&vol=1&let=S&ID=483

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *